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Comment Google compte prolonger nos vies ; ce que cache la tendance néo-romantique sur le net ; notre bonheur est-il sous contrôle ?
©Reuters

Revue de presse des mensuels

Comment Google compte prolonger nos vies ; ce que cache la tendance néo-romantique sur le net ; notre bonheur est-il sous contrôle ?

Mais aussi comment la réalité augmentée et les sex-toys connectés vont changer notre sexualité, et, et, et… la réponse furibarde d’Abel Ferrara aux critiques de “ Welcome to New York ”. Y’a de quoi lire, dans la revue de presse des mensuels !

Barbara Lambert

Barbara Lambert

Barbara Lambert a goûté à l'édition et enseigné la littérature anglaise et américaine avant de devenir journaliste à "Livres Hebdo". Elle est aujourd'hui responsable des rubriques société/idées d'Atlantico.fr.

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En ce 1er juillet, quelles nouvelles, du côté des mensuels ? Pas mal de choses, et assez intéressantes, en vérité… Mais, avant d’attaquer les choses sérieuses, démarrons — plus ou moins — léger et voyons ce qu’Abel Ferrara a à dire sur le flingage de son film, “ Welcome to New York ”…

“ Devereaux (alias DSK), c’est moi ”

“ Abel, pourquoi tant de haine ? ” lui demande “ Technikart ”. —“ Envers moi ? Envers Gérard (Depardieu, ndlr) ? ” —“ Non, dans ton film. Envers DSK ”, réplique Gaël Golhen. —“ Mec, t’as rien compris, embraye le réalisateur. Je ne vais pas dans ce genre d’émotion, je ne suis pas dans la haine. Je m’en fous de ce type. Peut-être que Gérard le connaît, mais moi, Dominique, je ne le connais pas ”. —“ Tu ne le connais pas mais tu l’appelles Dominique ? ” —“ Comment veux-tu que je l’appelle ? M. Strauss-Kahn ? DSK ? Chairman of the Board ? Professeur ? Tu sais de qui je parle, non ? Mais je ne devrais même pas parler de lui, parce que “ Welcome to New York ” est un film sur l’addiction. Ce truc qu’on a tous en nous, qu’on poursuit et qui nous crame. Je suis passé par là, je connais. Quand Gérard dit qu’il déteste ce mec au début, il parle de sa dépendance… Qu’il se soit produit ça ou pas, c’est pas l’important. Ce qui m’intéresse, c’est le pouvoir, les mecs qui détruisent les gens qui les aiment et qu’ils aiment pour satisfaire leurs désirs. Et ça, je connais. Devereaux (nom du personnage inspiré par DSK, ndlr), c’est moi ”. Comme Emma Bovary, c’était Flaubert, quoi.

“ Tu trouves mon film antisémite ? ”

“ Qu’est-ce que tu réponds au reproche d’antisémitisme ? ” demande encore le journaliste de “ Technikart ”. —“ T’es juif ? ”, réplique Abel Ferrara. —“ Non ”. —“ Et tu trouves mon film antisémite ? ” —“ Le rapport que tu établis entre les juifs, l’argent et le pouvoir à travers le personnage de Jacqueline Bisset est bien crapoteux… ” —“ Mais qu’est-ce que tu racontes ? Et d’où tu sors que Bisset est juive ? ” —“ On sait bien qui elle joue… ” —“ Non, TOI, tu crois savoir qui elle joue, moi, j’en sais rien ! Dans l’introduction de mon film Gérard explique qu’il ne joue pas ce type précisément parce qu’il ne l’aime pas. Tu veux l’affaire Strauss-Kahn ? C’est ton droit, mais sans moi. Tu crois qu’ils font ces raccourcis en Arizona ? Tu penses que dans vingt ans, les mecs qui verront ce film penseront à Anne Sinclair ou à DSK ? ” —“ Abel… ” —“ Quand Léonard de Vinci — je te rassure, je ne me compare pas à lui — peint la Joconde, on ne se dit pas : “ Oh, c’est la cousine de machin, son père faisait ci, sa mère, ça ”. Je suis bouddhiste, je travaille pour l’autre vie ”. Et “ Welcome to New York ”, alors, c’est pour l’autre vie ? Sacré passeport, dis donc…

