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L'union de la gauche avec Gérard Filoche ! Eh bien, elle n'est pas dégoûtée la gauche…
©capture LCI

Un train qui roule

L'union de la gauche avec Gérard Filoche ! Eh bien, elle n'est pas dégoûtée la gauche…

Oui, il était là ! Avec tous les autres. Tous ensemble.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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C'est un voyage auquel Libération a consacrée un long et émouvant récit. Rien de ce qui touche à la gauche n'est en effet étranger à ce journal. Dans le train Paris-Abbeville avaient pris place tous ceux par qui la révolution allait advenir. Ils allaient à la rencontre de militants dévoués. Pierre Laurent, Benoît Hamon, Éric Coquerel, François Ruffin. Plus un envoyé spécial de Libération.

Dans le wagon, ça plaisantait. On parlait de la pauvre Cécile Duflot. De la "fête à Macron", (une idée de Ruffin). Et plus gravement, de la "convergence des luttes". L'espoir était au rendez-vous. Ouvriers, paysans, cheminots, postiers, étudiants allaient s'unir. Pour faire souffler sur le vieux monde la tempête dévastatrice des opprimés qui, enfin, relevaient la tête.

Le train du bonheur. Et pour que le bonheur fut complet, on n'avait pas convié Olivier Faure, le nouveau patron du PS. Aux yeux de Laurent, Coquerel, Ruffin etc, ses certificats de gauche laissaient à désirer. Ce qui me rend immédiatement Olivier Faure sympathique. A sa place il y avait, en cette excellente compagnie Gérard Filoche. Le grand, l'unique Filoche ! De gauche, vraiment de gauche. Le pedigree de cet ancien inspecteur du travail, ex-trotskiste, plaidait en effet pour lui. Plus de gauche que Filoche, il n'y a pas.

Il se fit remarquer il y a quelques années avec une déclaration en tous points juste et audacieuse. Christophe de Margerie, le PDG de Total, venait de mourir dans un accident d'avion. Il était aimé de ses salariés. La France entière, syndicats, patronat, monde politique, salua sa mémoire. Pas Filoche, qui le qualifia de "suceur de sang".

Le Parti socialiste, dont il était membre, fit la moue. Mais pour autant, Filoche ne fut pas exclu. Pour cela, il fallut attendre 2018. Ce courageux combattant révolutionnaire envoya un tweet imagé. On y voyait Macron avec un brassard nazi (la croix gammée ayant été remplacée par un dollar) faisant un salut hitlérien à trois individus du nom de Jacob Rothschild, Patrick Drahi et Jacques Attali.

Tous les trois, soigneusement choisis en raison de leur origine ! Cette fois-ci c'en était trop, et le PS se résolut à exclure Filoche. On le croyait esseulé. Confit dans sa solitude et sa tristesse. Pas du tout. Il a trouvé une belle consolation avec Laurent, Ruffin, Coquerel, Hamon. Eux savent reconnaitre qui est vraiment de gauche. Leur train est arrivé sans encombre à Abbeville. Il y a parfois des trains qui déraillent dangereusement…

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