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« Le G8 n'a jamais été 
aussi utile qu'aujourd'hui »
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Sommet international

« Le G8 n'a jamais été aussi utile qu'aujourd'hui »

Le G8 de Deauville présidé par la France rassemble ces jeudi et vendredi, 18 chefs d'État et de gouvernement ainsi que 2 500 délégués avec comme dossier prioritaire : les pays arabes. A quoi servent ces grandes réunions ?

Jean-Hervé Lorenzi

Jean-Hervé Lorenzi

Jean-Hervé Lorenzi est économiste.

Président du Cercle des économistes, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Le fabuleux destin d'une puissance intermédiaire (Grasset, 2011). Son dernier livre s'intitule Un monde de violences, l'économie mondiale 2015-2030 (Eyrolles, juillet 2014).

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Atlantico : Selon vous le G8 a-t-il toute son utilité ?

Jean-Hervé Lorenzi : Bien sûr, le G8 est très utile ! Il permet d'accorder les positions des grands pays de l'OCDE. Il est normal que ces pays accordent leurs positions sur la plupart des grands sujets. En l'occurrence, il sera très tourné vers les pays arabes. En ce sens, il sera très diplomatique... Attendons de voir avant de condamner. Je ne suis pas un devin pessimiste. Je ne suis pas capable de voir à l'avance ce qu'il sera décidé. C'est un talent divinatoire que je n'ai pas !

Alors que c'est au tour de la France de recevoir le sommet, existe-t-il, selon vous, une « prime » à l'organisateur ?

Le pays organisateur peut « inciter » à aborder tel ou tel thème, bien sûr. Il se trouve que le problème des pays arabes est plus un problème de la France. Cela doit plus au hasard qu'au pays hôte.

Quels seront les objectifs du sommet actuel ?

On parle de mieux « vendre » l'opération militaire en Libye et pousser les États-Unis a s'impliquer plus dans le financement du Printemps arabe - en particulier en Tunisie et en Égypte. Il s'agit de renforcer la cohésion sur les affaires libyennes et éventuellement syriennes.

Les chefs d'État ont-ils vraiment besoin de se voir pour prendre des décisions ?

Quand vous avez des problèmes importants, vous préférez les régler en vous rencontrant. La réunion est plus productive grâce à la présence physique. Par ailleurs, il est très rare qu'il y ait des conference call de grands décideurs politiques. Il est nettement plus simple de se réunir que de décider dans des  conférences bilatérales.

Pourtant on pourrait contester la légitimité du G8 qui, par définition, écarte la Chine, le Brésil ou l'Inde ?

Condamner le G8 est très naïf. Le Brésil est à ma connaissance un pays émergent. Il est très bien qu'il existe des lieux où tout le monde se rencontre. Je trouve très bien que les pays d'Amérique du sud se réunissent entre eux et défendent leurs intérêts. Je n'ai pas de naïveté sur une sorte de bonté générale.

Chacun défend ses intérêts. Mais qu'il y ait une position des intérêts occidentaux me paraît évidemment sain. Il est clair que les pays de l'OCDE ont des intérêts spécifiques qui ne sont pas ceux des pays émergents. Ça ne doit pas, pour autant, être conflictuel. Il ne faut absolument pas supprimer le G8 !

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