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EELV Yannick Jadot
©ALAIN JOCARD / AFP

Atlantico Business

La crise du Covid prouve aux écologistes partisans de la décroissance que leur modèle nous conduirait à la ruine

Les écologistes sont complètement silencieux et même absents du débat quotidien sur la politique économique. Et pour cause, la crise du Covid-19 leur prouve que leur politique de non-croissance mène à la ruine du système et à la misère des populations.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Les écologistes ont disparu et se cachent, à moins que le Covid ne les ait emportés. Leur absence est suspecte, leur silence tout autant.

Normalement, les écologistes devraient exulter dans le monde entier et dresser des statues à l’effigie du Covid-19. L’épidémie du coronavirus qui, pour certains, est le produit de la surcapitalisation de l’économie mondiale, a obligé tous les pays de la planète à confiner les activités humaines, et même dans beaucoup de cas à arrêter complètement les systèmes de transport et de production. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, la planète va connaître une récession sans précédent dans l’Histoire.

Les pays de l’Union européenne vont perdre 7% de leur PIB en moyenne. La France, l’Italie et l’Espagne beaucoup plus, aux alentours de 12% alors que les pays du nord de l’Europe dont l’Allemagne vont limiter les dégâts, comme les Etats-Unis qui vont perdre 3 % ou la Chine, qui devrait être une des seules à s’en sortir avec une croissance positive.  

Tout de même, le FMI table sur une baisse de croissance mondiale de 5%.

Ces résultats sont le fruit des politiques économiques et des comportements humains. Beaucoup d’Etats européens ont choisi de confiner totalement lors de la première vague, et un peu plus légèrement lors de la deuxième vague. Mais les populations ont adopté des comportements très restrictifs. Avec ou sans obligations, les consommations se sont arrêtées un peu partout dans le monde et avec la consommation, les usines, les bureaux, les camions, les avions et les bateaux se sont mis en pause Covid 19.

La conséquence la plus immédiate a été la chute équivalente de la consommation d’énergies fossiles (moins 30 % pour le pétrole) et l’effondrement mondial des émissions de gaz carbonique.

La conséquence la plus douloureuse va être la montée du chômage et la progression de la misère dans le monde, c’est à dire une augmentation du nombre d’êtres humains qui sont  en-dessous du seuil de pauvreté (entre 500 millions et un milliard), notamment en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. Autant de pays qui avaient profité en partie de la mondialisation.

Mais cette progression de la misère va mécaniquement amputer les systèmes de santé, mettre en retard le système de soins, freiner la recherche médicale et comme toujours en pareille crise, diminuer l‘espérance de vie et augmenter la mortalité, notamment infantile (ce qui entraine de facto une baisse de la natalité).  En termes de développement, la décroissance apparait donc clairement comme un frein.

Voilà, en gros, le premier bilan de la crise pandémique et surtout de la crise économique que la pandémie a engendrée. C’est catastrophique pour l’humanité toute entière parce que c’est équivalent à une guerre mondiale, à la différence près que normalement, l’activité devrait rebondir dès qu’on aura éradiqué le virus ou vacciné la plupart des êtres humains du monde.

Mais ce qui porte à réflexion dans ce bilan, c’est qu’il donne grandeur nature, la situation qui serait engendrée par une politique de non croissance que prônent les écologistes radicaux.

Ils défendent l’idée que si le climat se réchauffe, si les excès de gaz carbonique perturbent tout le système de vie et si les ressources naturelles s’épuisent, c’est parce que la population mondiale est nombreuse et elle produit et consomme beaucoup trop. Trop et n’importe quoi. Donc les risques écologiques sont dûs à l’activité humaine. Et si l’activité humaine est aussi polluante, c’est aussi parce que le système capitaliste de marché incite à la production et aux abus de consommation.

D’où les recommandations des écolos de mettre à plat le système économique mondial fondé sur le capitalisme donc, moins consommer, moins travailler, moins manger etc…  D’où les recommandations qui interdisent moultes libertés et qui punissent les excès. Les écologistes et les zadistes sont totalement sur cette ligne. On se chauffe au bois, on s’éclaire à la bougie, on mange des légumes verts et des écorces, dans la foulée on limite l’explosion du digital qui consomme trop d’énergie et de terres rares, que dire de la 5G qui serait dangereuse. Ce sont les mêmes qui, avant le Covid, militaient contre les vaccins et la vaccination obligatoire.

On ne sait pas quelle sera leur position collective par rapport au vaccin contre le Covid, Yannick Jadot a dû les surprendre en annonçant, par un éclair de génie, qu’il voulait que ce vaccin soit obligatoire. On savait qu’ils étaient pour le masque quand on n’en avait pas en stock mais on sait qu‘ils sont contre maintenant qu’on en a.

Tout cela est finalement très intéressant parce que la vie qui s’organise mal depuis un an ressemble de loin à celle que les écologistes voudraient mettre en place. Pas d’avion, pas de camion, pas de sapin de Noël, peu de consommation, que de l’essentiel et à proximité,  à aller chercher en bicyclette à moins d’un kilomètre de son domicile.

Le Covid vient d’offrir une expérience à l’échelle du monde de ce qu'ils veulent pour nous, et pas un des grands leaders ne commentent l’ampleur de la situation.

Mais où sont-ils, que font-ils ? Ils ne prennent même pas la parole pour proposer des alternatives et finalement pour prendre le pouvoir, même pas pour se féliciter de la baisse des émissions de gaz carbonique ou de l’air plus pur.

Où sont-ils, les Yannick Jadot, les Nicolas Hulot, les David Belliard et jusqu'à Jean-Luc Mélenchon, futur candidat à la présidence de la République qui est d’une prudence de sioux alors qu’il y a encore quelques mois, il proposait de se pacser avec les Verts. C’est un des grands mystères de la crise du Covid…

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