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Une banlieue de la région parisienne.
Une banlieue de la région parisienne.
©Reuters

Considérations gastronomiques

Il paraît que le jeune de banlieue ne mange pas les petits enfants ! Faut voir…

C'est un politologue très connu qui a fait cette importante découverte. On est content pour les petits enfants.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Thomas Guénolé n'a aucune estime pour Alain Finkielkraut. Le philosophe, écrit-il, est sans importance. Il n'a d'importance, toujours selon lui, que celle que veulent bien lui accorder les médias. Thomas Guénolé doit savoir : il est professeur à Science Po.

Beaucoup de portes lui sont ouvertes. Il chronique régulièrement dans l'Obs, à BFM TV et est fréquemment invité à la radio et à la télé quand on a besoin de quelque qu'un pour pourfendre les racistes et les islamophobes. Thomas Guénolé donc, tout comme, selon lui, Finkielkraut, n'a d'importance que celle que veulent bien lui accorder les médias. Et que nous même avons généreusement décidé de lui accorder, le temps d'un article (mais pas plus). Son ennemi favori, la bête qu'il lui faut terrasser, c'est, on l'aura compris, Alain Finkielkraut. Contre ce dernier tout est permis, tout est licite. Ainsi on peut lire sous la plume de Guénolé que Finkielkraut se cache derrière Peguy pour ne pas avoir à se référer à Barrès et à Maurras, deux antisémites notoires (Alain Finkielkraut est juif rappelle fort à propos le politologue !).

Thomas Guénolé aime à citer Schopenhauer. Pendant la première guerre mondiale le jeune caporal Hitler avait dans sa musette des livres de ce très sombre philosophe allemand. Écrirait-on que Guénolé se cache derrière Schopenhauer pour dissimuler son appétit pour Hitler ? L'autre jour le valeureux professeur de science était invité à "On n'est pas couché". Sur le plateau il y avait Finkielkraut. À la télé comme à la guerre : on n'allait pas laisser le philosophe occuper le terrain sans un adversaire pour le massacrer. Thomas Guénolé en profita pour exposer les thèses dans d'un de ses livres dont le titre, alléchant, a fait sa notoriété : "Le jeune de banlieue mange-t-il les petits enfants ?". On ne peut que souscrire à son raisonnement. Non le jeune de banlieue ne mange pas les petits enfants. Il les tue parfois comme Mohammed Merah à Toulouse…

Thomas Guénolé estime qu'on a fabriqué dans un but on ne peut plus douteux une image du jeune de banlieue délinquant, islamisé et djihadiste. Il s'agit là, selon lui, d'une infirme minorité dont on (les racistes, les islamophobes et les xénophobes) se sert pour caricaturer une jeunesse belle, humaine, et méritante. Les statistiques ethniques étant interdites en France, on ne voit pas très bien sur quels chiffres s'appuie Mr Guénolé. En revanche les statistiques religieuses étant autorisées, on sait que l'islam est, de loin, la première religion pratiquée dans nos prisons. Mais Thomas Guénolé ne manquerait pas de nous rétorquer qu'il y a en France plus de gens en liberté que de gens derrière les barreaux. Une infime minorité…

Sur un autre terrain le professeur Guénolé s'avance avec des arguments qu'il estime solides. Il dispose de chiffres qui prouvent (un rapport de 2011) qu'il y a une désislamisation des banlieues et non pas une islamisation contrairement à ce que prétendent les méchants. Les mosquées seraient donc un peu moins pleines que naguère. Peut-être bien que oui. Mais Thomas Guénolé très occupé à lire Schopenhauer n'a sans doute  pas le temps d'aller sur le net. Sinon il verrait que pullulent sur la toile les sites des prédicateurs musulmans les plus allumés. Des dizaines et des dizaines de mosquées sur écran et à domicile. Avec des centaines de milliers de fans et des millions de vues. Mais bon, on ne peut obliger Thomas Guénolé à aller sur YouTube…

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