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A Marseille, un rabbin a reçu trois coups de couteau dans le ventre.
A Marseille, un rabbin a reçu trois coups de couteau dans le ventre.
©Reuters

Urgences psychiatriques

Faut-il être déséquilibré pour poignarder un rabbin ?

Pas nécessairement. Mais ça aide…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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A Marseille donc, un rabbin a reçu trois coups de couteau dans le ventre. L’agresseur a hurlé quelques insultes anti juives et a continué ses vociférations antisémites après avoir été maîtrisé par les policiers. On ne sait pas grand chose de lui. Sinon qu’il était, selon l’expression consacrée, “connu des services de police” pour des faits de violence. Et que selon le procureur de la ville il s’agit d’un individu “ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales”. Un déséquilibré à l’évidence.

Dans le Figaro qui relate l’affaire, les commentaires sont unanimes. On dit “déséquilibré”, se plaignent les lecteurs, de certains qu’on ne veut pas nommer… Mais on ne dit pas “déséquilibré” pour un raciste blanc qui rentre avec un sabre dans une école suédoise. “Déséquilibré” ? Les lecteurs du Figaro rigolent doucement. 

Pour ma part, je veux bien admettre que l’agresseur du rabbin soit un “déséquilibré”. Bien que hurler des insultes antisémites me paraît être un signe tangent d’équilibre tant ça se dit et ça se répète dans certains coins de France. Mais -réfléchissons un peu- tous les déséquilibrés ne se ressemblent pas. Ils ont leurs spécificités et leurs singularités. Un déséquilibré catholique (il y en certainement autant que chez les musulmans) ne se pointe pas avec un couteau devant une mosquée au moment de la prière du vendredi. Un déséquilibré juif (tout aussi nombreux) ne cherche pas avec une arme blanche à égorger un imam. Et que dire des déséquilibrés bouddhistes, orthodoxes et autres ? 

Chacun est fou à sa façon. Tous les déséquilibrés ne se shootent pas avec des vidéos montrant des Palestiniens attaquant au couteau des Israéliens. Tous les déséquilibrés ne passent pas des heures devant les images des égorgeurs de Daesh pour aller ensuite trancher la tête d’un “Français de souche” (comme quoi on n’en veut pas qu’aux Juifs). Le mot “déséquilibré” est d’un usage douteux. Il vaudrait mieux dire “fanatique” même si on s’abstient de mentionner la religion du dit fanatique. Car pour beaucoup de gens, pas nécessairement mal intentionnés, le mot “déséquilibré” apparaît comme une hypocrisie mensongère. Un peu comme la mention “les prénoms ont été changés” au bas de certains articles décrivant un fait divers particulièrement révoltant.

Une discipline hélas peu connue, l’ethno-psychiatrie, permet de cerner assez bien les problèmes d’un individu en le replaçant dans son contexte culturel, religieux et ethnique. Un déséquilibré inuit, alcoolisé de surcroît, ne verra pas contrairement à l'éthylique bien de chez nous, des éléphants roses mais peut être des phoques de la même couleur… Plus sérieusement, les manifestations pathologiques d’une névrose chez un Birman auront sans doute un autre aspect que chez un habitant de la Bavière. Croit-on que les fantasmes sexuels d’un guerrier massaï soient identiques à ceux d’un bédouin du désert ? Et un déséquilibré juif hurlera très facilement que le Messie vient d’arriver alors qu’un déséquilibré catholique sait que le Messie est arrivé il y a plus de 2000 ans.

Essayons d’en rester là. Car je ne veux, bien sûr, stigmatiser aucun groupe humain. Mais la vérité est quand même plus forte que mes pudiques réticences. J’ai à la maison “Le petit livre vert” de l’ayatollah Khomeini . Un ramassis parfaitement immonde de préceptes supposés islamiques. Comment déféquer ? Dans quelle direction (jamais dans celle de la Mecque) ? Comment forniquer ? Avec combien de femmes ? Dans quelle position et à quel moment ? C’est à vomir. L’ayatollah Khomeini n’était pourtant pas un déséquilibré. Freud n’aurait pas été de cet avis. Mais nul n’ignore qu’il était juif. 

A lire également, du même auteur : Comment je suis devenu un sale français, publié aux Editions Du Rocher.

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