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Manuel Valls prononce ce mardi son deuxième discours de politique générale.
Manuel Valls prononce ce mardi son deuxième discours de politique générale.
©Reuters

Bis repetita

Et déjà le 3ème vote de confiance depuis 2012… Pourquoi l’enjeu pour Manuel Valls est de sortir des erreurs de diagnostic qui ont condamné toutes les annonces précédentes à l’échec

Manuel Valls prononce son discours de politique générale devant les députés ce mardi 16 septembre. Charge à lui de ne pas reproduire les erreurs d'analyse commises lorsqu'il avait présenté son premier gouvernement, ou même celles de son prédécesseur en juillet 2012.

Mathieu  Mucherie

Mathieu Mucherie

Mathieu Mucherie est économiste de marché à Paris, et s'exprime ici à titre personnel.

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Jacques Bichot

Jacques Bichot

Jacques Bichot est Professeur émérite d’économie de l’Université Jean Moulin (Lyon 3), et membre honoraire du Conseil économique et social.

Ses derniers ouvrages parus sont : Le Labyrinthe aux éditions des Belles Lettres en 2015, Retraites : le dictionnaire de la réforme. L’Harmattan, 2010, Les enjeux 2012 de A à Z. L’Harmattan, 2012, et La retraite en liberté, au Cherche-midi, en janvier 2017.

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Atlantico : Manuel Valls prononce ce mardi 16 septembre son deuxième discours de politique générale. Rétrospectivement, quelles sont les erreurs de diagnostic que celui de Jean-Marc Ayrault et le premier de Manuel Valls ont révélé ? Pourquoi ?

Jacques Bichot : Les erreurs de diagnostic sont fréquentes chez nos dirigeants ; ce n’est donc pas dans un esprit partisan que nous relèverons un certain nombre d’erreurs commises depuis deux ans par les gouvernements de Gauche, la droite en a commis lorsqu’elle était aux manettes ; il se trouve simplement que, plus la France (et avec elle une partie de l’Europe) s’installe dans la stagnation, voire même la récession molle (fonte lente de notre tissu industriel), moins nous avons droit à l’erreur : pour repartir de l’avant, il faut maintenant une bonne analyse de la situation, une vraie reconnaissance des sottises qui nous ont amenés où nous en sommes, et des idées claires pour les réformes à accomplir.


La première erreur a été de penser que l’économie redémarrerait sans trop de difficultés. Pourtant des socialistes auraient facilement pu avoir l’idée que la somme des erreurs de politique économique commises avant leur arrivée au pouvoir pesait lourdement sur le dynamisme de nos entreprises et sur leur propension à embaucher et à produire en France. En somme, la Gauche a eu une trop bonne opinion de ce que la droite avait fait ; elle a cru pouvoir enfiler ses bottes sans les ressemeler ! Voire même en y mettant encore un peu de plomb ! Ni Ayrault ni Valls n’ont pensé à quel point Fillon et Sarkozy avaient été mauvais, et tous leurs prédécesseurs avant eux ! Il est vrai que cet examen du passé les aurait amenés à reconnaître également les erreurs de Jospin et avant lui de Mitterrand et de ses divers gouvernements. Comment par exemple ne pas voir que la réforme des retraites de 1982 a été une catastrophe nationale dont nous supportons chaque jour un peu plus les conséquences ? Ou encore le mal fait par les 35 heures payées 39 ?


La deuxième erreur a été de penser que l’activité reprendrait sa croissance en l’absence d’une révision complète des habitudes interventionnistes de notre administration et de nos hommes politiques. Bien entendu, on ne saurait se passer de règles. Mais trop de règles, appliquées de manière trop pointilleuse, tuent le plaisir d’entreprendre et de travailler. Dans mon prochain livre, Labyrinthe, je citerai une entreprise qui embauchait des personnes pour faire des enquêtes par téléphone à partir de chez elles. Ces personnes recevaient leurs instructions et envoyaient le résultat de leurs enquêtes par internet. Pour l’usage de leur télématique, elles recevaient des indemnités royales : 2 € par jour ! Vous avez bien lu : deux euros pour ces frais professionnels. Voilà que l’URSSAF lui a demandé de réintégrer ces remboursements de frais dans sa masse salariale, pour les soumettre à cotisation, car les employés ne fournissaient pas de justificatifs. Et quand vous regardez les textes, c’est vrai : pas de remboursement sans justificatif tel qu’une facture. L’affaire est allée jusqu’en cassation, et cette haute juridiction a choisi d’appliquer le règlement à la lettre, condamnant l’entreprise à réintégrer ces 2 € dans la masse salariale. Voilà ce sur quoi un chef de gouvernement devrait réfléchir : un pays où un juridisme pareil peut anéantir tout sens commun a un pied dans la tombe. Pour nous sortir du pétrin, il faut reconsidérer chaque article de nos codes monstrueusement volumineux, et supprimer tout ce qui entraîne des complications ridicules.


