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L’inspection du travail punit plusieurs restaurateurs dijonnais ayant commis le crime ignoble d’ouvrir le 1er mai
©LOIC VENANCE / AFP

Excès de zèle ?

L’inspection du travail punit plusieurs restaurateurs dijonnais ayant commis le crime ignoble d’ouvrir le 1er mai

Travailler plus pour gagner plus. Oui, mais pas trop non plus. Et alors surtout pas si vous y prenez du plaisir ou si vous rendez-service aux gens.

Adrien Pittore

Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

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Travailler plus pour gagner plus. Oui, mais pas trop non plus. Et alors surtout pas si vous y prenez du plaisir ou si vous rendez-service aux gens. Plusieurs restaurateurs dijonnais ont fait l’amère expérience de recevoir une amende de la part de l’Inspection du Travail pour avoir osé ouvrir le 1er mai…

750€ par personne sur place

Sur les terrasse ou à l’intérieur des établissements, les clients se massaient pour déguster quelques plats. Seulement, vers midi, Coskun Remzi explique avoir dû mettre dehors tous les clients déjà attablés. Il en valait de même avec son personnel et lui-même : chacun était prié de rentrer chez soi. 

Et pour cause, deux inspecteurs du travail avaient fait irruption avant le service pour signifier au gérant que le 1er mai était un jour férié mais surtout chômé. Et que si ce dernier s’obstinait à maintenir son service, il en serait quitte pour 750€ par membres du personnel présent dans l’établissement.

Ça fait 25 ans que je suis sur la place Emile Zola, on a jamais vu ça.

Coskun Remzi, gérant d’une pizzeria

Ils sont une vingtaine de restaurateurs dans le cas de Coskun à avoir reçu la visite d’inspecteurs du travail. Avec pour les contrevenants, des amendes qui explosent. Pour une gérante de deux établissements ouverts il y a à peine deux ans, la facture pourrait s’élever à 13 500€ !

Le zèle est-il de rigueur à l’Inspection du travail ?

Ces sanctions prisent par l’Inspection du travail se basent sur l’article L3133-4 du code du travail. Seuls quelques établissements ont la possibilité de rester ouverts pendant « La Fête du travail ».

Néanmoins, dans les établissements et services, qui en raison de la nature de leur activité (hôpitaux, transports publics…), ne peuvent interrompre le travail, les salariés peuvent être amenés à travailler (3).

Les salariés occupés le 1er mai ont alors droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire. Cette indemnité est à la charge de l’employeur.

Concrètement, si vos salariés travaillent le 1er mai, vous devez leur verser le double de leur salaire habituel.

Aucun repos compensateur ne peut remplacer cette majoration de rémunération de 100%.

Seulement, on constate que le Journal Officiel dispose de nouveaux paragraphes, dont l’un explicite ce que sont ces établissements qui ne peuvent interrompre leur travail de par la nature de leur activité. Et à l’intérieur, on retrouve…les hôtels, cafés et restaurants.

L’UMIH indique avoir adressé un courrier afin que l’Inspection du travail rende des comptes. Mais cette dernière n’a ni répondu au syndicat, ni aux journalistes de France 3 qui ont tenté de la joindre.

Reste à savoir quelle suite sera donnée aux sanctions données à l’encontre des restaurateurs concernés. En attendant, ces derniers ont repris leur activité, comme si de rien n’était, en attendant une réponse. Pendant ce temps, l’Inspection du travail peut continuer à tranquillement faire la chasse à ceux qui osent travailler.

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