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Pourquoi les Français devraient 
davantage aimer leur entreprise...
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EDITORIAL

9ème édition de la fête des entreprises jeudi. A cette occasion, une enquête Opinion Way montre que depuis la crise financière de 2008, les salariés français aiment de moins en moins leur boite. Un problème national ?

Alain Renaudin

Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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Si les salariés français sont certes toujours majoritaires à déclarer aimer leur boite (64%), cette adhésion s'effrite significativement depuis l'émergence de la crise, avec un taux qui est passé de 79% en 2008 à 73% en 2009, 69% en 2010 puis finalement 64% cette année, soit 15 points de perte en 3 ans. Et ce taux se situait toujours au-dessus de 70% depuis la mise en place du baromètre en 2003.

La crise a donc fragilisé le lien entre les salariés et leur boite, et c’est très préoccupant car cette adhésion, cette mobilisation interne, est une des clés de la sortie de crise, qui nécessiterait au contraire d'intensifier ce lien, cette envie d’entreprendre. C’est un enjeu national car si les entreprises ont intérêt à remobiliser leurs troupes, la nation toute entière aussi. La performance nationale n’est en effet autre chose qu’une somme de performances individuelles, et notamment entrepreneuriales, en ces temps où la sphère publique, quoi qu’on en dise, aura certainement peu les moyens de se développer et de soutenir l’activité. Cette érosion est donc un mauvais signe qui doit être combattu tant au niveau politique qu’économique, on a tous intérêt à aimer nos boites.

Le repli sur soi, la pire des attitudes

Cet intérêt à aimer nos boites est valable tant sur le plan économique que personnel. Les relations sociales à l’intérieur de l’entreprise (entendre également établissements publics) sont bien entendu un déterminant essentiel du bien-être et de l’épanouissement personnel, qui lui-même impacte sur l’enthousiasme et la motivation.

Le risque de récession, l’érosion de cette fameuse « confiance » dont on parle, ne sont que les conséquences d’un risque de perte de confiance « en soi » avant tout, un risque de morosité, de manque d’initiative, d’innovation. Les managers ont cette responsabilité, pour à la fois insuffler cohésion et esprit d’équipe, et encourager, reconnaître et libérer les initiatives individuelles.

Dans l’adversité, le repli sur soi, la recherche de préservation des acquis à tout prix, est la pire des attitudes. Les politiques ont donc également cette responsabilité. Ils ont tout intérêt au bien-être des entreprises, et dans l’entreprise, alors qu’ils sont perçus par 66% des salariés français interrogés comme les « ennemis » des entreprises ! Il y a là aussi une révolution culturelle essentielle qui reste largement à parcourir pour que, de part et d’autre, le politique reconnaisse véritablement un partenaire dans l’entreprise, et que l’entreprise sorte de ses intérêts nombrilistes et court-termistes et prenne pleinement en compte sa responsabilité sociétale.

Car tout est lié, et c’est un autre enseignement majeur de l’enquête : on avait l'habitude d'aimer sa boite davantage que les entreprises, cela s'atténue très nettement. L'écart se resserre en effet entre son vécu personnel et la perception moyenne ressentie auprès de la population française : son ressenti personnel est proche de la perception que l'on a de la relation entre la société et les entreprises, et ce rapprochement des courbes se fait par un alignement à la baisse. Ce découplage entre situation personnelle et ressenti collectif, classique en études d’opinion, peut paraître paradoxal (contradictoire diraient certains), il était surtout salutaire. Cette bulle personnelle (celle-ci positive) qui donnait le sentiment de pouvoir s’en sortir au milieu des difficultés ambiantes est percée, et peut donner le sentiment anxiogène et fataliste d’être rattrapé par la vague. Encore davantage que la perte de confiance envers les autres, le risque c’est la perte de confiance en soi.

Esprit d’équipe, cohésion face à l’adversité, confiance et esprit d’initiative, voire folie à la française pour d’autres « essais du bout du monde », c’est tout ce qu’on souhaite au XV de France, all whites face aux all blacks, allez les Bleus ! 

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