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Et donc, enseigner l’esprit d’entreprise équivaudrait à enseigner la cupidité aux élèves... Mais avant de les insulter, avez-vous rencontré un seul entrepreneur dans votre vie M. Mélenchon ?
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Esprit d'entreprise : première leçon

Et donc, enseigner l’esprit d’entreprise équivaudrait à enseigner la cupidité aux élèves... Mais avant de les insulter, avez-vous rencontré un seul entrepreneur dans votre vie M. Mélenchon ?

Suite à l’annonce par François Hollande d’un "programme sur l’entrepreneuriat de la sixième à la terminale" sous forme de stages et de conférences, Jean-Luc Mélenchon a déclaré mardi matin "qu’un jeune élève a d’autres choses à apprendre avant de se faire enseigner la cupidité". Est-ce bien habile que d’établir un parallèle entre entrepreneuriat et cupidité ?

Leonidas Kalogeropoulos

Leonidas Kalogeropoulos

 

Léonidas Kalogeropoulos est Président du Cabinet de lobbying Médiation & Arguments qui défend la liberté d’entreprendre, l’innovation, le pluralisme et la concurrence dans les domaines de l’audiovisuel, des télécoms, du sport, d’Internet, de l’énergie, de la presse…
 
Il est le fondateur du site libertedentreprendre.com, qui milite pour l’inscription de liberté d’entreprendre dans la Constitution française et est Vice-Président du mouvement patronal Ethic. Il est également le porte-parole du collectif David contre Goliath, lanceur d'alertes concurrentielles

 

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Réagissant aux annonces du Président de la République en faveur de la promotion de l'esprit d'entreprise dès le collège - qui devrait constituer le socle d'un consensus national trans-partis - M. Mélenchon s'est empressé de se distinguer en contestant tout intérêt à cette démarche, qui s'apparenterait, selon lui, à apprendre la "cupidité" à nos enfants.

Si certains avaient encore un doute sur les conceptions politiques nauséabondes de M. Mélenchon, espérons que le masque sera enfin tombé et que plus personne à gauche ne sera plus tenté de gagner les faveurs d'un homme qui cherche à séduire les victimes de la crise économique pour ranimer la flamme d'un collectivisme liberticide.

Parce que l'esprit d'entreprise, ce n'est rien d'autre que la liberté en marche, dans ce qu'elle peut avoir de plus créatif. L'esprit d'entreprise, c'est ce qui motive à travailler plus, pour ne jamais lâcher la poursuite d'un projet, qu'il soit associatif, artistique ou entrepreneurial ! L'esprit d'entreprise, et sa déclinaison particulière dans la liberté d'entreprendre, c'est ce moteur qui crée des emploies, des richesses, des exportations, des recettes fiscales, de la fierté aussi, pour toutes celles et tous ceux qui réalisent leurs projets.

Bien entendu, lorsque l'on risque tout ce que l'on possède, quand on travaille sans relâche pour réaliser son projet, quand on assume la responsabilité des salaires, des charges, des emprunts..., on attend en retour de gagner plus que les seuls 4 500€ par mois qui trouvent grâce aux yeux de M. Mélenchon, comme si ceux qui gagneraient plus avaient  volé leur argent.

M. Mélenchon à le mérite d'exprimer tout haut cette jalousie sociale lancinante qui mine notre pays, donnant le sentiment à tous ceux qui ont un projet en tête que s'ils avaient le malheur de le réussir en France, ils ne seraient pas félicités peur avoir surmonté tous les obstacles sur leur route, mais qu'ils seraient au contraire conspués comme si ce qu'ils seront parvenus à gagner devait nécessairement avoir été pris à d'autres, et qu'importe s'ils auront créé des emplois et payé plus de taxes que n'importe où ailleurs dans le monde, ce ne sera jamais suffisant!

