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Goscinny raconte les secrets d'Astérix : comment le petit bonhomme de BD est devenu un phénomène social
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Bonnes feuilles

Goscinny raconte les secrets d'Astérix : comment le petit bonhomme de BD est devenu un phénomène social

Voici l'histoire d'Astérix racontée par son co-créateur, René Goscinny, disparu prématurément en 1977. Rassemblées sous forme d'abécédaire, des centaines de citations composent ce "récit" inédit émanant directement de celui qui, un jour, écrivit pour la première fois sur une feuille de papier le nom "ASTÉRIX". Extrait de "Goscinny raconte les secrets d'Astérix" (éditions du Cherche-Midi), 2/2

René Goscinny

René Goscinny

René Goscinny fut l'un des rédacteurs en chef de Pilote, alors l'un des principaux journaux français de bande dessinée. Créateur d’Astérix, d’Iznogoud et du Petit Nicolas, scénariste de Lucky Luke durant une longue période, il est l’un des auteurs français les plus lus au monde : l’ensemble de son œuvre représente environ 500 millions d’ouvrages vendus.

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MILLE NEUF CENT SOIXANTE-CINQ

Il y a eu la grande explosion, cette espèce d’hystérie collective qui date de l’été 1965 (…). Tout d’un coup, les gens ont commencé à parler d’Astérix. J’étais à Biarritz et me souviens que j’entendais des types, dans la rue, dire : « Ils sont fous ces Romains ! » et d’autres formules du genre.

J’ai pensé : « C’est incroyable ! »

MILLIONS

Le dernier album, Astérix chez les Bretons, a été vendu à 800 000 exemplaires ; le prochain, Astérix chez les Normands, va être tiré à 1,2 million d’exemplaires. En tout, 5 millions d’albums, au moins, ont été vendus. Et comme il faut toujours prévoir l’avenir, j’ai déjà imaginé les dix prochains épisodes d’Astérix. À raison de deux épisodes par an, cela couvre donc cinq ans. Cinq années pendant lesquelles les deux compères vont voyager : en Belgique, en Suisse, en Espagne, aux jeux Olympiques, et encore en Gaule.

TINTIN

Tintin est le premier qui a obtenu un gros succès, le premier qui a été lu par les adultes, c’est un fait. Mais il n’y a pas eu d’explosion comme pour Astérix. Quand Astérix est arrivé, il y a eu tout d’un coup un snobisme qui s’est emparé des gens en faveur de la bande dessinée.

Pour Tintin, c’était : « Moi, je n’aime pas que mes enfants lisent de la bande dessinée, sauf Tintin. » Tandis qu’avec Astérix, on est presque tombé dans l’excès inverse, la bande dessinée étant devenue la lecture obligée si l’on ne voulait pas passer pour un ignare.

TIRAGES

Le premier album a été tiré à 6 000 exemplaires ; le deuxième à 20 000 (mais le premier est réédité) ; le troisième à 40 000 (réédition des deux premiers). Et ainsi de suite. C’est l’année 1965 qui a vu le grand boum. Cela correspondait à l’album sur Cléopâtre, mais je me suis souvent interrogé sur cette montée en flèche qui a pulvérisé tous les records.

Je ne vois qu’une réponse… Les gens ont parlé d’Astérix. « Tu connais pas Astérix ? Achète, tu verras… » De la publicité de bouche à oreille. La meilleure. Les phrases couraient : « Ils sont fous, ces Romains ! » Les journalistes sont alertés : tout le monde parle d’Astérix, il est urgent d’en faire quelque chose. La presse s’en mêle alors. Astérix cesse d’être un petit bonhomme des bandes dessinées, pour devenir autre chose. Un phénomène social ? Je ne sais pas.

Voir : Millions.

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