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Jean-François Roubaud.
Jean-François Roubaud.
©CGPME

L'interview d'Atlantico Business

Jean-François Roubaud, CGPME : "Nous n'accepterons pas 1 euro d'augmentation de la fiscalité"

Le président de la CGPME est en colère. Le projet de création d'un impôt sur les marges (EBE) augmenterait de 2,5 milliards la fiscalité, déjà bien chargée, des entreprises qui adhèrent à son mouvement. Le patron des TPE-PME se dit prêt à "mobiliser ses troupes" et accélère en coulisse le lobbying auprès de Bercy et des parlementaires.

Atlantico Business : Dans le projet de loi de finance 2014, le gouvernement a annoncé qu’il va revoir la fiscalité des entreprises. Résultat, 2,5 milliards d’impôts nouveaux. Comment accueillez-vous la nouvelle ?

Jean-François Roubaud : Nous n'accepterons pas 1 euro d'augmentation de la fiscalité, ce n'est plus acceptable ! Je suis en train de me battre quotidiennement pour que les TPE et les PME ne soient pas touchées par cette augmentation. J'ai fait part, il y a quelques semaines, au Premier ministre du ras-le-bol fiscal de nos chefs d'entreprises. Ils n'en peuvent plus !  J'espère que je serai  entendu, car il est clair que nos petites entreprises sont submergées de charges. Pour un grand groupe la moyenne de l'impôt sur les sociétés est de 18%, pour nous c'est 33,3% ! On n'en peut plus !  

Le projet propose de diminuer l’IS (Impôt sur les Sociétés) au profit d’une nouvelle imposition sur l'EBE (Excédent Brut d'Exploitation). Le gouvernement explique vouloir "diminuer les taxes sur les facteurs de production". Est-ce une bonne idée ?

Ce changement de fiscalité pour se rapprocher davantage du modèle allemand me parait une bonne idée. Sauf que c'est précisément cette nouvelle tuyauterie qui génère ces 2,5 milliards d'impôts supplémentaires. Il faut donc dans un premier temps réfléchir rapidement pour que cela se finisse de manière positive mais je souhaite surtout que l'on travaille sur la fiscalité dans les 20 ou 30 ans à venir. J'ai demandé au Premier ministre d'ouvrir un grenelle de la fiscalité pour tout remettre à plat. On doit arrêter de modifier les bases de calculs à la hâte dès qu'il y a le feu.

Christian Eckert, le rapporteur général de la Commission des Finances a déclaré en fin de semaine dernière : « Nous prenons des mesures qui sont favorables à la croissance et aux entreprises ». Etes-vous d’accord avec lui ?

Cela dépend de ce qu'il y aura dans le projet de loi de finance qu'il votera ! Je me dirais "d'accord" avec lui si on baisse la fiscalité pour améliorer la compétitivité de nos entreprises. Je l'ai rencontré en fin de semaine dernière, il s'est dit prêt à sortir les petites entreprises de cet impôt pour ne pas augmenter la fiscalité. Je ferai quoi qu'il arrive très attention à ce qui se discutera à l'Assemblée Nationale et je suis prêt à mobiliser mes troupes si l'on maintient le projet dans sa forme actuelle. Quand on dit vouloir améliorer la création d'emploi et l'investissement, ce n'est pas en augmentant les charges sur les entreprises.

Le Medef de Pierre Gattaz a multiplié très activement, ces dernières semaines, les relations avec le gouvernement pour porter leurs revendications. Craignez-vous que les vôtres soient, de fait, éclipsées ?

Je ne le crois pas et je pense même le contraire. Nous avons ce point commun avec le Medef, d'avoir les PME dans nos "champs d'actions". Je dois dire aussi que depuis quelques temps, nous travaillons ensemble de manière plus intelligente. Je crois surtout que l'on verra à travers le projet de loi de finance si la CGPME a été écoutée ou si l'on privilégie uniquement les grandes entreprises. Enfin, reconnaissons tout de même que le gouvernement a davantage compris que c'était les entreprises qui créaient la richesse et l'emploi dans notre pays. Alors essayons de l'aider tous ensemble.

Propos recueillis par Julien Gagliardi

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