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La une des Inrockuptibles.
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Encore un effort SVP !

Hé les Inrocks, les hommes nus c'est pour quand ?

Le magazine se croit audacieux. Vraiment ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Des femmes nues il y en a à la pelle. Des moyennement nues, des très nues. Elles sont partout, toujours très jolies et toujours très peu habillées. Les journaux en sont remplis. Les chaînes de télé en raffolent. Et le cinéma en redemande.

C'est ce qui, entre autres, différencie la France de l'Arabie saoudite ou de l'Afghanistan. La femme nue fait partie du paysage urbain français sans que personne, ou presque, ne s'en offusque. De temps en temps des associations féministes protestent. Mais elles ne sont pas de taille à lutter contre la déferlante invasion de seins parfaits, de nombrils émouvants et de fesses bien galbées.

Nous vivons une époque moderne qui exige toujours plus de renouvellement et d'inventivité. Mais comment innover dans le domaine de la femme nue ? Une femme nue avec un gorille ? La S.P.A. aurait vite fait de l'interdire. Une femme nue en train d'être fouettée ? Le ministère des Droits des Femmes y mettrait aussitôt le holà. Une femme nue avec juste le visage voilé ? Le Collectif contre l'islamophobie en France appellerait les fidèles à la vengeance.

Les Inrocks soucieux de faire toujours mieux et plus ont trouvé. Une couverture avec deux filles nues s'embrassant à langue que veux-tu. A y regarder de plus près il n'y a en réalité qu'une fille devant son miroir qui lui renvoie son image toute langue dehors. Son double. Mais l'intention y est : deux filles en train de…

Ça c'est de la transgression ? Ça c'est audacieux ? Ça c'est du jamais vu ? Pas sûr. Les Inrocks sont en effet à la pointe du combat contre l'exploitation commerciale et publicitaire du corps féminin. Les féministes y ont porte ouverte. Aux Inrocks elles sont chez elles tout comme le lobby LGBT. Le magazine a trouvé un compromis génial : une fille nue, multipliée par deux. Oui mais marquée au sceau de l'homosexualité, l'hétérosexualité étant évidemment d'une accablante banalité.

C'est ainsi que Les Inrocks espèrent épater le bourgeois. Mauvaise, très mauvaise pioche. Car à l'arrivée on voit ce qu'on voit : une fille (deux filles) nue suffisamment attirante et érotisée pour aiguiser les bas appétits masculins. Le bourgeois n'est pas choqué : il regarde, mate, et reluque. Les Inrocks font ce qu'ils dénoncent en permanence : exploiter le corps féminin. On a connu plus révolutionnaire. Les Inrocks sont tout simplement un magazine petit-bourgeois.

Si ce journal voulait vraiment innover et transgresser il publierait en couverture la photo de deux garçons, aussi déshabillés que la demoiselle, s'embrassant eux-aussi sur la bouche. Ça, ça aurait de la gueule ! Même Têtu n'a jamais osé. Mais Les Inrocks ne le feront pas. Ils veulent écouler leurs exemplaires.

Et le directeur commercial du magazine a fait remarquer qu'un ou deux garçons nus ça ne faisait pas du tout vendre. On sait que Têtu avec ses beaux garçons musclés au regard aussi expressif que leurs biceps en est mort. Eh oui, la branchitude révolutionnaire a ses limites. Les Inrocks doivent revenir à leurs anciennes et bonnes valeurs. Virginie Despentes et son "Baise-moi". Ça vendait très bien. 

Et n'oubliez pas : le A-book de Benoît Rayski, Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme, est toujours disponible à la vente sur Atlantico éditions : 

Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme

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