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François Hollande n'en finit plus de faire des annonces mais sans résultat
François Hollande n'en finit plus de faire des annonces mais sans résultat
©REUTERS/Laurent Capmas

Editorial

François Hollande, le président Shadok qui faisait et refaisait des annonces jamais suivies d'effets

Dans un entretien au Monde ce mercredi 20 août, le chef de l'Etat a indiqué vouloir "accélérer le rythme des réformes". Une foule d'annonces pour une vaste contre-offensive en cette rentrée marquée par une situation économique désastreuse. Une communication rodée à laquelle il manque cependant l'essentiel : être suivie d'actes.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Nouvelle initiative de François Hollande pour marquer la rentrée : elle se situe toujours dans le domaine de la communication avec une interview au Monde au titre prometteur : "aller plus vite et plus loin". On est tenté de se frotter les yeux. Le Président a-t-il eu une révélation qui l’incite soudain à abandonner cet immobilisme qui est sa marque de fabrique ?  Ceux qui ont encore dans leur mémoire les discours enflammés de la première année du quinquennat n’en croient pas leurs oreilles. Avec une volte-face spectaculaire, François Hollande s’affiche désormais comme l’ami des chefs d’entreprise, dont il veut alléger les charges trop lourdes qui les empêchent  d’investir. Il annonce un grand plan en faveur de la construction et du logement, mis à mal par Cécile Duflot, dont il avait pourtant approuvé les dessins destructeurs.

Il veut revenir sur la rigidité du marché du travail, affronter certaines professions réglementées pour réduire leur rente. Bref, il n’est question que de desserrer les freins, donner de l’air à l’activité économique, ouvrir, alléger, simplifier…ce que réclament  depuis longtemps la plupart des économistes.  Qui pourrait s’insurger contre cette volonté nouvellement  affirmée, alors que le chômage poursuit sa hausse, que le  nombre des entreprises proches du dépôt de bilan ne cesse de croître, que les jeunes élites ont tendance à prendre le chemin de l’étranger ?  Malgré des zones d’ombre en ce qui concerne la réduction des déficits ou encore l’indispensable réforme de la fonction publique, un tel discours devrait stimuler les énergies et inciter nos compatriotes à se retrousser les manches. Mais c’est tout le contraire qui se produit. Ce nouveau scénario  tombe à plat.

Il n’a aucune résonnance chez ceux qui devraient le recevoir. Parce que la parole officielle, constamment changeante, galvaudée,  contredite, n’a plus aucune crédibilité. Elle n’est même  plus écoutée, rangée définitivement au niveau d’une communication politique éculée, parce qu’il lui manque l’essentiel : être suivie par des actes, alors que les moulinets de François Hollande ne brassent toujours que du vent.

Au demeurant, les grandes envolées sur l’accélération des réformes, pour ne pas tomber aussitôt dans l’oubli, sont assorties de mesurettes montées en épingle, mais dont les effets sont dérisoires, en raison de leur modestie. Ainsi en est-il du dernier train annoncé qui devrait se traduire par quelques dizaines d’euros d’impôt en moins pour les plus défavorisés, qui ne compensera pas la baisse du pouvoir d’achat enregistrée depuis 2011. Sans perdre de vue que l’aumône accordée à deux millions de citoyens ne fait qu’augmenter le courroux des 37% de Français qui voient une fois de plus leurs prélèvements fiscaux augmenter.

Quant au pacte de responsabilité, évoqué à son de trompe, il fait croire aux plus naïfs que l’argent se déverse à gogo sur les patrons, alors que ceux-ci se demandent toujours si les promesses annoncées, les engagements pris, vont enfin avoir une traduction concrète.

Le Français a plus que jamais la foi du charbonnier : il attend  les actes. Et tant que ceux-ci ne seront pas perceptibles, il continuera de limiter ses dépenses, améliorer autant que faire se peut une épargne de précaution, tandis que les chefs d’entreprise, qui ne voient toujours rien venir et dont les carnets de commande se dégonflent, remettront à plus tard leurs investissements. Aller plus vite et plus loin, martèle le chef de l’Etat. Il faudrait aujourd’hui un puissant moteur pour sortir le pays de l’ornière. Et celui-ci n’a toujours pas été inventé. La stagnation de l’économie a de beaux jours devant elle.

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