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“Sarkhollandisation” évoquée par Bayrou : la faute à qui ?
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Et moi, et moi, et moi

“Sarkhollandisation” évoquée par Bayrou : la faute à qui ?

François Bayrou a dénoncé la bipolarisation de la campagne présidentielle qu'il estime trop centrée sur les candidats de l'UMP et du PS. Mais le candidat béarnais est-il victime d'un effet médiatique ou de ses propres insuffisances ? Les réponses du porte parole du MODEM, Yann Wehrling.

Yann  Wehrling

Yann Wehrling

Yann Wehrling est conseiller régional IDF, Fondateur du Parti de la Nature et ancien Secrétaire national des Verts. 

 

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Atlantico : François Bayrou a dénoncé ce vendredi une "sarkhollandisation" du débat politique. Quel est précisément le sens de ses propos ?

Yann Wehrling : Depuis plusieurs semaines, une sorte de connivence se fait jour. Une connivence entre les principaux médias et les deux candidats Hollande et Sarkozy d'une part, et une connivence entre les deux candidats en question qui ont tout intérêt à installer dans les esprits une inéluctabilité de ce duel. Ces derniers jours, ceci a pris un tour inquiétant pour le débat démocratique puisque l'audience consacrée à ces deux candidats frôle les 100%. Le terme d'équité n'a strictement plus aucun sens. Les médias n’ont rien appris de ce qui s’était passé lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Même si nous nous étions prononcés pour ce Traité, reconnaissons qu’à l’époque, les Français ne se sont pas laissé dicter leur conduite. Les mêmes causes ayant les mêmes effets, les Français ne se laisseront pas imposer ce diktat d’un duel annoncé.

N'est-ce pas naturel d'évoquer largement ces derniers jours Nicolas Sarkozy et François Hollande, sachant que le premier est le président de la République qui vient d'annoncer sa candidature, et le second le candidat du principal parti d'opposition de France ?

Non. La présidentielle est précisément l’élection qui doit permettre de redéfinir le paysage politique, tout le monde part sur un pied d’égalité et rien ne justifie cette "prime" de départ pour certains concurrents. Les Français sont seuls juges de ce qui est mieux pour eux. PS et UMP, au pouvoir au plan local ou national, depuis plus de 30 ans, étouffent la pluralité. C’est d’autant plus étouffant que les deux sont d’accord sur un point fondamental : ne pas dire la vérité aux Français soit par des illusions soit par des diversions. Dans cette période de crise, il faut pourtant un message et un programme de vérité. François Bayrou, de l’aveu même d’une majorité d’économistes, est le seul à proposer un projet sérieux de désendettement et de redressement de l’économie.

Cette "sarkhollandisation" n'est-elle pas en partie de votre fait : n'est-ce pas avant tout à vous de faire en sorte d'exister médiatiquement ?

Nous avons une existence extraordinaire en réalité si on tient compte du fait que nous ne combattons pas à armes égales. Amitiés dans les médias, moyens parlementaires, moyens gouvernementaux, moyens des collectivités locales… tout cela au service de la campagne du PS et de l’UMP. C’est considérable et c’est aussi cela que nous remettons en cause… que nous mettons en danger.

Quelle différence entre la "sarkhollandisation" dénoncé par François Bayrou et le "système UMPS" dont parle Marine Le Pen ?

Il est vrai que ce système est si oppressant et si créateur de manque de réformes de fonds qu’il a pu susciter un sentiment de révolte exprimé au travers des idées du FN. Mais précisément, cette remise en cause de cette bipolarisation peut et doit avoir une autre issue. Nous formulons une offre d’un vrai changement dont l’issue est républicaine et pacifiante de la société alors que – est-il besoin de le préciser ? – l’offre politique du FN conduirait à de terribles déchirements de la société française.

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