Les sites de rencontre, “ véritables fabriques à célibataires ”

Mais parlons petites fleurs et ptits zoziaux, parlons romantisme, voulez-vous ? Pas de n’importe quel romantisme, du connecté, du 3.0. Dans son dernier numéro, “ GQ ” se penche en effet sur la naissance d’un courant “ néo-romantique ” sur le Net et les réseaux sociaux. “ Malgré des algorithmes toujours plus sophistiqués (par affinités culturelles, ethniques, religieuses, voire génétiques), (les sites de rencontre) seraient en réalité de véritables fabriques à célibataires, explique le magazine. D’après une étude de l’Ined publiée en janvier 2013, seuls 7 % des individus en couples s’y seraient rencontrés. Un effet sans doute du “ paradox of choice ”, théorisé par Barry Schwartz. Selon ce psy américain, plus on a de choix, moins on aime en faire. De là une pulsion de zapping relationnel nous faisant perpétuellement imaginer que l’herbe sera plus verte ailleurs. “ On peut aujourd’hui projeter tous les jours notre être idéal sur une personne/interface différente, nous positionnant ainsi dans une quête de bonheur toujours plus inatteignable ”, confirme le psychologue Serge Hefez ”. Intéressant, ça…

Comment faire une vraie rencontre via du virtuel ?

Comment sortir de l’impasse, arriver à nouveau à fixer son choix, à s’attacher ? “ D’après une récente étude Ifop, observe “ GQ ”, 30 % des internautes avouent être en manque de “ vraies rencontres ”. Cette volonté de réinjecter du hasard dans un quotidien sentimental aux variables jugées trop rationnelles s’est illustrée avec l’apparition sur Facebook en 2013 des pages “ spotted ” (pour repéré), relecture numérique des petites annonces de “ Libé ” où d’apprentis poètes de l’amour font leur déclaration à celle ou à celui qui hantent leurs transports amoureux. “ Je gère 130 pages qui comptent plus de 170 000 abonnés à travers toute la France et j’assure la mise en relation d’au moins deux couples par jour ”, se félicite son jeune importateur, Erwin Maginel de Saint-Légier. Un détournement romantique de la technologie, matérialisé dans son versant matrimonial par l’apparition des “ live tweets ” de mariage, et sur lequel n’oublient pas de capitaliser les nouveaux sites de rencontre tels que Meetserious et leurs dates sans passage par la case drague numérique ”. Mettre du romantisme dans la technologie, telle serait donc la solution…

Le romantisme 3.0, marque d’un retour à une vision réac de l’amour ?

“ Mais tout le monde, objecte pourtant “ GQ ”, ne partage pas ce constat d’un renouveau galant, percevant plutôt dans ce courant sous-tendu par une dynamique de “ décélération érotique ” et de “ développement durable du couple ”, le renforcement d’une vision sécuritaire, voire un brin réac, de l’amour. (…) Pour éviter de faire partie des 54 % de déçus lors du passage du virtuel au réel (sondage Ifop), certains ont même décidé de se limiter aux amours purement numériques. Investissant, comme dans “ Her ”, tout leur amour dans des partenaires avec lesquels ils ne communiquent que via l’intermédiaire d’une machine. Ce sociotype de romantiques-autistes a récemment été baptisé les “ soulmates in a box ” (pour âme sœur en boîte) par le responsable de la rubrique “ Modern Love ” du “ New York Times ”, Daniel Jones. Derrière leur vision d’une romance aux airs d’utopie individuelle, les néo-romantiques dissimuleraient-ils en réalité une âme de métropuritains ? ” Bonne question…