Parmi ces complications, il y a les innombrables exceptions qui permettent d’échapper à telle ou telle taxe. Ces "niches fiscales", et les "niches sociales" qui leur font pendant, entraînent une déperdition d’énergie considérable : pour éviter de payer 1 000 € il est rationnel d’en dépenser 500 en frais administratifs, et l’administration de son côté consacre beaucoup trop de ses effectifs à suivre des dossiers de ce genre au lieu de mettre des juges et des greffiers et des spécialistes de la réinsertion dans notre appareil judiciaire dramatiquement sous-dimensionné. Sans compter que tribunaux et police perdent leur temps en formalités procédurales. C’est cela qui permet à bon nombre de délinquants d’échapper à la sanction méritée : vu la complication des procédures, les vices de forme sont inévitables.


Il aurait fallu également réfléchir au dicton « donner et retenir ne vaut ». En effet, nous gaspillons un travail fou, et perdons en compétitivité, en raison de la préférence de nos pouvoirs publics pour prélever de la main gauche ce qu’ils donnent de la main droite. Pourquoi par exemple avoir majoré l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IS) et créé un crédit d’impôt, donc une diminution de l’IS, sous la forme du CICE ? Cela maximise le travail administratif improductif au niveau des entreprises et à Bercy. Si nous voulons diminuer la dépense publique, donc en particulier le nombre de fonctionnaires, il faudrait précisément éviter ce genre de plaisanterie – ce qui est également indispensable pour décharger nos entreprises d’un travail administratif stupide, qui s’alourdira encore lorsqu’elles devront rendre des comptes sur les créations d’emplois réalisées en contrepartie du CICE.

Mathieu Mucherie : Jean-Marc Ayrault, 3 juillet 2012 : primo, une vision de la croissance censée revenir par la magie de la "confiance" en pleine politique restrictive de la BCE (il misait sur une croissance de 1,2% en 2013 et plus encore en 2014, alors qu'en réalité elle a été de 0,4% au total) ; deusio, la réduction des déficits passe par une hausse des impôts (erreur traditionnelle des budgétaristes, là aussi guidée par la BCE, l'impact a été récessif au pire moment et on le savait à l’avance) ; tertio, la hausse de l'imposition ne touchera bien entendu que les plus riches (moins de 10% au départ : en réalité cette hausse s'est étendue à la moitié des Français, on est décidément dans la pure tradition). Manuel Valls, 8 avril 2014 : primo, un "Pacte de responsabilité" fondé sur la réduction des dépenses et le strict respect des 3% de déficit (alors que l'on sait déjà ne pas pouvoir atteindre le fétiche des 3%, alors que cela n’a pas trop d’importance en pleine phase de chute continue de l’économie comme des taux d’intérêt, et alors que la réduction des dépenses n’est jamais précisée : elle doit se faire sans frapper personne, en gros par une opération du Saint-Esprit sans toucher ni les fonctionnaires ni les retraités) ; deusio, une politique de l'offre qui fait fi de l'absence de demande en France (comme chacun sait il y a des files d’attente à l’entrée de nos magasins, les gens ont trop envie de consommer et la production ne suit pas) ; tertio, une logique du "donnant-donnant" (les gens des agences de communication ont perdu en imagination et pourtant la cocaïne est de moins en moins chère) : contre la baisse du coût du travail, le gouvernement attend que les entreprises embauchent (un moyen infaillible de décourager les entreprises : on crée un dispositif qui ne peut pas marcher et on leur dit que si cela ne marche pas il sera retiré ou durcit ou encore complexifié de façon à ce que le gouvernement ne perde pas trop la face avant les élections).


