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Éloge de François Hollande
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Ironie

Éloge de François Hollande

Les derniers sondages indiquent que l'écart se resserre entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Pourtant, le candidat socialiste est assurément l'homme de la situation...

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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Ne pouvant rien faire, François Hollande a le courage de ne rien dire. Saluons cet exemple de cohérence en politique ! Celles et ceux qui s'énervent à l'écoute et à la lecture de ses discours creux prennent des risques pour leur santé. A quoi bon vouloir frapper un édredon avec un marteau ?

Acceptant d'entrée les contraintes de l'Union européenne, François Hollande, s'il devait devenir président de la République, après une ou deux épisodes psychodramatiques avec madame Merkel tout au plus, rentrera dans le rang. Il l'a déjà dit : il ne pourra rien faire, les Français devront subir au minimum deux ou trois années de rigueur avant d'hypothétiques lendemains qui chantent à voix très basse. Du reste, ses promesses sur l'embauche de fonctionnaires ou la fusion CSG-impôt sur le revenu sont déjà abandonnées.

Dans ces conditions, il est fort logique qu'il n'ait rien à faire espérer ni même à formuler. Son intelligence, presque son génie, consiste à donner à son impuissance le nom d'honnêteté. Il ne prendra pas les Français par surprise : il ne les prendra pas du tout.

Et si François Hollande n'était au fond que l'incarnation de cet Etat humble que Michel Crozier appelait de ses voeux dans son essai : "Etat modeste-Etat moderne" en 1998 ? S'il était une sorte de Mario Monti et de Lucas Papademos ayant réussi à gagner des élections afin de rassurer les puissants du monde entier sur le caractère désormais inoffensif de cet exercice démocratique éculé ? L'immobilisme, stade suprême du socialisme ?

Il est vrai qu'après un hyper-président taxé d'agitation, un infra-président frappé de stupéfaction fait figure, en soi et pour soi, d'alternative. On nous promettait la fin de l'Histoire, se profile au moins celle de la politique. La mondialisation a-t-elle donné le dernier mot aux marchés financiers ? A observer le candidat socialiste, la réponse est oui. Puisque la démocratie occidentale est une machine à arbitrer entre les pouvoirs de nuisance, celui qui est censé détenir "le" pouvoir doit tendre à une neutralité telle qu'elle le rend transparent.

La méthode Hollandaise ayant fait ses preuves durant les "primaires citoyennes", ses pourfendeurs risquent d'être déçus du peu d'effet de leurs attaques. Culbuto a la vie dure. Comme il a réussi à éliminer Martine, Arnaud et les autres, il est en bonne voie pour se débarrasser de Nicolas, François bis et les autres. François Mitterrand restait dans l'ambiguïté, François Hollande restera dans le vide, son être confinant au néant, l'étatique à l'extatique. Un vrai président-philosophe !

Un gauchiste de mes amis me soutient qu'Hollandus Elyseis finira par paniquer quand le réel le rattrapera et que des émeutes réveilleront son quinquennat. Fidèle aux traditions social-démocrates, il fera tirer sur la foule. Il faut vraiment être un gauchiste pour penser des choses pareilles ! Je prétends au contraire qu'en offrant aux Français un vote qui équivaut à une abstention, il réconciliera ceux qui ont déserté les urnes avec la politique.

La France va mal, elle a besoin de morphine. La narcose collective porte un nom et elle a un visage, le faciès poupin d'un anesthésiste qui se penche sur la table d'opération sans qu'on sache où est passé le chirurgien. Et dire qu'on n'a même plus d'argent pour se faire assurer !

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