Dans ce système de pensée, la seule manière de trouver de la richesse pour ceux qui n'en n'ont pas, ce n'est pas de la créer, c'est de la prendre à ceux qui en ont ! Et cohérent avec lui-même, M. Mélenchon veux bien défendre les entrepreneurs s'ils gagnent de 1 500 à 4 500€ par mois, mais pour lui, la cause est entendue, au delà de 300 000€ par an, tout doit aller à l'Etat.

Tout ce système idéologique est cohérent, et en bonne logique, il commence par la critique de l'esprit d'entreprise. Personne ne doit vouloir faire plus que les autres, personne ne doit vouloir gagner davantage. La société doit être régie par les grands organisateurs centraux, qui sauront mieux que chacun assurer la collectivisation des biens et leur répartition juste et équitable au profit du bonheur légitime de tous. Et si quelqu'un s'égare à imaginer son bonheur en dehors des fourches caudines de cette répartition égalitaire, c'est qu'il est atteint de "cupidité" et il est alors une menace pour la société.

Être parvenu à ce stade du débat politique est très salutaire. M. Mélenchon apparaît tel qu'il est, ennemi de l'esprit de liberté qui constitue le socle de nos sociétés occidentales. Et il apparaît sans nuance tel qu'il est par la grâce de la défense prise par le Président de la République en faveur de l'esprit d'entreprise et de la liberté d'entreprendre.

Le Rubicon entre ces deux gauches est enfin tracé, et il est - heureusement - infranchissable !

Il est temps que cette ligne soit clairement assumée par la majorité qui nous gouverne. Cette ligne porte un nom, qu'il est temps de décliner avec fierté : c'est un libéralisme de gauche, qui n'a rien avoir avec les vielles lunes  obsolètes d'un nostalgique du collectivisme liberticide, idéologie qui porte la responsabilité de la moitié des atrocités commises au XXème siècle.

Et il s'agit d'un libéralisme de gauche, parce que sans encore être parvenu à se doter d'instruments satisfaisants, il cherche à disposer de leviers de régulation qui parviendront à concilier l'épanouissement de la liberté d'entreprendre - qui appartient à chacun, et qui doit être promue -, et la nécessaire régulation des excès qui peuvent conduire le système libéral à précipiter nos économies dans des crises qui sèment la désolation.

Rechercher de tels leviers de régulation est légitime. Mais il ne faut pas confondre cette ambition, qui peut contribuer à donner à notre économie un socle de développement durable, et les quelques gadgets dont la majorité a été tentée de s'emparer pour donner l'illusion de dompter l'économie. C'est ainsi qu'elle s'est laissée aller à vouloir taxer le capital comme le travail, ce qui est une négation de la prise de risque, et ce qui a conduit à faire s'effondrer les investissements dans notre pays. Il a fallu moins d'un an pour que le chef de l'Etat, courageusement, fasse machine arrière en ramenant la taxation des plus values de cession dans la moyenne européenne .

Mais c'était surtout un gadget censé donner à M. Mélenchon des gages pour le rallier à la majorité. C'est la même vocation que poursuit le projet de taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million d'euro.

De la même manière que la majorité vient d'avoir le courage, qu'il faut saluer, d'abandonner le slogan "taxer le capital comme le travail", renonçant à vouloir séduire le bolchevisme à la petite semaine du Front de gauche, de la même manière doit-il avoir le courage de renoncer à sa taxe à 75%. Cette taxe se veut emblématique, mais elle n'est qu'une posture revancharde contre les riches, elle sonne comme une sanction de la réussie et de l'ambition, alors que notre pays gagnerait collectivement à les encourager et à les attirer en France, plutôt qu'à les faire fuir.

Le libéralisme de gauche est attaché à la liberté et il ne peut pas compter au sein de sa majorité des nostalgiques d'une idéologie moribonde  responsable des heures les plus sombres du XXème siècle. Après avoir tenté de la séduire, la majorité vient de s'en démarquer. Qu'elle abandonne son projet de taxation à 75%, et elle aura achevé de rompre avec elle. Ce sera salutaire, pour le Gouvernement, pour la cohérence idéologique de la  majorité et pour la conduite économique et la réussite de notre pays.

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