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L'industrie française opère une longue descente aux enfers depuis 2012.
L'industrie française opère une longue descente aux enfers depuis 2012.
©Reuters

Production à plat

Grande malade : 4 graphiques sur la descente aux enfers de l’appareil industriel français depuis 2012

Du fait de la fragilité de l'environnement économique et des difficultés auxquelles est confronté le secteur manufacturier, les entreprises industrielles françaises sont en difficulté. Une conjoncture qui n'échappe pas aux derniers indices PMI, où la France se trouve en dernière position sur 29 pays.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Le contraste est saisissant. Alors que l’économie américaine est aujourd’hui portée par une industrie en phase de décollage, l’industrie française s’englue une nouvelle fois dans la contraction.  C’est ce que nous apprend la publication des derniers indices PMI manufacturiers (Purchasing Managers Index, ou indices des directeurs d’achats). D’une grande fiabilité, ces indicateurs permettent de se faire une idée de l’état de l’industrie d’un pays, à un moment donné. La lecture en est simple, au-delà du seuil de 50, le pays marque une expansion de son activité. A contrario, un chiffre en deçà de ce niveau de 50 marque une contraction de l’activité industrielle. La lecture du tableau suivant est dramatique pour la France, classée bonne dernière d’une liste dominée par les États Unis.

(Cliquez sur les graphiques pour les agrandir)

29 pays comparés et la France prend la queue du peloton, affichant un plus bas de 15 mois. L’institut Markit dresse un état des lieux : "Les résultats décevants de l’enquête PMI d’août témoigne des difficultés auxquelles le secteur manufacturier français reste confronté, la fragilité de l’environnement économique entraînant un nouveau recul du volume des nouvelles commandes. La forte baisse de la production incite les entreprises à réduire leurs effectifs, leur activité achats et leurs stocks d’intrants. La faiblesse des principales variables de l’enquête observée ces derniers mois se prolonge ainsi en août, ne laissant que peu d’espoir quant à une amélioration prochaine de la conjoncture dans le secteur. ". Une situation fortement dégradée et ne laissant que "peu d’espoir" pour l’avenir.

>> Lire également en deuxième partie d'article : L'Europe face au spectre de la déflation : menace fantôme ou étape finale de la crise de 2008 ? Le débat

A l’inverse, l’industrie américaine bat des records. Un plus haut depuis 3 ans dans l’industrie, un plus haut de 10 ans pour les nouvelles commandes, bref, une situation de forte expansion du secteur manufacturier qui porte aussi bien la croissance que l’emploi outre atlantique. Un chômage revenu à 6.1% de la population active et un PIB du second trimestre qui pourrait être revu à la hausse alors même que sa première estimation était déjà de 4.1%. Cela s’appelle un boom.

Le décrochage français prend une toute autre allure qu’au cours des années précédentes. Auparavant, c’était l’ensemble des pays qui subissaient plus ou moins la crise. Aujourd’hui, la zone euro décroche, et en tête du peloton des cancres industriels, la France fait figure de champion. La comparaison des PMI manufacturiers entre la France et les États Unis sont particulièrement clairs :

PMI manufacturiers. France-Etats Unis. Source Markit.

Pendant que l’économie française passe le plus clair de son temps sous la barre des 50 points, c’est-à-dire qu’elle ne connaît que des étapes successives de contraction, l’industrie américaine ne connait que l’expansion, voire une explosion au cours du dernier mois.

Une situation qui pourrait se comprendre au regard de la performance comparée entre la production manufacturière des États-Unis et celle de la zone euro.

Si la majeure partie de l’écart entre la France et les Etats Unis est bien du fait de la différence d’approche macroéconomique entre les deux continents, François Hollande ne peut pas se cacher derrière son petit doigt.

En effet, le décrochage de l’indice entre la France et la Zone Euro, a eu lieu…..au cours de l’été 2012, comme le démontre le graphique suivant :

PMI. Manufacturiers. Eurozone – France. Source Markit.

L’échec est double. La situation est un échec pour l’économie de la zone euro en comparaison aux Etats Unis. Et la situation est également un échec pour la France par rapport au reste de la zone euro.

Car malgré les dizaines d’annonce depuis le début du quinquennat et les prétendues réformes structurelles fantômes, la réalité de l’action du Président de la république peut, pour le moment, se résumer en une phrase; une hausse de la fiscalité pour seul programme. Vide de la stratégie européenne, absence de diagnostic clair, recours exclusif à la fiscalité.  Voilà pourquoi la France traine dans les bas-fonds des classements internationaux.

Pour lire le Hors-Série Atlantico, c'est ici : "France, encéphalogramme plat : Chronique d'une débâcle économique et politique"

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