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François Hollande n'a pas pu se retenir et a discrètement annoncé que la BCE allait lancer un plan de rachat de dettes souveraines qui relancerait la croissance dans la zone euro.
François Hollande n'a pas pu se retenir et a discrètement annoncé que la BCE allait lancer un plan de rachat de dettes souveraines qui relancerait la croissance dans la zone euro.
©Reuters

L'Edito de Jean-Marc Sylvestre

La bourde de François Hollande qui rend furieuse la Banque centrale européenne

François Hollande est incorrigible. Il n'a pas pu se retenir et a discrètement annoncé que la BCE allait lancer un plan de rachat de dettes souveraines qui relancerait la croissance dans la zone euro. Mario Draghi ne décolère pas et il y a de quoi.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Au mieux c’est un couac au pire, un délit d’initié. En présentant ses vœux aux chefs d’entreprises, le président de la République a pris un malin plaisir à expliquer que l’alignement des planètes économiques lui étaient favorables. Le prix du pétrole, la baisse de l’euro et les taux d’intérêt créent en effet des marges de manœuvre inespérées. Certains socialistes en oublieraient presque les réformes de structure qui sont pourtant indispensables. Compte tenu de ces facilités qui ne doivent pourtant rien à l’action du gouvernement, le chef de l’Etat a demandé aux chefs d’entreprise de prendre leurs responsabilités. Oubliant au passage que c’est à l’Etat de prendre les siennes.

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Et dans son enthousiasme qu'on lui connait, François Hollande n’a pas pu s’empêcher de confier à un grand nombre de patrons que la Banque centrale européenne allait annoncer jeudi un programme de quantitative easing  très important. Environ 1000 milliards d’euros. Cela revient à racheter directement de la dette souveraines puis à émettre la contrepartie en liquidités de façon à accroitre la masse monétaire en circulation. Donner de l'oxygène aux banques qui rechignent à faire des crédits, donc à relancer un programme de financement des investissements et de la consommation.

Mario Draghi a dit à plusieurs reprises qu’il se réservait cette possibilité pour lutter contre la déflation. François Hollande n’avait pas à se vanter qu’il savait que cette décision serait prise. Même si beaucoup d’experts la recommandent, même si l’Allemagne a donné son feu vert, même si la Cours de justice européenne l’a autorisé. C’est une bourde énorme à la limite du délit d’initié et ce, pour trois raisons.

D’abord, parce que cette information n’est pas certaine. Mario Draghi peut encore la reporter. On ne sait absolument pas le montant que cela représentera personne ne sait quelles dettes la BCE rachètera, et dans quelle proportion. Certainement au prorata de la contribution de chaque Etat. Dans ce cas, la France sera généreusement servie. Dévoiler ce type d’information peut provoquer des catastrophes. En théorie c’est du délit d’initié.

Ensuite, parce que c’est politiquement une faute. Cela revient à trahir l'indépendance de la BCE, à laisser penser que les gouvernements sont au courant des décisions d’une institution dont la force est sont statut d’indépendance. La BCE est strictement indépendante des pouvoirs politiques.

Enfin, c’est très maladroit vis-à-vis de nos partenaires. Et particulièrement des Allemands qui ne digèrent pas un tel couac. Cette déclaration laisse penser que l’influence de François Hollande a été déterminante dans cette décision. Quelques jours après la grande marche républicaine, nos voisins prennent cela pour un coup bas.

François Hollande lui, continue de tricoter un pullover aux couleurs de la cagnotte pour réchauffer la gauche. Manuel Valls et Emmanuel Macron n’ont pas commenté. La BCE n’a fait aucun communiqué et beaucoup en Europe ont fait semblant de ne pas avoir entendu. Le Président aurait-il pris la grosse tête avec son embellie dans les sondages ? Charlie ou pas, sans réformes la France ne décollera pas. La morphine endort la douleur mais n’a jamais soigné personne, ça se saurait.

 

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