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Davos : la crise fait-elle 
peur aux "maîtres du monde"?
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Ah ça ira, ça ira...

Davos : la crise fait-elle peur aux "maîtres du monde"?

Le Forum économique mondial de Davos accueille cette semaine des responsables politiques et économiques du monde entier. A l'ordre du jour : remédier au défaut de gouvernance globale et faire face aux "risques globaux". Loin des éloges de la mondialisation qui ont toujours été au menu de ce genre de forum...

François  Leclerc

François Leclerc

François Leclerc est chroniqueur de "L'actualité de demain" sur le blog de Paul Jorion ainsi que dans La Tribune.

Il est également l'auteur de "Fukushima, la fatalité nucléaire", aux éditions "Osez la République sociale!".

Le suivre sur Twitter.

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Que vont bien pouvoir penser les invités de la nouvelle édition du Forum de Davos ? Pour répondre à cette question, il faudrait d’abord savoir ce qu’ils vont y dire, ce qui n'ira pas de soi car l’accès aux discussions y est filtrée, dépendant de la couleur de votre badge, le blanc ouvrant toutes les portes. Les journalistes - porteurs de badges oranges - n’ont pas accès à toutes les rencontres, comme si ce qui était important n’était pas destiné à être rendu public, ou comme si les invités ne parlaient vrai que lorsqu’ils étaient certains de ne pas être entendus!

A défaut d’accéder à ces conclaves privés, il est toujours possible de se replier sur le document préparatoire au Forum intitulé “Global Risks 2012”, la 7éme édition de l’analyse d’une compilation d’entretiens dont l'objet est de rendre compte de l’état du monde. Non pas seulement pour le constater, mais pour en bons managers l’anticiper.

L’approche est significative d’une certaine vision anxiogène du monde, dans l’air du temps, qui met l’accent sur les dangers. Une méthode éprouvée de gouvernement. Cinq domaines sont tour à tour explorés pour identifier les périls qui nous menacent : l’économie, l’environnement, la géopolitique, les faits sociétaux ou technologiques. A l’arrivée, les résultats sont somme toute assez conventionnels, accordant le plus d’importance à des thèmes rabâchés dans l’actualité. Finalement inquiétante ou rassurante, selon le point de vue d’où l'on se place, l’idée majeure en ressortant est qu’il existerait “un défaut de gouvernance globale”, avec comme sous-entendu l’idée que l’élite rassemblée à Davos pourrait être là pour y remédier…

Il y a comme un parfum de “futurologie” dans ce rapport dont le premier cas étudié est intitulé "Les graines de la dystosie”. Un terme nécessitant l’emploi du dictionnaire et renvoyant à George Orwell et son 1984, ou Aldous Huxley et son Meilleur des mondes; deux descriptions de mondes où le bonheur n’est pas parfait, des anti-utopie en quelque sorte. Quant à lui, le rapport explique qu’une dystopie est ce qu’il advient quand ce que l’on a cherché à bâtir tourne involontairement au vinaigre. Peut-être en référence implicite à l’ode à la mondialisation sur laquelle le Forum a toujours surfé et dont on voit aujourd’hui les effets.

Est évoquée “une société qui continue de semer les graines de la dystosie - faillissant à la prise en charge des populations âgées et au chômage des jeunes, aux inégalités montantes et aux déséquilibres devant l’impôt -  qui ne peut attendre des années à venir que de grands troubles et une forte instabilité”. Un thème que le FMI et l’OCDE, peu suspects de sensiblerie dans ce domaine, ont déjà abordé.

Depuis Davos, l’heure va-t-elle sonner afin qu’une problématique humaine se glisse dans ce monde qui ne résonne que de données inquiétantes ou d’accès d’affliction, quand il est trop tard ? Dans le contexte de la crise qui perdure, où la combattre est faite de sacrifices imposés, ce serait se faire des illusions. Les lecteurs d'alphaville, le blog pointu du Financial Times consacré à la haute finance, ont à la demande de ses journalistes voté pour dénommer la crise actuelle. La "grande dépression" étant déjà prise, la "grande perdition" l'a emporté.

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