Quand l’amour en temps de crise revient à épouser des codes

“ “ Dans un contexte de crise, l’amour est devenu une zone de repli, analyse Camille Saféris, dont le premier roman, “ Rayon hommes ” (La Musardine), imagine un futur où les supermarchés de la rencontre n’ont plus rien de virtuel, précise “ GQ ”. Cette appétence actuelle pour le romantisme est en fait une manière d’entrer plus vite dans des codes (les fiançailles, le mariage) et un jeu de rôles (monsieur et madame, puis papa et maman) comme de bons petits soldats ”. Le 13 janvier, le “ Times ” confirmait involontairement ce constat en révélant que 90 % des ados américains espéraient rester avec le même partenaire “ jusqu’à ce que la mort les sépare ”. Et dans sa dernière étude, “ Un jour mon prince ” (Les Arènes), le psy Philippe Brenot chiffre à 70 % le nombre de femmes cultivant le fantasme du prince charmant ”. Pas forcément rassurant, tout ça…

Sommes-nous tous prisonniers d’un bonheur sous contrôle ?

Et puisque nous parlions de codes, “ Technikart ” se penche sur “ le processus de normalisation générale ” qui pourrait bien toucher “ le corps social dans son ensemble ”. “ Dans les sociétés occidentales, entre la fin des années 70 et le début des années 80, on va assister à une extension du champ du néolibéralisme à toutes les sphères humaines : la santé, les affects, la relation aux autres, tout cela va désormais être envisagé sous l’angle d’un capital à faire fructifier ”, explique le psychiatre Mathieu Bellahsen, auteur de “ La santé mentale, vers un bonheur sous contrôle ”. —“ Comment ces certitudes se sont-elles ancrées ? ” demande le mag. —“ Pour asseoir cette idée, tout un travail est effectué au niveau de la langue : l’homme est notamment invité à devenir un “ autoentrepreneur ” de lui-même, maximisant chacune des sphères qui le compose. Pour ce faire, l’individu va être sommé d’être heureux, d’afficher des valeurs positives d’humanisme, de tolérance, qui lui permettront de faire fructifier son capital. Tout cela s’agence à la conception néolibérale d’un individu sans conflit, qui positive tout le temps ”. Le bonheur que nous pensons nôtre nous serait-il dicté par la société dans laquelle nous vivons ? Brrrrr… rien que d’y penser…

“ Notre prétendue liberté ne s’exerce que dans un cadre précis… ”

“ Ces normes ne sont-elles pas naturelles ? ” s’enquiert “ Technikart ”, un brin sceptique. —“ Non, justement, répond Mathieu Bellahsen. Le système édicte des normes de manière artificielle, qui vont ensuite être naturalisées. Il est par exemple défini noir sur blanc ce que doit être une vie heureuse, notamment dans le rapport de 2009, “ La santé mentale, l’affaire de tous ” ”. —“ L’individu est donc sommé de s’adapter au monde qui l’entoure. Pourtant, beaucoup de gens se pensent libres, non ? ”, objecte le mag. —“ Certes, les gens peuvent avoir l’impression d’être libres, mais cette prétendue liberté ne s’exerce que dans un cadre précis : celui de la concurrence dans tous les domaines de nos vies. On a tous intériorisé la question de la mise en concurrence, et il y a toujours une part de nous qui veut faire mieux que le voisin. Cette naturalisation nous empêche de penser ”. Très, très flippant, le diagnostic de Mathieu Bellahsen…

Comment Google compte-t-il s’y prendre pour allonger l’espérance de vie ?

Mais passons à une heureuse et fort réjouissante nouvelle ! Dans son dossier spécial, “ Les inventions qui vont changer notre vie ”, “ Capital ” propose une interview du chirurgien-urologue Laurent Alexandre, auteur de “ La mort de la mort ” (Lattès). “ Concrètement, demande le journal, comment Google compte-t-il s’y prendre pour allonger l’espérance de vie ? ” —“ Ils n’ont pas encore dévoilé leur stratégie, répond le médecin. Le sujet est en friche car l’industrie pharmaceutique et la médecine ne se sont jamais préoccupées de retarder la mort indépendamment des maladies. Mais Google pourrait par exemple exploiter les travaux réalisés récemment sur des animaux… ” C’est-à-dire ?

