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Aujourd’hui, la jeune génération a beaucoup d’hésitation à se lancer dans l’aventure conjugale. L’animal est quant à lui d’une fidélité sans faille qui peut s’avérer rassurante.
Aujourd’hui, la jeune génération a beaucoup d’hésitation à se lancer dans l’aventure conjugale. L’animal est quant à lui d’une fidélité sans faille qui peut s’avérer rassurante.
©Flickr / Gilles Chiroleu

Vieux garçons

Fin d’un stéréotype : les hommes de la génération Y possèdent désormais plus de chats que les femmes

Face à la solitude, de plus en plus de jeunes hommes adoptent des animaux de compagnie. Un phénomène qui s'explique en partie par la précarité à laquelle est confrontée la génération Y.

Michel Fize

Michel Fize

Michel Fize est un sociologue, ancien chercheur au CNRS, écrivain, ancien conseiller régional d'Ile de France, ardent défenseur de la cause animale.

Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont La Démocratie familiale (Presses de la Renaissance, 1990), Le Livre noir de la jeunesse (Presses de la Renaissance, 2007), L'Individualisme démocratique (L'Oeuvre, 2010), Jeunesses à l'abandon (Mimésis, 2016), La Crise morale de la France et des Français (Mimésis, 2017). Son dernier livre : De l'abîme à l'espoir (Mimésis, 2021)

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Atlantico.fr : Aux Etats-Unis, les jeunes hommes de la génération Y adoptent désormais plus d'animaux domestiques que les jeunes femmes, selon une nouvelle étude (voir ici). Selon vous, comment expliquer, d'un point de vue sociologique, que les hommes de la génération Y ont tendance à adopter plus d'animaux domestiques que les femmes ?

Michel Fize : Nous sommes dans une société qui a peur de l’engagement, et particulièrement de l’engagement affectif dans une vie de plus en plus longue. Aujourd’hui, la jeune génération a beaucoup d’hésitation à se lancer dans l’aventure conjugale. L’animal est quant à lui d’une fidélité sans faille qui peut s’avérer rassurante. Nous pouvons compter sur lui, il nous écoute et nous obéi, nous pouvons le contrôler tout en exerçant une forme de responsabilité. L’animal joue un rôle affectif dans nos vies, qui peut différer entre les hommes et les femmes. L’animal donne à l’homme un sentiment de possession et de responsabilité sans dangers. Un chien accepte ce que nous lui disons, l’homme peut ressentir un certain contrôle envers lui. Chez la femme, l’animal se place beaucoup plus du côté de la sensibilité, de l’affectif.

Les trois quarts des Américains ayant la trentaine ont des chiens, tandis que 51% ont des chats, selon un sondage publié par le cabinet de recherche Mintel. D'après un autre récent sondage, (voir ici), 52% des Français adoptent un animal pour "recevoir de l’affection", et 11% pour "combler la solitude". Comment expliquer que la génération Y soit à ce point malheureuse par rapport aux autres générations ?

La génération Y est maltraitée du point de vue de l’emploi, du chômage, de la précarité (...). Face à ça, les jeunes ont besoin de se sentir utiles. Posséder un animal, c’est avoir le sentiment de pouvoir remplir un rôle en ayant un compagnon de proximité. L’animal nous rassure en nous ramemant aux choses essentielles de la vie : il a un schéma de vie simple. Certaines personnes trouvent ce réconfort avec des chiens, d’autres avec des chats ; il s’agit de préférence personnelle et d’harmonie.

Plus globalement, au vu des évolutions sociologiques de la société, y a-t-il des générations plus susceptibles que d'autres d'adopter des animaux de compagnie ?

Il y a des sociétés qui ont une grande proximité avec des chiens et des chats. Dans un pays comme la Chine où l’on massacre tous les ans lors d’un festival 10 000 chiens pour les manger, les jeunes ne sont peut être pas très enclins à l’adoption d’un animal de compagnie. Nous avons, à travers le monde, des sensibilités culturelles différentes par rapport aux animaux. La France est actuellement l’un des pays au monde où la population possède le plus d’animaux de compagnie. Il y a presque autant d’hommes que d’animaux en France, entre 63 et 67 millions. Si nous aimons en France beaucoup les animaux de compagnie, il y a malgré tout beaucoup d’abandons, environ 100 000 par an dont 60 000 tous les étés. Le fait de vouloir s’attacher à un animal de compagnie ne veut pas dire que nous n’allons pas l’abandonner par la suite. Les jeunes qui sont très isolés, en manque affectif, vont trouver dans l’animal un soutien et un réconfort. Nous sommes aujourd’hui à l’heure du constat et pas encore de l’analyse de ce sujet.

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