France 2025 : comment Hollande, capitaine de pédalo, a voulu devenir capitaine au long cours | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
François Hollande quitte le pédalo (illustration)
François Hollande quitte le pédalo (illustration)
©REUTERS/Toby Melville

Il ira loin

France 2025 : comment Hollande, capitaine de pédalo, a voulu devenir capitaine au long cours

Le président de la République est un visionnaire. Il voit loin, très loin. Cap sur 2025 !

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

La France allait mal. Et François Hollande ne se sentait pas très bien. Le chômage était au plus haut. Le déficit budgétaire aussi. Et la popularité du chef de l’Etat était, elle, au plus bas. Mais ce qui rongeait le plus François Hollande, ce qui lui causait d’indicibles souffrances c’était le qualificatif que lui avait décerné ce salopard de Mélenchon : "capitaine de pédalo".

Il en avait perdu le sommeil. Et chaque nuit c’était le même cauchemar. Il pédalait, pédalait et pédalait encore. Et le pédalo n’avançait pas. Un psy consulté par lui, lui suggéra de se projeter vers l'avenir  pour échapper à ce Golgotha nocturne. Hollande trouva ce conseil utile. Il pensa à la fin de 2013. Pas bon : tout ce qu’il avait annoncé et promis pour cette année-là était d’ores et déjà démenti par toutes les prévisions. 2014 ? Impossible de rêver : ce serait pire encore. Alors 2017 ? L’horreur d’un échec électoral le laissa pantelant et abattu.

C’est alors que Valérie, émue par sa tristesse, l’interpella. Elle était futée et connaissait ses classiques. "Mais François sais-tu combien d’années a duré le voyage d’Ulysse ? Fais comme lui. Vois loin, très loin". Dans ses jambes fatiguées par des nuits de pédalages, il sentit  comme des fourmis. Oui, il braverait les sirènes et triompherait du Cyclope. Néanmoins anxieux il s’adressa à sa compagne : "Et toi, ma Pénélope, tu m’attendras ?". Valérie répondit par un sourire énigmatique.
Dès le lendemain, Ayrault fut convoqué et se vit confier la mission de faire plancher ses ministres sur l’horizon 2025. Une date totalement désintéressée car Hollande ne serait plus alors président de la République. Ainsi le peuple français ne pouvait que s’incliner, admiratif, devant un tel choix, preuve absolue de l’abnégation de François Hollande. Dans l’attende du résultat de conciliabules ministériels de doux rêves prirent chez lui la place des cauchemars. Partout, sur toutes les places de France, s’élèveraient des statues à la gloire de "François, le visionnaire". A la « Une » de tous les journaux de gros titres proclameraient : "Hollande, l’homme du futur". 

Les ministres ayant consciencieusement travaillé. Ayrault revint à l’Elysée. "Alors ? En 2025 quoi ?" demanda Hollande, impatient. La réponse tint en une phrase. "En 2025, monsieur le Président, vous aurez 71 ans" ! Il faudrait la fougue romantique d’un Victor Hugo ou les sombres accents d’un Lautréamont pour dépeindre le désespoir du chef de l’Etat. La vision était horrible. Il siégerait au Conseil constitutionnel aux côtés de Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing (champions du cinquième âge) ronflants et somnolents. Et, pire encore, Nicolas Sarkozy, un peu plus jeune que lui, lui lancerait des boulettes de papier. Alors François Hollande se rendit dans ses appartements. Il enfila un bermuda à fleurs, chaussa des tongs et se fit conduire au lac d’Enghien. Là, il loua un pédalo.

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Eyrolles éditions), 2013Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !