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Cette étatisation silencieuse qui se cache derrière le passage de la « sécurité sociale » à la « protection sociale » voté par l’Assemblée
©Reuters

En douce

Cette étatisation silencieuse qui se cache derrière le passage de la « sécurité sociale » à la « protection sociale » voté par l’Assemblée

Le Parlement a pu adopter en commission un amendement qui modifie dans la Constitution la sécurité sociale en protection sociale, ce qui "ouvrirait ainsi la voie à l'élargissement du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (qui deviendrait alors le projet de loi de financement de la protection sociale) par exemple à la dépendance.

Philippe Crevel

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Atlantico : Quelle est la portée d'un tel amendement ? 

Philippe Crevel : La portée d'un tel amendement, c'est avant tout de couvrir l'ensemble de la protection sociale. Cela concerne la dépendance, mais également les actions sociales que mènent les départements. Cela peut aussi englober de manière beaucoup plus large les complémentaires santés et voir les supplémentaires en matière de retraite. 

En quoi cette modification pourrait-elle élargir le champ du PLFSS ? Quelles pourraient en être les nouvelles attributions ? 

Cela permettra au Parlement de contrôler l'ensemble des pans sociaux en France que ce soit celle de la sécurité sociale, celle des collectivités locales ou même d'organismes privés. Nous pouvons y voir un aspect positif dans le sens où il y a aura un contrôle démocratique, mais aussi un aspect négatif où l'initiative en matière de progression sociale sera très encadrée par les pouvoirs publics. 

Qu'est-ce que cela pourrait modifier pour les Français ?

Au quotidien, à court terme, ça ne changera pas grand-chose. Mais à moyen terme, l'objectif du gouvernement, c'est l'étatisation de la protection sociale. Avec des contrôles forts du pouvoir central. Les complémentaires, les régimes privés de sécurité sociale seront beaucoup plus encadrés. Ce sera moins porteur d'innovation surtout en matière de retraite et de dépendance.

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