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Grèce, Italie... Les dettes souveraines 
au bord du gouffre
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L'euro et l'Europe en danger

Grèce, Italie... Les dettes souveraines au bord du gouffre

Il n'y a pas que la Grèce à être surendettée, menaçant de ne pouvoir rembourser. L'Italie donne aussi des signes d"inquiétude, sa note a d'ailleurs été dégradée par Standard & Poors... Les banques européennes, et françaises, sont en première ligne.

Daniel Tourre

Daniel Tourre

Daniel Tourre est notamment l'auteur de Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants (Tulys, 2012) et porte-parole du "Collectif Antigone". 

 

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Alors que de plus en plus ouvertement, des responsables européens admettent que l’Etat grec se dirige soit vers une sortie de l’Euro, soit vers un défaut partiel de sa dette, S&P en abaissant la note de l’Etat Italien vient de rappeler que le cauchemar grec n’est que l’apéritif de ce qui attend l’Europe dans les prochains trimestres.

L’exposition des banques européennes à la dette Italienne est considérable. Un défaut même partiel de la dette de l’Etat grec pourrait déjà les mettre à genoux, avec l’Etat Italien, nous changeons d’ordre de magnitude. Les obligations de l’Etat italien conservées dans les coffres des banques –en particulier françaises- passent le cap de la centaine de milliards d’euros. La suspension de la cotation de Dexia vendredi 27 mai n’est qu’une première vaguelette de ce qui peut se produire.

Devant ce scénario catastrophe, nous avons droit à deux types de discours.

Les technocrates qui nous proposent de sacrifier notre avenir pour protéger le secteur monétaire et financier tel qu’il est actuellement.

L’extrême gauche et les souverainistes qui nous proposent de sacrifier notre avenir pour protéger l’Etat-nounou tel qu’il est actuellement.

 La vérité est que la seule chose que nous devons protéger est notre avenir .

Le protéger contre le système financier ET contre l’Etat-nounou tels qu’ils sont actuellement.

Un système financier contre notre avenir

Il n’y a pas à sauver des entreprises privées avec de l’argent public. Les pertes doivent être encaissées par ceux qui auraient fait des profits. Cette règle simple de l’économie libérale doit être rétablie pour les banques.

La forte pression consistant à vouloir sauver l’Etat grec à tout prix pour permettre à des banques privées de survivre coute que coute est inacceptable.

Si un Etat fait défaut partiellement entrainant des banques avec lui, les fonds propres de ces dernières doivent être restructurés proprement en rinçant les actionnaires et les créanciers. Des solutions existent pour permettre ces redressements & reprises propres qui épargnent les déposants de ces banques et leurs contreparties.

A l’avenir, le système financier et monétaire doit entrer dans la sphère libérale. C’est à dire :

Respect du droit de propriété des déposants. Lorsque vous laissez votre voiture dans un parking privé qui fait faillite durant la nuit, votre voiture vous appartient toujours le lendemain même si le parking est saisi. A contrario, vos dépôts ou les trésoreries sont eux emportés avec la banque en faillite –mise à part une assurance peu fiable. La confusion des droits de propriété entre les déposants et les banques est une anomalie spécifique à ces entreprises qui doit être supprimé.

 Respect du droit à la liberté. La protection d’une monnaie saine passe par la liberté de contractualiser, d’épargner, de payer dans une autre monnaie que la monnaie de singe actuellement diluée par la banque centrale et les banques privées. L’Etat de l’Utah vient de rétablir le 28 avril dernier l’autorisation d’utiliser l’or et l’argent comme moyen de paiement pour protéger les citoyens d’une banque centrale  au service des banquiers de WallStreet. Treize Etats américains envisagent de faire la même chose.

Cette solution, s’inspirant de la vision de l’Ecole Libérale d’économie Autrichienne (Hayek, Rothbard, Mises), permettra une sortie en douceur d’un système monétaire à l’origine de cette crise comme de l’hypertrophie du secteur financier.

Le système bancaire pourra alors à nouveau jouer son rôle indispensable pour la prospérité : mettre face à face l’épargne réelle et les investissements potentiels les plus utiles pour le public.

Un état nounou contre notre avenir

La social-démocratie est depuis longtemps devenue le social-clientélisme : Un arrosage permanent des groupes électoraux les plus rentables au détriment de l’intérêt général et de celui des plus faibles.

Les Etats nounou qui s’effondrent doucement sous nos yeux ne se sont pas endettés parce qu’ils devaient assurer une couverture de santé ou d’éducation à l’ensemble de la population, mais parce qu’ils ont systématiquement choisi d’arroser les problèmes avec de l’argent public plutôt que de les résoudre.

Protéger l’Etat nounou, bouffi, centralisé, monopolistique, rigidifié dans des statuts datant de l’après guerre, ce n’est pas protéger notre avenir  -y compris de ceux qui travaillent pour la sphère publique-, c’est protéger le pouvoir de bureaucrates et d’une classe politique pléthorique et bavarde.

Les peuples Européens ont plus d’avenir que leurs Etats hypertrophiés, la fonte lente ou rapide de ces derniers est une bonne nouvelle et elle ne doit pas être entravée par davantage d’impôts, de dettes ou d’inflation.

La révolution libérale pour notre avenir

Les manifestations des groupes d’extrême gauche sont plus bruyantes mais de même nature que le lobbying feutré des acteurs du système financier : sacrifier notre avenir pour des entités qui ne nous sont ni indispensables, ni irremplaçables dans leur forme actuelle.

L’effondrement progressif du système monétaire et financier actuel, et des Etats nounou, va entrainer des réelles souffrances pour beaucoup de gens et une angoisse pour l’avenir généralisée, mais nous pouvons sortir de cette crise à deux faces par le haut : En restaurant pleinement la liberté et la propriété individuelle, aujourd’hui largement émoussées au profit de ces deux acteurs agonisants.

Cette crise de la dette va rythmer l’actualité en s’amplifiant dans les prochains trimestres, il est temps qu’entre les deux discours convenus se fasse entendre une troisième voix, une voix authentiquement libérale.

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