François Hollande à moins de 10% dans les intentions de vote : l’hypothèse qui ne se produira pas dans la réalité | Atlantico.fr
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Si la primaire est remportée par François Hollande, cela peut lui permettre d'avoir un certain allant et de recoller aux basques des autres candidats de la gauche. Cela lui permettrait peut-être d'être dans la course avec la gauche...
Si la primaire est remportée par François Hollande, cela peut lui permettre d'avoir un certain allant et de recoller aux basques des autres candidats de la gauche. Cela lui permettrait peut-être d'être dans la course avec la gauche...
©BERTRAND GUAY / POOL / AFP

Hélas...

François Hollande à moins de 10% dans les intentions de vote : l’hypothèse qui ne se produira pas dans la réalité

Alors que certains sondages d'intentions de vote placent François Hollande sous la barre des 10% en vue de la prochaine élection présidentielle, le président sortant dispose encore de quelques occasions de repasser au-dessus. Mais sa fenêtre d'opportunités est plus que limitée.

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Atlantico : Alors que certaines enquêtes créditent François Hollande de moins de 10% d'intentions de vote pour l'élection présidentielle de 2017, dans quelle mesure doit-on être prudent avec l'interprétation de chiffres si bas pour le président de la République à six mois du jour du scrutin, alors qu'on ne sait pas encore définitivement l'offre politique de cette élection présidentielle ?

Jérôme Fourquet : Il faut effectivement toujours être prudent avec les sondages et les interpréter pour ce qu'ils sont : une indication sur le rapport de force qui prévaut à un instant donné, au moment où l'enquête est réalisée. Nous ne pouvons donc pas présager d'éventuels évènements qui pourraient se produire à l'extérieur de la campagne (attentat terroriste, annonces économiques, etc.) ou à l'intérieur (annonce ou retrait de candidature, par exemple). Tout cela peut jouer sur les rapports de force qui seront constatés dans les urnes dans plus de six mois encore. Nous sommes encore très loin du scrutin.

Néanmoins, les sondages qui donnent François Hollande en-dessous de 10% sont très marquants historiquement. Je n'ai pas souvenir d'un président de la République sortant qui soit crédité de sondages d'intentions de vote inférieurs à 10%. Le socle de départ est tout de même extrêmement bas. On peut avoir un effet de remontée suite à l'annonce de la campagne et la mise en branle de toute la machine politique et médiatique derrière, mais François Hollande partira quoi qu'il arrive d'un niveau de départ extrêmement bas.

Quel effet pourrait avoir l'annonce officielle de la candidature de François Hollande sur les intentions de vote portées sur sa personne, notamment auprès d'électeurs "légitimistes" ? Pourrait-on assister à un certain effet de "boost" ?

Il y a en effet dans un tel cas de figure une remontée en général. Pour François Hollande, celle-ci pourrait cependant être quelque peu limitée en volume. Cela s'explique aisément par le fait qu'il n'est aujourd'hui un secret pour personne que François Hollande souhaite ardemment se représenter. Beaucoup de Français ont déjà intégré cela. Un récent sondage de l'Ifop montrait que 13% des Français souhaitaient que François Hollande soit candidat, mais que plus de 70% pensaient qu'il le serait. L'effet de surprise peut entraîner un certain ralliement, mais pour Hollande cet effet sera sans doute assez mince.

Les précédents montrent qu'il y a une petite remontée passagère, mais qu'ensuite, la campagne reprenant ses droits, les choses se tassent un petit peu. Surtout que François Hollande est dans une passe politique très compliquée (candidature officialisée d'Emmanuel Macron, ambition plus ou moins cachée de Manuel Valls d'y aller à sa place…). Il devrait se prononcer aux alentours de la période des fêtes de fin d'année, et lorsque nous reviendrons de cette période, nous serons de plein pied dans la campagne de la primaire socialiste. Il devra alors faire face à des concurrents de sa propre famille politique qui ne l'épargneront pas – je pense notamment à ceux qui viennent des rangs de la gauche du PS, qui n'auront de cesse de mettre en lumière les insuffisances, les renoncements et les échecs de son quinquennat.

Le dernier exemple qui me vient à l'esprit ici est celui de Nicolas Sarkozy en 2012. Il s'était annoncé très tardivement lui aussi, sans grand suspense. Mais il était ensuite entré pleinement dans une campagne présidentielle. Là, François Hollande rentre dans une primaire interne, où pour exister (et compte tenu de la situation délétère à gauche) ses opposants vont taper très fort sur lui et sur son bilan.

Au-delà de l'annonce de sa candidature, en quoi une éventuelle victoire de François Hollande lors de la primaire de la gauche pourrait-elle elle aussi booster le Président sortant dans les sondages ?

Cela peut donner une certaine dynamique, mais encore une fois il part d'un niveau extrêmement bas. Au niveau auquel il est aujourd'hui, il est très loin d'être qualifié pour le second tour (derrière Emmanuel Macron, derrière Jean-Luc Mélenchon). Si la primaire est remportée par François Hollande, cela peut lui permettre d'avoir un certain allant et de recoller aux basques des autres candidats de la gauche. Cela lui permettrait peut-être d'être dans la course avec la gauche, mais cela ne le qualifie pas pour le second tour, loin s'en faut...

Et puis, tout dépend aussi de la façon dont il gagne cette primaire. Est-ce qu'il la gagne à 60-40% ou à 51-49% ? Ce n'est pas le même boost qui s'ensuivrait…

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