Interview - Jean Arthuis : " Dans le Budget 2014, le niveau des dépenses ne change pas " <!-- --> | Atlantico.fr
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Jean Arthuis estime "qu'il faut aller plus loin" dans les économies de la dépense publique.
Jean Arthuis estime "qu'il faut aller plus loin" dans les économies de la dépense publique.
©UDI

L'interview Atlantico Business

Lors de la présentation de son projet de loi de Finances 2014, le gouvernement l'a promis : il va faire des économies. Bercy a tablé sur un projet visant à supprimer 9 milliards de dépenses de fonctionnement de l’État et 6 milliards de coupes dans les dépenses sociales. Une promesse vaine pour l'ancien Président de la commission des finances du Sénat, Jean Arthuis. Le Sénateur UDI estime que le niveau global des dépenses ne changera pas mais surtout, que l’on peut aller beaucoup plus loin dans la réduction de la dépense publique.

Lors de la présentation du Budget 2014, le gouvernement a montré sa volonté de réduire les dépenses publiques. Selon vous, cette volonté se traduit-elle dans les faits ?

Les annonces sont prometteuses mais si on regarde dans le détail en prenant le montant des dépenses de l'Etat en 2013, nous étions 375 milliards d'euros. En 2014, le gouvernement annonce 380 milliards, donc c'est pratiquement le même montant. Les observateurs diront qu'il y a un surcoût "exceptionnel" lié aux investissements d'avenir de 15 milliards d'euros. Sauf que dans la loi de Finances 2013, il y avait aussi une prise en compte des investissements d'avenir. Donc il y a des économies oui, mais le niveau des dépenses ne change pas.

A propos d'économies, le projet de loi de Finances 2014 prévoit 15 milliards d'euros de réduction des dépenses. Pouvait-on aller plus loin ?

Non seulement on pouvait, mais je pense qu'il faut aller plus loin. Il y a dans ce budget de nombreuses contradictions, qui, si on les regarde en détail pouvaient aboutir à de vraies économies. Par exemple, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve nous disent qu'ils suppriment 13.000 emplois dans la fonction publique. Sauf que de l'autre côté, on vient d’en créer 11.000. Autre exemple on annonce, pour faire des économies, une baisse des dotations aux départements. Et de l'autre côté, une augmentation de la rémunération du RSA qui est financé... par les départements. C'est-à-dire que l'on demande aux collectivités locales de faire des efforts et on accroît les dépenses. C'est incompréhensible.

Quels sont les postes de dépenses de l'État où l'on peut facilement faire des économies ?

Je crois qu'il faut commencer par revoir un certain nombre de normes qui sont des accélérateurs de la dépense publique. Par exemple le fait d'obliger le Maire d'une commune de 300 habitants à devoir adapter ses trottoirs pour que deux fauteuils roulants puissent se croiser. Mais il y a bien sur la question de la réduction des effectifs de la fonction publique et je crois aussi qu'il faudra revenir sur la durée du temps de travail. Pour rappel, les fonctionnaires européens sont tous passés à 40h par semaine. Si vous augmentez la durée du temps de travail sans adapter proportionnellement la rémunération, vous pouvez réduire d'une manière significative le nombre d'emploi. C'est tout de même 6 millions de fonctionnaires qui sont concernées.

Propos recueillis par Julien Gagliardi


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