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“Keynote” d’Apple : pourquoi les médias sont passés à côté de l’essentiel
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“Keynote” d’Apple : pourquoi les médias sont passés à côté de l’essentiel

La conférence mondiale des développeurs Apple s'est tenue lundi dernier pour la première fois sans son patron mythique, Steve Jobs. 5000 développeurs ont écouté son remplaçant Tim Cook dévoiler le renouvellement des futures machines de la firme.

Gilles  Dounès

Gilles Dounès

Gilles Dounès a été directeur de la Rédaction du site MacPlus.net  jusqu’en mars 2015. Il intervient à présent régulièrement sur iWeek,  l'émission consacrée à l’écosystème Apple sur OUATCHtv  la chaîne TV dédiée à la High-Tech et aux Loisirs.

Il est le co-auteur avec Marc Geoffroy d’iPod Backstage, les coulisses d’un succès mondial, paru en 2005 aux Editions Dunod.

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Pourra-t-on un jour parodier Audiard de façon aussi efficace que l’original en disant « {Ecoute, j’ai été enfant de choeur, rédacteur pour un site Mac et bistrot : c’est dire si j’en ai entendu des conneries…} ». Année après année, de Keynote en « événement spécial » le chapelet des perles et des commentaires plus ou moins pertinents s’étire à longueur de colonnes, et la dernière conférence tenue lundi à San Francisco par Tim Cook et ses cadres n’a malheureusement pas fait exception à la règle…  la plupart des commentateurs  n’ont en effet pas manqué de faire abstraction du contexte dans lequel les responsables d’Apple s’exprimaient, et de l’auditoire à qui ils s’adressaient…

Or les 4 lettres «WWDC» de la manifestation dont la conférence de lundi était le coup d’envoi ont une signification : World Wide Developers Conference, ou conférence mondiale des développeurs Apple, de fait le dernier rendez-vous annuel maintenu par la marque sur son calendrier. Et c’est bien à ces 5000 développeurs – il faut entendre producteurs d’applications –  que les dirigeants d’Apple avaient choisi de s’adresser. Encore faut-il préciser que ces 5000 développeurs, venus de 60 pays et qui ont déboursé la modique somme de 1600 $ pour assister aux 112 sessions et 125 ateliers organisées par la firme à leur intention, représentent les forces vives de l’écosystème bâti par Apple autour de sa plate-forme traditionnelle OS X, et surtout de sa plate-forme logicielle pour mobile iOS.

Ce sont eux qui ont assuré pour une large part de succès de l’iPhone et de l’iPad, en mettant à disposition depuis 2008 pas moins de 650 000 applications, dont 225 000 pour le seul iPad lancé voici… 2 ans ! Que ce soit au niveau du téléchargement – se sont 30 milliards d’applications qui ont été téléchargées sur l’App store d’Apple depuis 4 ans – ou au niveau des usages, si Samsung vend des téléphones portables c’est bien sur la plate-forme Apple que les choses se passent actuellement au niveau logiciel : ce sont 5 milliards de dollars que le californien a re-distribués à ses développeurs pour l’année écoulée, encore une fois sur un marché qui n’existait pas voici 4 ans.

C’est pour répondre à leurs questions que le nouveau Géant a fait déménager un bon millier de ses ingénieurs de la vallée de Santa Clara à San Francisco pendant 5 jours, et pour leur présenter les 2 kits de développement logiciel, l’un pour OS X 10.8 en voie de finalisation, l’autre pour iOS 6 dont la version définitive sera mise à disposition à l’automne. Enfin, c’est également largement à leur intention que le renouvellement des machines a été présenté à ce moment précis.

Pour la marque, il s’agissait évidemment de bénéficier de ce temps d’exposition médiatique particulier pour mettre en avant la nouvelle génération d’ordinateurs portables haut de gamme, destinée aux professionnels de la photo du montage vidéo, et dotée d’une nouvelle génération d’écran « Rétina » à la résolution comparable à celle des derniers iPhone ou iPad. Mais si Apple, chose exceptionnelle, avait également choisi de dévoiler du matériel – et autant de matériel – dans un événement normalement consacré au logiciel, c’est bien que ces développeurs ont besoin et sont friands de ces Macbook Pro, substrat sur lequel ils écrivent et testent les applications qui tourneront demain sur les Smartphones et les tablettes du monde entier… du moins sur celles à l’effigie de la marque !



Car c’est bien là à la fois le pari et le paradoxe assumé par le Californien : on connaît bien maintenant le fameux « effet de halo » induit par l’iPod sur les non-utilisateurs de la marque, attirant le grand public vers les ordinateurs enbossés d’une pomme : ce fut le cas grâce à l’iPod aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne ; ce fut le cas pour l’iPhone en Chine et au Moyen-Orient, mais également en Europe de l’Est et l’iPad est en train de faire ce travail dans le reste du monde, particuliers, entreprises, établissements d’enseignement ou de santé, jeunes et vieux confondus. De fait, les entreprises sont du coup confrontées mondialement au phénomène du Bring Your Own Device, chacun voulant se connecter au réseau de l’entreprise avec son propre appareil, de préférence marque Apple, quand une bonne part du travail des DSI avait pu consister dernières années à rationaliser les flottes des appareils utilisés en interne.

En peaufinant son SDK pour iOS et en le réservant aux Mac sous OS X, Apple a forcé toute une génération de jeunes scripteurs à s’intéresser à ses machines traditionnelles, et plus encore à l’efficacité de sa philosophie de l’intégration matériel-logiciel. De fait, c’est bel et bien sur ses machines « vieilles école » qu’elle s’appuie pour mener ce qu’elle a théorisé sous la dénomination de « Révolution post-PC ».

Or c’est bien là l’enjeu poursuivi par la célèbre marque la pomme : mobiliser un maximum d’énergies autour d’iOS 6 et du développement d’applications mobilisant ses 200 nouvelles fonctionnalités, pour l’iPod, l’iPhone, l’iPad et bientôt le téléviseur…  c’est d’ailleurs la raison pour lequel la marque consent des rabais substantiels sur ses ordinateurs en direction de ses développeurs !

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