L’Amérique est devenu champion du monde grâce au gaz et au pétrole de schiste exploité depuis deux ans. L’essor est spectaculaire et a surtout été très rapide. Au seul premier semestre, la Russie était à 10,8 millions de barils par jour, plus que l’Arabie Saoudite qui est restée à 9, 4 millions par jour. Mais depuis l’été, les États-Unis font mieux : environ 11,5 millions de barils par jour. La performance est équivalente avec le gaz naturel. Les États-Unis arrivent premier devant la Russie. Cette situation nouvelle a déjà eu des effets très simples et très efficaces pour l’économie américaine et mondiale. D’abord, l’Amérique a regagné son indépendance énergétique. Elle pourrait demain, faire un bras d’honneur à l’Arabie Saoudite ou à la Russie dont elle n’a plus besoin des approvisionnements. Les importations américaines fondent à vue d’œil. Ensuite, les prix de l’énergie baissent. Et comme l’énergie représente en gros 30 % des prix de revient, la baisse des prix de l’énergie (20% sur deux ans) a relancé la compétitivité des industries et la relocalisation industrielle. Ce qui a dopé la croissance américaine. Enfin, cette baisse des prix change complètement la donne au Moyen-Orient. Le déclin des monarchies pétrolières n’est pas inéluctable mais il est contenu en germe dans la découverte de nouvelles sources d’énergie. Si l’Arabie-Saoudite perd son pouvoir d’État pétrolier, toute la zone va changer ses références de pouvoir international. Tout le monde est concerné par cette affaire. En faisant baisser les prix de l’énergie, l’Amérique toute entière rend service à la planète.