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Et l'air de rien, la Pologne commença à confisquer l'épargne retraite des Polonais
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Decod'Eco

Et l'air de rien, la Pologne commença à confisquer l'épargne retraite des Polonais

Dans l'indifférence générale, la Pologne a confisqué à ses citoyens leurs assurances-vie en euro. Etes-vous bien certain qu'il ne puisse pas se passer la même chose en France ?

Simone Wapler

Simone Wapler

Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).

Elle est l'auteur de "Comment l'Etat va faire main basse sur votre argent: ... et ce que vous devez faire pour vous en sortir !", paru chez Ixelles Editions en mars 2013.

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Après Chypre et le vol partiel des dépôts bancaires, voici la Pologne et la confiscation de l’équivalent des assurances-vie en euro.

L’étau se resserre sur les épargnants et vous auriez tort de penser que "chez nous, ce n’est pas pareil".

La dépêche en anglais de Bloomberg du 4 septembre n’a pas été relayée par la presse française. En voici donc la substantifique moelle.

La Pologne va saisir et annuler les obligations d’État détenues par les fonds de pension sous gestion privée - cela afin d'accélérer l’opération de nationalisation du système pour infléchir la dette publique. Les fonds de pension conserveront les actifs investis en action et les futures contributions au système de capitalisation seront volontaires.

"Le système de retraite privé repose partiellement sur l’expansion de la dette ce qui s’avère très coûteux", a indiqué le Premier ministre Tusk lors de la conférence de presse. "L’effet sur la dette publique est dévastateur et nous a empêché de faire un nouveau bond dans notre développement".

Ce mouvement permettra de réduire la dette publique de 8 points de PIB, a chiffré Jacek Rostowski, le ministre des Finances. En effet, les rendements sur les obligations à dix ans émises en zloty ont augmenté de 13 points de base depuis octobre 2012, et atteignent 4,79%, le taux le plus haut depuis octobre 2012

L’État prendra le contrôle des obligations détenues par les fonds de pension et les transformera en retraites du système public. 

Les sociétés dépositaires de ces fonds de pension polonais sont des filiales des grands noms de la finance européenne : Aegon NV, Allianz, MetLife, Aviva, AXA, Assicurazioni Generali, ING Groep et Nordea Bank.

Transposé à la France, voici ce que cela donnerait : vos contrats en assurance-vie en euro (qui sont des obligations principalement françaises) sont saisis. Vos contrats en unités de compte (les supports en actions) resteraient intouchés. En lieu et place, vous obtenez des droits supplémentaires à l’assurance vieillesse (CNAV). Tout ceci, vous expliqueraient messieurs Ayrault et Moscovici (ou leurs successeurs), pour le bien de la France qui doit contrer une brutale remontée de ses taux d’emprunt. Une attaque sauvage de la Finance Sans Visage. Il est normal que, vous, détenteur d’une assurance-vie et jouissant de privilèges fiscaux, veniez au secours de votre pays.

La Pologne et la France : une troublante ressemblance

Pensez-vous que la situation des finances publiques de la Pologne soit beaucoup plus désespérée que celle de la France ? Absolument pas et en plus son dernier taux de croissance a été de 0,8% (contre 0,3% en France).

Un coup d’œil sur Eurostat vous apprend que le ratio dette/PIB de la Pologne n’est que de 57,3%, contre 91,9% pour la France. Par ailleurs, la dynamique de la Pologne est comparable puisqu’en un an, la dette de la Pologne ne s’est accrue que de 1,7% de PIB, exactement comme la nôtre.

Les taux d’emprunt de la Pologne ont certes monté, mais pas d’emballement comme au Portugal, en Espagne, en Grèce, en Italie …

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

A dire vrai, la similitude avec les taux français est également troublante.

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Passer de 3% à 4,5% c’est une augmentation de 50%, un peu comme passer de 1,7% à 2,5%, me semble-t-il... Or c’est ce qui est récemment arrivé à nos OAT.

Tout ceci n’est pas rassurant et confirme les scénarios que je décris dans mon livre, Main basse sur votre argent. On ne peut que conseiller aux détenteurs de contrats d’assurance-vie en euro de prendre leurs dispositions en profitant de l’amendement Fourgous. C’est facile, mais encore faut-il s’y prendre à temps…

[Et si vous avez besoin d'un mode d'emploi pour y parvenir, suivez la stratégie de Simone Wapler : elle vous en livre toutes les clés ici même...]

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