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François Hollande persiste à croire possible une reprise de l’économie française cette année.
François Hollande persiste à croire possible une reprise de l’économie française cette année.
©Reuters

L'Édito de Jean-Marc Sylvestre

François Hollande est vraiment le dernier à croire à la reprise économique

C’est assez incompréhensible et d’ailleurs personne ne comprend. François Hollande persiste à croire possible une reprise de l’économie française cette année. Tous les chiffres, tous les indicateurs et toutes les prévisions prouvent le contraire. A tel point que la France va rester la seule économie de la zone euro en panne de croissance.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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L’Insee, pourtant très prudent d'habitude, a publié hier une note assez pessimiste sur la capacité de l’économie française à se redresser rapidement. Selon l’Insee, la croissance ne dépassera pas 0,7% en 2014, alors que le gouvernement fort de la conviction élyséenne s’accroche toujours à l’hypothèse de 1% de croissance. La différence entre 0,7 et 1% direz-vous, représente moins qu’une marge d’erreur. Point n’est donc besoin de polémiquer pour si peu. Sans doute ! Mais plus que la valeur du taux, ce qui est inquiétant c’est le sens de son évolution. 

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Du coté des entreprises, rien ne brille. Le moral est en berne. Il n’a pas bougé depuis presque un an. Ce moral s’était un peu redressé en fin d’année 2013 quand le président a amorcé son virage de politique économique. A ce moment-là, il a pris en compte les contraintes européennes, il a abandonné les facilités du rêve de la relance et il a implicitement admis que la charge fiscale avait plombé la reprise.

Le problème, c’est que le pacte de compétitivité (cette combinaison savante entre une baisse des charges, une baisse des dépenses publiques, un retour en grâce de l’entreprise considérée enfin comme l’acteur majeur de la création de valeur) n’a encore trouvé aucune traduction réelle. Le miracle ne s’est toujours pas produit.

Les difficultés politiques pour faire adopter une loi de finances rectificative hypothèquent encore les projections. Comment prévoir et investir dans un univers qui n’est pas stabilisé et sécurisé ? Plus grave, on sent bien que Manuel Valls est obligé d’acheter des voix pour trouver une majorité socialiste. En achetant des voix, il dépense de l’argent, il freine ses recettes. Donc, il creuse le déficit qu’il a pourtant promis de réduire.

Les indicateurs de climat dans le secteur des services, de l’industrie et du bâtiment sont actuellement très dégradés. La température dans les entreprises est plus basse aujourd’hui qu’en juin de l’année dernière.

Autre facteur, la perspective de prix est médiocre. Les prix sont stables. Les entreprises ne peuvent pas espérer une croissance en valeur. A défaut d’une croissance en volume, la valeur nominale (l’inflation) pourrait faire illusion et amorcer les moteurs.

Ce qui est à peine croyable aujourd’hui en France, c’est que tout le monde a ces chiffres : les chefs d’entreprise, les responsables politiques, les membres du gouvernement, les syndicats. Tout le monde … et pourtant le président de la République fait comme si ces chiffres étaient faux. Il croit au retour de croissance, au retournement économique. Et l’Élysée donne des éléments de langage aux ministres pour qu’ils tiennent un discours optimiste.  Alors que personne n’est dupe. Tout se passe comme si le président voulait avoir raison contre tout le monde.

Premier point, il est évident que la croissance française est plombée, parce que les trois moteurs de l’activité sont plombés. La consommation est freinée par la hausse de la TVA, et la crainte d’une baisse des dépenses publiques. L’investissement des entreprises est paralysé par l’incertitude, la fiscalité sur le capital et la complexité administrative.

Second point, il est évident que la croissance ne reviendra pas sans confiance et que la confiance sera restaurée que si et seulement si le gouvernement ouvre les chantiers de réformes structurelles capables de baisser les frais généraux de la maison France et d’accroître sa compétitivité. Il n’a encore rien ouvert.

Troisième point , il est évident que la France n’a plus de bouc émissaire pour l’exonérer de l’effort de redressement qu’ont fait tous les pays en Europe depuis 2009. La gauche n’a rien tenté de sérieux. Elle a cru qu'il suffirait de changer de président de la République, elle a cru qu’une politique de relance par la dépense suffirait, elle a cru aux vieilles utopies keynésiennes, elle a cru que la Banque centrale européenne ferait un job à la place du gouvernement. La banque centrale est allée au bout du bout de sa capacité d’intervention. La gauche a même cru que tout était de la faute de l’euro.

Résultats, le gouvernement n’a plus aucun levier pour espérer sortir du piège de la stagnation . Jamais la France ne s’est retrouvée dans une situation aussi handicapée. 

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