Les entreprises ont été assez victimes dans le passé de ces incohérences temporelles pour ne pas se méfier. De toute façon elles n’ont aucune demande devant elles : pourquoi se mouiller ? Déclencher une (pseudo, heureusement)-libéralisation de l’offre productive au moment de la plus fantastique crise de la demande agrégée depuis les années 1930, après avoir poussé bêtement dans le sens contraire pendant 30 ans, c’est illisible.

Existe-t-il une possibilité d'échapper à de telles erreurs de diagnostic ? Manuel Valls est-il à son tour prisonnier de cette "tyrannie du statu quo" qui a mithridatisée la plupart de ses prédécesseurs et qui semble devoir s’abattre sur ses successeurs ? A quelles conditions peut-il (éventuellement) réussir dans la voie de la réforme ?

Jacques Bichot : Le choix d’une politique de l’offre aurait pu être excellent si cette politique était intelligente : épargner aux entreprises et aux ménages un fatras de réglementations qui dissuade de construire, d’investir et d’embaucher. Le frein à la construction que représente l’accumulation de normes relatives aux logements neufs nous coûte des milliers d’emplois et de logements. On peut faire une politique de l’offre sans qu’il en coûte un sou à Bercy, mais cela n’est visiblement pas venu à l’esprit de nos deux Premiers ministres, non plus qu’à celui de leurs prédécesseurs : ils ne pensent qu’à subventionner, alors que l’État n’a pas le sou. Or on peut parfaitement faire une politique de l’offre sans aucune réduction d’impôt ni subvention, il suffit de diminuer la réglementation.


La politique de la demande peut également ne rien coûter aux finances publiques, contrairement à ce que pensent les prétendus keynésiens (qui visiblement n’ont pas trop lu leur auteur fétiche). Les Français épargnent beaucoup. Ils investiraient davantage dans l’immobilier, qu’ils affectionnent, au lieu de financer le déficit public via l’assurance vie, si seulement il n’y avait pas une pénurie artificielle de terrains à bâtir. Cette pénurie n’existe pas en Allemagne, deux fois plus densément peuplée : il y a forcément "un truc" ! Alors que le gouvernement écoute ce que disent les personnes compétentes, et la demande de logements repartira. De même, pour que la demande d’automobiles redémarre, il faut que l’on puisse rouler et stationner. Or des idéologues au pouvoir pourchassent la moindre place de stationnement qui ne demandait rien à personne pour y placer une horreur à prétention artistique ou, ce qui est déjà mieux, une plante verte. Et ils rendent plus étroites toutes les voies de circulation ou l’on pouvait rouler correctement. Là encore, il n’y a pas de dépenses à faire, si ce n’est pour réparer les erreurs des prédécesseurs, il faut surtout arrêter de saccager et interdire l’espace dont la France regorge.
Manuel Valls a repris ses idées à la droite bureaucratique : aider les entreprises. Mais les entreprises n’ont pas besoin qu’on les aide, c’est d’elles que vient ce que l’État affecte de leur donner ! Il faut simplement leur procurer de bons services publics à des coûts raisonnables et, comme disait Pompidou à propos des Français, "cesser de les emmerder". C’est à Schumpeter qu’il faut donner le mot de la fin, en travestissant sans doute passablement sa pensée : nous avons besoin de destruction créatrice – détruire les innombrables freins à l’activité, à l’offre et à la demande. Notre législation et notre réglementation sont des obèses dont le poids fait couler notre barque : mettons-les au régime et cette destruction de normes stérilisantes rendra possible la création en beaucoup plus grand nombre d’entreprises, d’emplois, de biens et de services, et de revenus pour les acheter.

