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Gilets Jaunes : la naissance du parti En Marge
©JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Premier parti de France

Gilets Jaunes : la naissance du parti En Marge

Pour beaucoup de Gilets jaunes, la mobilisation actuelle est leur tout premier engagement citoyen, car ils ne croyaient absolument pas à la politique. Mais les échanges avec eux reviennent rapidement aux sources de la démocratie.

Jonas Haddad

Jonas Haddad

Jonas Haddad est secrétaire national au sein du parti Les Républicains en charge de l'Entreprenariat des Jeunes.

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Impossible de comprendre profondément ce mouvement sans avoir passé plusieurs heures sur un rond-point près de Rouen, sans avoir interrogé les Gilets jaunes pas uniquement sur leurs revendications mais sur ce qu’ils pensent de la Politique.

L’écrasante réponse est limpide : ils n’en pensent rien, ils n’ont pas voté en 2017. Ils se sont sentis prisonniers d’un choix imposé, et savaient pertinemment que Emmanuel Macron ne serait pas plus leur président que ne le serait Marine Le Pen.

Loin de l’image véhiculée par les médias, de membres de l’extrême de droite ou de gauche, les Gilets jaunes ont créé un nouveau mouvement : le jumeau, le pendant populaire d’En Marche, ils sont le parti En Marge.

Pour beaucoup, il s’agit de leur tout premier engagement citoyen, ils ne croyaient absolument pas à la politique. Paradoxalement, les échanges avec eux reviennent rapidement aux sources de la démocratie. Ils parlent du combat entre serfs et seigneurs, ils parlent de tirage au sort dans l’Antiquité grecque.

Pourtant, ils n’appartiennent à aucun parti, à aucun syndicat et en ont une méfiance, voire une haine affirmée.

Ils sont le parti des abstentionnistes, le parti du vote blanc. Pour plusieurs d’entre eux, le Sénat doit être remplacé par une Assemblée citoyenne, tirée au sort et tournante, qui permettrait de confronter le point de vue de l’élite- l’Assemblée nationale- aux revendications des citoyens – une Assemblée citoyenne.

En Marge, demain premier parti de France, sans électeurs ?

Il est peu probable que le discours d’Emmanuel Macron les apaise : il a dangereusement laissé mijoter la casserole de la colère, si bien qu’aujourd’hui ils ne veulent plus vraiment de réponses, ils veulent des départs et des démissions. Ils ne veulent plus attendre quoique ce soit issu du système politique actuel.

Lors d’une récente élection législative partielle en novembre 2018 à Evry, le député actuel a été élu avec 18% de participations, plus de 8 électeurs sur 10 ne se déplacent même plus.

Les élections européennes approchent, charriant leur lot de discours populistes ou de discours béats vis-à-vis d’une Europe qui se cherche profondément.

Il n’est pas certain que ces Gilets Jaunes et leurs soutiens se déplaceront pour décider ce qu’il faut faire d’un ensemble de plusieurs pays quand dans leur propre pays, ils se sentent totalement abandonnés. Les résultats de ces élections ne seront donc pas le test attendu et les Gilets Jaunes risquent à nouveau de sombrer dans l’absence de tout espoir de représentativité.

Il est probable que progressivement, les Gilets jaunes soient rangés, comme le furent les Bonnets rouges et tous ces autres symboles. Ce rangement n’en sera que plus amer pour ceux qui l’auront arboré. Ils auront une nouvelle fois l’impression de rentrer dans leur demeure, incompris.

Ce que En Marche a fait par le haut, en recrutant de nombreux cadres et consultants au sein de la société civile heureuse, les Gilets Jaunes le font par le bas, en recrutant les salariés modestes, quelques retraités, les petits entrepreneurs et les laissés pour compte, une sorte de société civile malheureuse.

Ils ne voteront pas forcément, mais ils sont le parti En Marge qui ne fait que grossir et qui est en train de devenir progressivement, le premier parti de France.

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