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Le Real Madrid a remporté l'édition 2022 de la Ligue des champions au Stade de France face à Liverpool.
Le Real Madrid a remporté l'édition 2022 de la Ligue des champions au Stade de France face à Liverpool.
©FRANCK FIFE / AFP

Sacre européen

Finale Ligue des Champions Liverpool/Real Madrid : 0/1 Le Real champion d'Europe !

Au bord du précipice lors des tours précédents, les madrilènes ont su une nouvelle fois mieux souffrir que les autres pour remporter leur 14e Ligue des Champions. Grâce à un but de Vinicius et sauvés à de nombreuses reprises par un Thibaut Courtois héroïque, ils sont, ce matin, sur le toit de l'Europe.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Avec d'un côté le Liverpool de Klopp, spectaculairement tourné vers l'attaque, et de l'autre un Real Madrid lazaréen porté par un ballon d'or français en puissance, cette finale de Ligue des Champions avait une gueule folle. En l'absence d'un club français à ce stade de la compétition, ce que le téléspectateur gaulois pouvait attendre d'une telle confrontation tenait en peu de mots : du spectacle, du romanesque, des buts, du suspense et... chauvinisme oblige, une belle prestation de Karim Benzema... Histoire de permettre à celui qui porte le Real sur ses seules épaules de se voir décerner un Ballon d'Or amplement mérité...

Autant vous l'avouer, le téléspectateur gaulois a été un tantinet déçu. Car dans ce stade d'autant plus magnifique qu'il est le nôtre, le moins que l'on puisse écrire est que la fête fut gâchée d'emblée par un coup d'envoi reporté de 36 mn. Oui, c'est très long 36 mn. Vous me direz, cet attentat à plus d'heures, la faute à qui ? D'abord à des hordes d'énergumènes sans billets, et pourtant bien décidés à s'introduire de force, qui ralentissaient l'accès en tribune... Ensuite à une organisation défaillante incapable de gérer les mouvements de foule, le double filtrage aux guichets et l'exaspération bien légitime de milliers de possesseurs du précieux sésame qui poireautaient devant les grilles. Honteux ? Inconséquent ? Inquiétant ? Oui, surtout quand on sait que les Jeux Olympiques se profilent à l'horizon.

Heureusement que l'essentiel est ailleurs. Et l'essentiel, c'est qu'une équipe, une VRAIE équipe, a été sacrée. Et ce, tenez-vous bien, pour un 14e triomphe dans la plus belle des compétitions de clubs. Cette équipe, cette grande équipe, c'est le Real Madrid.

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Dire que ce triomphe vient de loin est un euphémisme. Car comment ne pas rappeler que les madrilènes ont étés proches de l'élimination contre le PSG, Chelsea et City ? Comment ne pas se souvenir que tout un groupe, véritablement assigné à résilience, a su revenir de tout, tout au long de l'aventure, en multipliant des miracles qui n'en étaient peut-être pas ? Enfin, comment ne pas insister sur la domination des joueurs de Liverpool durant la majeure partie de la finale ? 

Chers lecteurs, croyez-bien que pour réaliser de tels exploits, pour répéter de telles performances et fabriquer autant de vertiges, le niveau de jeu, la science tactique et la performance physique ne suffisent pas. Il faut encore beaucoup d'autres choses... Qu'on appelle ces choses abnégation, don de soi, sens du sacrifice, détermination, solidarité, supplément d'âme ou, que sais-je encore, ne change rien à l'affaire puisque ces élans-là ne trouvent leur origine que dans la région du cœur. C'est certainement pour cela qu'au moment toujours délicat de dresser les bilans ou de trouver des explications, finalement, il est vraiment difficile de définir cette équipe tant les champions qui la composent empilent les qualités et les vertus mentionnées plus haut. 

Comme je suis payé grassement pour vous fournir des explications, il faudrait tout de même que je me lance... Mais par où commencer ? Peut-être en commençant par le fait que tout un groupe a prouvé hier soir, une fois de plus, que la défense est d'abord l'affaire de chacun avant d'être l'affaire de tous ? Peut-être en vous disant aussi qu'il est frappant de constater, chez ce Real Madrid, combien chacun se donne, se livre, galope, tacle ou saute sans compter, dans la plus salutaire des urgences, afin d'éviter le pire ? Ou encore en insistant sur le fait que dans ce puzzle vivant, chacun semble être une pièce dont le subtil agencement est orchestré par l'entraîneur ? Un agencement qui aboutirait à une œuvre organique, aussi intense que cohérente, laquelle formerait un ensemble élaboré qui va bien au-delà des unités qui le composent ? Je vous l'accorde, c'est un peu alambiqué.