Mathieu Mucherie : La réforme suppose :
1/ Des élus
Je ne parle pas des gardiens parfaits de Platon, ou des majors de l’ENA, je parle du suffrage universel, ce vieux truc très décrié. La réforme doit être conduite par des gens qui connaissent les agents de base et surtout qui leur rendent des comptes : pas des Villepin, encore moins des Macron. On ne peut pas demander aux gens un esprit de responsabilité et se retrancher, après l’échec, derrière un poste de sénateur à vie, comme Mario Monti. De nos jours, avec tous les soupçons qui rôdent autour de l’action publique, une stratégie comme celle de Valls de dramatisation churchillienne ("du sang et des larmes") ne peut reposer que sur l’exemplarité stricte : par sur des gens présents dans plusieurs conseils d’administration qui nous parlent de la nécessaire levée des barrières à l’entrée, pas sur des partisans de l’indépendance maximale des banques centrales qui viennent nous parler de contre-pouvoirs et de la démocratisation de l’économie, pas sur Jacques Attali qui nous livre sa version new age et accélérée de la théorie des 100 jours après avoir tout fait pour la cristallisation corporatiste du pays. De nos jours, les appels au sacrifice suprême sont faits par des rentiers, par exemple des profs d’université ou des polytechniciens : je suppose qu’ils doivent se dire, en aparté, "mourir pour des réformes structurelles, d’accord, mais de mort lente".
La réforme reste au fond conçue par des planificateurs, par des premiers de la classe : ne cherchez pas plus loin les raisons de son impopularité.


2/ La rupture par rapport à la réforme conservatrice et mécaniste, pour ne pas dire planiste et scientiste
La réforme est trop souvent conservatrice : "nous réformons pour permettre la survie de la sécu", bravo pour la vision et pour l’élan. Réformer pour permettre aux nantis du baby-boom de se sucrer le plus longtemps possible, ce n’est pas la joie. La réforme est aussi trop souvent présentée par des quantophréniques fous. Par exemple, à chaque projet de mini-réforme sectorielle, on agite la promesse de 2 ou 3 points de PIB en plus, ce qui est doublement idiot : d’une part les ordres de grandeur sont délirants et en disent long sur l’inculture économique du pays, d’autre part la véritable raison pour laquelle il faudrait faire des réformes n’est pas de gagner ou d’économiser plus d’argent : une bonne réforme structurelle est là pour nous faire gagner des libertés. Les économistes ont leur part de responsabilité dans cet enlisement planiste ; ils communiquent sur le nombre d’emplois ou de points de PIB qu’une libéralisation du marché du travail occasionnerait, là où il faudrait parler de lutte contre l’hypocrisie du dualisme, de dé-cartellisation, de possibilité donnée aux plus faibles de ne plus se comporter comme des cous pelés face aux patrons. On devrait faire de la réforme un sujet populaire de remise à plat des privilèges, on en fait un sujet techno géré par "toujours les mêmes", une contrainte extérieure et au fond un truc de renforcement des élites en place.
Il faut avoir bien en tête les bonnes raisons pour faire les réformes. On nous a dit (ce qui était totalement débile, toute l’expérience japonaise en témoignait) : "si on ne fait pas les réformes structurelles, les taux d’intérêt vont monter". Maintenant, Valls nous dit : "si on ne fait pas de réformes structurelles, Marine Le Pen va gagner". Cette dernière a il est vrai pour projet de déconstruire les seules bonnes réformes structurelles que la France a entreprises depuis les années 1970, et qui lui rapportent au quotidien presque toutes ses richesses et ses libertés : le désarmement douanier, l’atténuation des délires protectionnistes. Mais il ne faut pas faire des réformes pour ou contre Le Pen, il faut faire des réformes pour que le consommateur ne soit plus assujetti aux caprices d’EDF ou de la SNCF, pour que le travailleur n’ai plus peur de passer 5 ans au chômage en cas de départ ou de licenciement, etc.


3/ Une certaine cohérence temporelle
Inutile de refaire tout le blabla sur Kydland&Prescott, Ulysse face aux Sirènes, ou le coup d’Hernan Cortes. Un minimum suffirait. Mais c’est assez peu probable dans un pays comme la France qui vote en quinconce, où les gains réels ou supposés de la réforme sont déjà distribués avant même d’avoir été enregistrés, et où les réformes sont communiquées sur l’air du "donnant-donnant".