“ Le premier homme qui vivra mille ans est déjà né ”

 “ Des chercheurs de Harvard ont transfusé du sang de jeune souris dans l’organisme de souris plus âgées, explique Laurent Alexandre. Ils sont ainsi parvenus à refabriquer des neurones dans le cerveau de ces dernières, à réactiver les cellules souches et à rajeunir le fonctionnement cellulaire. On constate donc que le vieillissement est réversible. Bien sûr, ce sera beaucoup plus complexe à réaliser sur les êtres humains. Mais la nouveauté est que cela paraît possible. L’inversion du vieillissement permettra parallèlement de lutter contre les maladies qui lui sont directement liées, comme Parkinson. Le premier homme qui vivra mille ans est déjà né ”. Wahou ! Si c’est pas chouette, ça !

Le marché du plaisir bloqué par Google, Yahoo ! et Facebook

Et puisqu’on parle de Google et d’avenir, on en apprend de belles, dans l’article que “ Capital ” consacre au “ sexe du futur ”.  “ Les acteurs du secteur sont sur les dents pour se partager le marché du plaisir, qui atteindra 50 milliards d’euros en 2012 ! Tout comme les développeurs, convaincus qu’il n’y a rien de mieux que le sexe pour imposer une révolution technique, annonce le mag. Problème, toutes les nouvelles technologies sont entre les mains de Google, Yahoo ! ou Facebook. “ Ces entreprises américaines sont très puritaines et interdisent pour l’instant toutes les applications liées à la sexualité ”, regrette Ghislain Faribeault, vice-président média de Marc Dorcel, la société “ historique ” du business du X en France, qui vend aussi des sex-toys en ligne ”. Ah, ben, ça !

Des slips connectés qui prodiguent des caresses

Bon, et à supposer que les acteurs du marché trouvent la faille — ce qui va forcément arriver —, on peut s’attendre à quoi, côté plaisir, dans le futur ? On ne va vous détailler tout le dossier, hmmm ?, seulement vous en donner deux-trois petits aperçus… A côté du viagra féminin qui, nous dit “ Capital ”, “ sera disponible dans deux ans ”, des “ poupées robotisées ” qui, prophétise le journal, “ remplaceront les prostituées en 2030 ”, il y a… il y a les “ slips connectés (qui) prodigueront des caresses ”. Les ingénieurs de Durex, explique le mensuel, “ sont en train de développer Fundawear, une nouvelle marque de sous-vêtements bourrés de capteurs électroniques qui pourront prodiguer des caresses, via des vibreurs actionnés par une application iPhone. Les amants peuvent “ se caresser ” à distance, en choisissant de cliquer sur les zones sensibles. Toujours à l’état de prototype, ces petites culottes et ces boxers devraient être commercialisés aux alentours de 2017, pour un prix avoisinant les 500 euros ”. C’est cadeau !

De l’usage coquin de l’imprimante 3D…

“ Capital ” nous l’apprend aussi, “ French Coqs, une start-up française ” a découvert comment tirer parti de l’imprimante 3D : “ Elle permet déjà de fabriquer une copie parfaite de son sexe en érection, en envoyant de simples photos sur la plateforme de son site Internet. Une idée cadeau pour le moins originale qui ne coûte que 88 euros ! Dans les années à venir, précise le mag, le marché devrait exploser. Car le prix des imprimantes 3D va baisser. Aujourd’hui, il faut compter au moins 10 000 euros pour un modèle capable de reproduire un sex-toy de taille standard. Demain, ce sera dix fois moins… ” On n’arrête pas le progrès… ! Bonne semaine, et, qui sait, à jeudi, pour la revue de presse des hebdos !

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