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Finalement, pour aller au plus simple, le mieux, c'est de vous dire que ce Real Madrid, par la solidarité inlassable qu'il démontre, est tout simplement la définition même de ce qu'est, ou de ce que devrait être, une équipe.

Vous me direz, que serait une équipe sans ses murs porteurs les soirs de grandes finales ? Pas grand-chose certainement. Et il faut aussi ajouter que hier soir, pour remporter sa 4e C1 (un record), Carlo Ancelotti a pu compter sur un gardien exceptionnel, un défenseur possédé, un buteur obstiné, un coureur infatigable et un Ballon d'Or en puissance.

Le gardien, ce fut Thibaut Courtois, l'immense Courtois, lequel s'est montré tout simplement IN-FRAN-CHI-SSABLE tout au long de la partie. Avec au moins trois parades fantastiques (neuf arrêts au total) le Belge a tout simplement écœuré successivement Salah, Mané, Jota, et toute l'Angleterre sur les trois derniers mois. Son bilan ? Le match parfait, le jour J.

Le défenseur possédé, ce fut Carvajal, tant ce travailleur increvable, inaltérable et certainement ignifugé, a mis, et encore plus que les autres, du corps à l'ouvrage. Pour tout cela et puisqu'il est à l'origine du but, on peut dire de son match qu'il fut exemplaire.

Vous vous doutez bien que Vinicius, seul buteur du match (59e), est le buteur obstiné... Longtemps en difficulté hier soir et longtemps privé d'occasion, ce dribbleur hors pair a su attendre son heure avant de frapper. Ce qui m'amène à considérer qu'entre ce grand buteur et nous, au fond, il n'y a pas une grande différence : lui aussi, il fait comme tout le monde, il tire quand il peut !

Le coureur infatigable, évidemment, c'est Valverde. Quelle générosité ! Quelle énergie ! Et surtout une passe décisive exceptionnelle pour Vinicius. Après une telle débauche d'énergie, inutile de vous dire qu'il a fini sur les rotules, les narines dilatées et les yeux comme deux sacs de linge sale.

Pour finir, le Ballon d'Or en puissance, c'est évidemment Karim Benzema. Même s'il a été moins convaincant hier soir (un but refusé pour hors-jeu obscur à la 43e), avec cinq victoires en C1 (record pour un joueur français), un titre de Champion d'Espagne, 15 buts marqués en coupe d'Europe et 49 buts inscrits toutes compétitions confondues, on ne voit pas très bien qui pourrait lui contester la plus grande distinction individuelle du sport le plus populaire qui soit. Et quel parcours mes enfants ! Quel destin pour le capitaine du Real ! Car si ce triomphe Européen est celui d'un joueur entre deux âges (mais pas exactement au milieu), il est aussi celui d'un homme passé du statut de banni à celui d'idole en son pays en... deux ans. Rien que ça. Parce qu'il aura été le baromètre de son équipe tout au long de la saison, le moins que l'on puisse écrire, c'est que lorsque ce Real s'exprime, c'est avec l'accent français. 

Puisqu'il faut conclure (dites-vous bien qu'il est fort tard quand j'écris ces lignes et que je suis crevé) quelle morale retenir ? D'abord que, comme souvent, les finalistes, tenaillés par l'enjeu, n'ont pas proposé un niveau de jeu et un spectacle inoubliables... Et ensuite que grâce à un état d'esprit unique et une foi singulière, une équipe quasiment battue trois fois l'a emporté sur une autre qui n'avait jamais été inquiétée. L'histoire est belle non ? Le chauvin que je suis, lequel n'est jamais fâché de voir les Anglais échouer, vous quitte en ayant une pensée compatissante pour l'équipe perdante : qu'elle se rassure, dans le football moderne, et a fortiori pour les clubs les plus riches, la vie reprend toujours le déchu.

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