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Angela Merkel a convié ce week-end David Cameron au château Meseberg.
Angela Merkel a convié ce week-end David Cameron au château Meseberg.
©Reuters

A la traîne

Hollande snobé par Merkel et Cameron : la France a-t-elle perdu toute influence en Europe ?

Ce week-end, Angela Merkel a convié David Cameron et toute sa famille au château de Meseberg près de Berlin.

Henri de Bresson

Henri de Bresson

Henri de Bresson a été chef-adjoint du service France-Europe du Monde. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du magazine Paris-Berlin.

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Atlantico : la chancelière d'Allemagne a convié, ce week-end, le Premier ministre britannique, David Cameron avec toute sa famille au château Meseberg de Berlin, propriété du gouvernement fédéral. Au menu des discussions entre les responsables anglais et allemands la préparation du conseil européen du mois prochain et celle du G8 que doit présider le Royaume-Uni. Faut-il y voir le signe qu’Angela Merkel est en train de changer de partenaires privilégiés ?

Henri de Bresson : Rarement les relations entre Londres et Berlin n’ont été si distendues. On n’en veut pour preuve que le non allemand à la fusion EADS/BAe, l’année dernière. La demande britannique de renégocier au rabais les traités européens va à l’encontre du souhait allemand d’une remise en ordre de l’Europe pour sortir de la crise et d’une plus grande discipline économique au sein de la zone euro. Mais la Grande Bretagne reste pour l’Allemagne comme pour la France un interlocuteur incontournable sur nombre de dossiers, que ce soit les questions budgétaires européennes ou les crises internationales. Cette visite ce week-end tombait à pic alors que l’Allemagne se veut à la pointe de la lutte contre les paradis et les détournements fiscaux, qui va désormais figurer en bonne place au G20 et au conseil européen de mai. 

Le couple Franco-Allemand est-il toujours le moteur de l’Union européenne? La France est-elle en train de perdre toute influence en Europe ?

La France donne le sentiment à l’extérieur d’être dans une crise de régime, qui la rend incapable de quelque bord que viennent ses leaders politiques de procéder aux ajustements nécessaires pour garder sa compétitivité et tenir son rôle en Europe. Elle reste néanmoins à ce stade le seul pays sur lequel l’Allemagne puisse s’appuyer pour développer, malgré leurs désaccords sur les moyens d’y parvenir, une vision de l’Europe de demain. 

François Hollande a-t-il choisi la bonne stratégie en se démarquant de l’alliance « Merkozy ». Peut-il se rapprocher de l’Italie et de l’Espagne ? Le risque n’est-il pas de marginaliser définitivement la France ?

Avait-il le choix ? La construction européenne, on l’a vu lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, est devenue beaucoup plus politique, des visions s’affrontent qui reflètent des divergences non plus diplomatiques, mais idéologiques. François Hollande avait une vision différente de la relance européenne que celle de la droite allemande, à laquelle s’était allié Nicolas Sarkozy. Il a promis sa solidarité à l’Italie et à l’Espagne face aux demandes jugées trop sévères de Berlin, critiquées aussi par la gauche réformiste allemande, qu’il aimerait bien voir revenir au pouvoir. Quelque soit l’issue des élections de septembre outre-Rhin, il faudra trouver des compromis. L’Allemagne a le sens du consensus, mais il faudra que Paris fasse sa part de chemin en termes de retour aux grands équilibres budgétaires.   

La nouvelle entente Cameron-Merkel au moment où le Premier ministre britannique demande une révision des traités européens est-elle inquiétante pour l'avenir de l'Union ?

Leurs visions sont trop antagonistes pour qu’il puisse y avoir marchandage sur l’avenir de l’Union. Porté par une vision économique libérale qui a triomphé jusqu’à la crise, Londres a pu être à la fois dedans et dehors. La demande en Europe de plus de régulation, d’intégration, pour sortir de cette crise, l’oblige à faire un choix si elle veut continuer de peser de l’intérieur.

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