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La France, victime de l’État français
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Toulon

La France, victime de l’État français

Nicolas Sarkozy a fait une bonne analyse de la crise de la dette européenne et américaine, en oubliant cependant que lui-même n’a pas suivi les propositions qu’il avance.

Juan Pedro  Quiñonero

Juan Pedro Quiñonero

Juan Pedro Quiñonero est journaliste. Il est correspondant en France du journal conservateur espagnol ABC.

Auteur d'une vingtaine de livres.

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La dette française a inexorablement continué d’augmenter pendant la présidence de Sarkozy, confirmant la tendance ininterrompue depuis1981. Les réformes entreprises durant les quatre dernières années sont peut être significatives, mais l’importance de la dette n’a cessé de grandir…

Aucun État européen n’a sans doute respecté scrupuleusement les promesses du premier Pacte de stabilité, mais la France (sous Chirac) et l’Allemagne (sous Schröder) furent les premiers à dynamiter la discipline commune. Dix ans plus tard, l’Allemagne de Merkel continue d’exiger la règle d’or budgétaire depuis plusieurs années tandis que le président Sarkozy continue de repousser son instauration promise, maintenant, pour le printemps prochain...

Il est évident qu'une implosion de la monnaie unique serait un coup fatal pour la construction politique de l'Europe. Mais cela fait des mois et des mois que l’Union européenne n’applique pas les promesses qui devaient renforcer la solidité de l’euro. Les États européens -France en tête- continuent jour après jour de promettre des réformes qui tardent à venir alors qu’ils n’arrêtent pas de s’endetter à des taux toujours plus élevés.

Devant une telle catastrophe, aggravée par la faute de crédibilité des États européens, le président Sarkozy a proposé "refonder" l’Europe … une proposition "épique" qui relève de l’illusion: "refonder" l’Europe aurait besoin de mois de complexes négociations, alors que les dettes continueraient d’exploser.

Les calculs politiciens du président sortant n'échappent à personne : il s’agit d’utiliser la crise contre l’opposition socialiste en proposant des solutions et des projets que lui-même n’a pas mis en place. Peut-être en effet que la crédibilité, ou le manque de crédibilité des candidats face à la crise, est désormais déterminante pour la campagne présidentielle.

De ce point de vue, le marché politique français oscille entre la décadence brutale et archaïque de Marine Le Pen, la décadence plus soft de François Hollande et le risque de la décadence "gesticulante" de Sarkozy.

En 2007, Sarkozy fut élu après avoir promis une rupture avec l’immobilisme de gauche (Mitterrand) et de droite (Chirac). Quatre ans plus tard, Sarkozy encourt le risque d’incarner lui-même une sorte de déclin tranquille. Ses discours sont rhétoriquement corrects, ses analyses pointent du doigt le cancer national (le bien-être payé à crédit) mais ses promesses de la dernière campagne n’ont pas été tenues.

La France repousse les réformes de cet État "carnivore". Bien que les français gèrent bien leurs économies personnelles, ils sont victimes de la mauvaise gestion de l’État qui dépense trop et à mauvais escient, le tout en hypothéquant le futur de la France. C'est cette dette qui dévore la crédibilité nationale, avec un triple A menacé par les agences de notation internationales.

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