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François Hollande, 
ennemi de la finance, 
pourra-t-il s'allier à Mario Monti, 
ancien de Goldman Sachs ?
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Jeu d'échec

François Hollande, ennemi de la finance, pourra-t-il s'allier à Mario Monti, ancien de Goldman Sachs ?

François Hollande rencontre ce jeudi Mario Monti. Dans ce jeu de recomposition d'alliances, le président du Conseil italien est particulièrement courtisé alors que son homologue français est manifestement assez seul, y compris au sein des pays du Sud.

Jean-Thomas Lesueur

Jean-Thomas Lesueur

Titulaire d'un DEA d'histoire moderne (Paris IV Sorbonne), où il a travaillé sur l'émergence de la diplomatie en Europe occidentale à l'époque moderne, Jean-Thomas Lesueur est délégué général de l'Institut Thomas More

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Atlantico : François Hollande rencontre ce jeudi Mario Monti. Alors que le président français se présentait en candidat "ennemi" de la finance et en rupture des politiques de rigueur, le président du Conseil italien, et ancien de la banque Goldman Sachs, a adopté des mesures d'austérité pour sortir son pays de la crise. Un couple Hollande-Monti peut-il vraiment se former en dépit de ces différences politiques ?

Jean-Thomas Lesueur : Dans les trois semaines qui ont suivi l’élection de François Hollande, Angela Merkel a rencontré à trois reprises son homologue italien. Depuis, différentes thèses s’opposent, les deux principales étant française et allemande. Il est donc normal que des recompositions d’alliances aient lieu et, dans ce jeu, Mario Monti est particulièrement courtisé.

Il sera difficile pour ce dernier, au vu des politiques qu’il a adopté pour son pays, de se retrouver dans le discours du Président français. Hollande sera probablement seul dans son combat.

Les Allemands ne souhaitent pas être considérés comme les seuls à imposer aux autres pays européens des règles sévères en terme de discipline budgétaire. Nicolas Sarkozy, bien qu’en désaccord sur un nombre important de sujets, constituait un allié en permettant d’afficher une unité entre les deux poids lourds de l’Europe. Angela Merkel, ayant perdu son allié traditionnel, cherche donc probablement en Mario Monti un allié de substitution.

Les pays du Sud de l’Europe peuvent-ils former un contrepoids, dont François Hollande pourrait profiter, face à la politique allemande ?

Il n’y aura pas de contrepoids politique de la part des pays du Sud dans la mesure où ces pays ne disposent pas de la crédibilité budgétaire suffisante. François Hollande a essayé de se poser en chef de file des contestataires des politiques de rigueur, mais il est manifestement assez seul. Même dans le Sud, il n’a pas réellement d’allié.

Aujourd’hui, le rapport de force est donc toujours en faveur de l’Allemagne du fait des réformes qu’ils ont adopté et qui leur permettent une plus grande santé financière, notamment par rapport à la France.

Quels sont les risques associés à ces reformations d’alliances au sein de l’Union européenne ?

Le principal risque est celui d’une dégradation des relations au sein du couple franco-allemand. Mais l’interdépendance entre nos deux économies est si forte que nous parviendrons à un compromis même s’il s’opère en faveur des thèses allemandes. Au lieu de s’inscrire dans un véritable élan européen, celui-ci se formera dans la méfiance.

Plus le temps passe, plus l’euro perd en crédibilité et moins nos partenaires internationaux nous regardent avec sérieux. Il est dommage que François Hollande ne parvienne pas à saisir l’opportunité historique d’un saut qualitatif vers le fédéralisme en prenant les allemands au mots, voire en allant plus loin.

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