4/ Une dévaluation préalable
Come la France de 1959 (De Gaulle – Rueff, mâtin quelle équipe !), comme la Suède de 1994. Ceci est d’autant plus nécessaire que le lissage du choc structurel ne pourra pas être opéré par les finances publiques (on se souvient du livre de Delpla qui proposait une indemnisation généreuse des perdants de la réforme ; déjà à l’époque je ne croyais pas qu’un fonctionnaire renoncerait à son emploi à vie pour 100 000 euros, et désormais de toute façon les caisses sont vides).


5/ Accepter de faire mal à certains intérêts catégoriels
La réforme fait de nos jours l’objet d’un drôle de consensus. Il faut en parler toujours, mais surtout ne jamais les faire (pour ne pas finir comme le SPD ?). Les proclamer oui, faire passer les décrets d’application non. Avec l’enthousiasme des nouveaux convertis, nos gouvernants insufflent un "choc de simplification" mais au final on ne voit qu’un surcroit d’inflation législative et réglementaire. La réforme c’est toujours la réforme pour le voisin ou pour le lendemain.
La réforme sans douleur et sans risque n’existe probablement pas. C’est d’ailleurs pourquoi un peu de subtilité ne ferait pas de mal (l’inverse du SMIC jeune, en somme). Il y a souvent une "Courbe en J" de la réforme, donc une question de timing, une séquence, une alchimie, des alliances à nouer et toutes les subtilités de la guerre d’attrition. Tout ça c’est de l’économie politique, et non de la politique économique. C’est du Tullock et non des tuyauteries crevées du keynésianisme hydraulique. Ce n’est pas une spécialité française de nos jours (alors que la matière est en partie française à l’origine, bien avant Tocqueville !) ; on préfère Piketty.
Au pays du Bisounoursland, il faut des réformes conçues de haut en bas qui produisent leurs effets immédiatement et sans heurts sauf pour les 0,01% de la population (des traders, des zoophiles). Chez nous, il faut réformer la culture, mais sans trop toucher ni aux médias publics, ni aux intermittents. Il faut réformer l’agriculture, mais ne pas trop toucher à la PAC et bloquer la recherche agronomique, et quand une exploitation de 1000 vaches veut se lancer il suffit de 50 culs-terreux bien relayés médiatiquement pour faire dire au ministre (réformateur bien entendu) qu’il n’est pas très chaud. Il faut réformer la justice, mais sans rien changer, je vous raconterais un jour comment on a kidnappé ma fille en toute légalité. Il faut que tout change pour que rien ne change, comme chez Lampedusa.


6/ Probablement pas de réforme véritable à carte territoriale constante
Je ne suis pas d’accord avec H16 quand il se moque de la réforme territoriale. Bien entendu, celle proposée par le gouvernement jusqu’ici est ridicule, injuste et lilliputienne : elle n’est effectivement qu’une diversion, et elle ne débouchera pas sur de vraies économies (comme la fusion entre la DGI et le Trésor). Mais rêvons un peu : si un jour on se débarrassait pour de bon des départements, avec 8 régions cohérentes et au passage une mise au clair des finances des DOM-TOM, nous aurions fait un pas intéressant : croit-on vraiment pouvoir réformer ce pays avec les institutions locales actuelles, avec le sénat actuel, avec les milliers de barons de province qui ne servent à rien et qui prétendent re-dynamiser l’économie (la pauvre), avec la clause de compétence galactico-universelle et avec toutes les strates géologiques des impôts locaux et des responsabilités enchevêtrées ? 


7/ Ce qu’il faudrait faire : un peu moins d’anti-réformes structurelles (35h, euro…)
Comme le notait un ancien dirigeant, chaque pays devrait s’habituer à faire juste un peu moins de bêtises que ses voisins. Cette vision est simpliste, et cet objectif n’est pas très ambitieux ? Certes, mais pour un gouvernement qui peut réunir 15% des Français derrière lui (grand max), ce serait déjà bien.

Pour ma part : la réforme sans entrepreneurs, je n’y crois pas. Une réforme à la suédoise sans dévaluation, je n’y crois pas. Une réforme menée par des agences de communication, je n’y crois pas. Et une réforme pour complaire à la Bundesbank, je n’en veux même pas.

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