Bercy devrait annoncer 5 milliards d'euros de coupes dans les dépenses ministérielles et un sévère recul du budget de la Défense<!-- --> | Atlantico.fr
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"La France ne peut pas continuer d’entraîner l’Europe dans une dérive qui parait incontrôlable" : des coupes budgétaires s'imposent.
"La France ne peut pas continuer d’entraîner l’Europe dans une dérive qui parait incontrôlable" : des coupes budgétaires s'imposent.
©Reuters

L'Édito de Jean-Marc Sylvestre

Cette fois, impossible de reculer. François Hollande va être obligé d'imposer des coupes sombres dans les dépenses publiques.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

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Angela Merkel qui vient à Paris aujourd’hui va y mettre les formes. Elle va confirmer son soutien et sa garantie pour que la France continue d’emprunter à taux très bas, mais elle va, une fois de plus poser ses conditions : La France ne peut pas continuer d’entrainer l’Europe dans une dérive qui parait incontrôlable. Comme la France ne peut plus faire des ajustements par l’impôt, il lui faudra choisir de réduire, dès cette année, le montant des dépenses publiques.

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Les services de Bercy sont prêts à sortir dès la fin de la semaine un collectif budgétaire pour 2014 dans lequel on inscrira l’annulation de quelques 5 milliards de dépenses ministérielles et une loi de programmation militaire qui va acter le recul très important du budget de la défense nationale. La décision politique a été prise. Reste à fixer le montant exact, mais on parle de 20 milliards sur l’année prochaine. Ça changera toute la stratégie étrangère de la France mais au point où l'on en est, François Hollande serait prêt à l’assumer. Il préfère affronter la grogne des militaires plutôt que la colère des fonctionnaires de l’enseignement ou de l’hôpital.

Le président de la République ne peut plus tergiverser. Comme il estime qu'un changement politique (remaniement du gouvernement) ne lui donnerait pas de marge de manœuvre supplémentaire, il préfère apparemment faire avaler à son Premier ministre et à sa majorité, un changement d’orientation économique. Il a désormais trois bonnes raisons pour imposer enfin le changement.

1ère raison : le communiqué de Standard & Poor’s, qui considère que la France est désormais paralysée pour des raisons politiques, a été ravageur sur les marchés financiers et dans les chancelleries internationales. François Hollande ne peut pas, ne pas en tenir compte et laisser penser que pour lui et ses ministres ça n’a aucune importance. Ce qui est en jeu, c’est le crédit de la France et le taux d’intérêt auquel on lui prête de l’argent. La France a besoin de 190 milliards d’euros par an. Cette année, elle a déjà emprunté 175 milliards dans des conditions très avantageuses. Il suffirait que les taux augmentent d’un point pour faire basculer les comptes de la France dans la catastrophe.

2ème raison : la BCE a de nouveau baissé son taux de base de 0,25%. Mais Mario Draghi l’a fait pour aider la France. Non sans avoir fait passer le message qu'il fallait urgemment entreprendre des réformes. L’Allemagne n’a d’ailleurs pas apprécié cette décision qui masque des difficultés qu'il faudra bien résoudre.

3ème raison : la chancelière qui est sortie renforcée des dernières élections fait pression. Elle le dit et le répète à la France : l'Allemagne a besoin de la France mais il faut cesser de penser que si la croissance est plantée, c’est de la faute d’une politique de rigueur budgétaire qui, de toute façon ne s’applique pas en France. Alors ou l'on en parle et on fait ce qu'on dit, ou alors on abandonne le jeu de la solidarité européenne.

4ème raison : la situation politique française montre que l'on ne peut plus chercher des ressources du côté de l’impôt. Les contribuables ne l’acceptent plus. On va vivre cette semaine un début de grève de la TVA dans des groupes d’artisans et de chefs d’entreprise. Par ailleurs, Bercy vient de constater un fléchissement du rendement de l’impôt sur le revenu malgré l’augmentation des taux.

Cela veut dire que la sur fiscalité asphyxie la machine économique ou alors que les acteurs basculent progressivement dans le black. L’augmentation de la circulation des billets de banques accrédite cette tendance.

Globalement, il n'y a pas d’autres issues que de donner un signal fort sur les dépenses publiques. La Commission de Bruxelles attend ce signal. Tout comme la BCE, le FMI, l’Allemagne et la plupart des patrons d’entreprise qui sont enlisés sur le marché français.

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