François Hollande, le nouveau don Quichotte | Atlantico.fr
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François Hollande entend continuer à guerroyer, tel un don Quichotte contemporain, contre le chômage avec toujours les armes émoussées des contrats d’avenir ou de génération.
François Hollande entend continuer à guerroyer, tel un don Quichotte contemporain, contre le chômage avec toujours les armes émoussées des contrats d’avenir ou de génération.
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Editorial

François Hollande, le nouveau don Quichotte

François Hollande a tenu hier jeudi la deuxième conférence de presse de son mandat, rendez-vous médiatique auquel il avait promis de se plier tous les six mois durant la campagne.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Les conférences de presse élyséennes répondent à un rituel dont restent friandes nos élites malgré leur caractère désuet, mais qui révèlent aussi la nostalgie d’un certain passé de grandeur de la France aujourd’hui disparu. Sur ce point, François Hollande a réussi l’exercice sous son aspect académique, imprégné de sa culture énarchique, qui reste toutefois aux antipodes des préoccupations des Français. Face aux critiques d’immobilisme qui ont salué le premier anniversaire de son quinquennat, il a eu recours à tout un arsenal guerrier, comme s’il voulait rappeler l’intervention de la France au Mali, seul aspect positif de son action aux yeux de ses adversaires, en multipliant les termes du vocabulaire militaire : offensive, engagement, décision, avec ce nouveau slogan "le mouvement, c’est maintenant".

Avec un verbe jubilatoire, un sourire d’autosatisfaction permanent, voire une certaine ironie en évoquant "sa popularité au zénith", il entend continuer à guerroyer, tel un don Quichotte contemporain, contre le chômage avec toujours les armes émoussées des contrats d’avenir ou de génération, dont le démarrage est particulièrement laborieux.

Pour dissiper ses querelles avec l’Allemagne, il ressort le vieil arsenal de mesures destinées à favoriser une évolution vers un gouvernement économique européen, qui rappelle l’époque de Jacques Delors dans un tout autre contexte, mais qui est seulement destiné à faire oublier les diatribes récentes du parti socialiste contre Angela Merkel.

Si François Hollande a changé son discours sur la forme, sa nouvelle manière d’habiter son costume de président, sur le fond c’est toujours la même ritournelle : on laisse jouer le temps, en se contentant des mesurettes de sa boîte à outils. En pratique, c’est le statu quo qui va perdurer, alors que la récession gagne du terrain. Quelques propos aimables à l’égard des entreprises, les patrons ne sont plus les boucs émissaires, mais rien de nouveau pour réduire le poids de leurs charges. Pas d’amélioration en faveur du pouvoir d’achat, dont le  mot n’a même pas été prononcé. Il n’est pas question de  relancer la consommation, qui profiterait d’ailleurs surtout aux importations étrangères. Mais seulement la réaffirmation du dogme d’infléchir la courbe du chômage d’ici la fin de l’année, une promesse totalement  irréaliste, puisque la France connaitra cette année une croissance zéro selon le chef de l’Etat, alors que dans le même temps, la population française va s’accroitre de 160 000 personnes.

Derrière le fracas des mots subsiste un silence assourdissant, celui qui concerne le train de vie de l’Etat. Rien n’est évoqué sur l’indispensable réduction des dépenses publiques, qui continuent d’augmenter et atteindront 57% du produit intérieur brut l’an prochain, la France détenant le record des 27 pays européens.

François Hollande affirme qu’il veut "remettre en mouvement le pays", alors que rien n’est fait pour mobiliser les Français sur un projet collectif et que le doute subsiste sur le risque d’un nouveau tour de vis fiscal d’ici 2017. La rhétorique  présidentielle n’a toujours pas trouvé la clé susceptible de faire revenir la confiance. La gestion au jour le jour, au gré des humeurs de la conjoncture et de la désespérance des citoyens reste la norme. Le sursaut n’est pas à l’ordre du jour.

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