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Jeunes entrepreneurs, 
prenez garde à certaines maladies !
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Ma retraite a 29 ans

Jeunes entrepreneurs, prenez garde à certaines maladies !

A tous les jeunes entrepreneurs qui créent, souhaitent créer ou vont créer un entreprise, Nicolas Trüb lance un avertissement : gare à certaines pathologies qu'il est très difficile de ne pas attraper ! Extraits de "Ma retraite a 29 ans" (2/2).

Nicolas Trüb

Nicolas Trüb

Détenteur d'un DEA de Sciences physiques et d'un diplôme d'ingénieur, Nicolas Trüb est également professeur vacataire au sein du Groupe ESIEE (École d'ingénieurs des sciences et technologies de l'information et de la communication) en algèbre, physique, et entreprenariat.

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Comme tout organisme multicellulaire vivant, l’entrepreneur humain est sujet à des pathologies, parfois graves, que les médecines, qu’elles soient douces ou plus traditionnelles, ne savent la plupart du temps pas soigner. Pas de panique : dans tous les cas, tôt ou tard, c’est le marché qui s’en chargera. Il m’a néanmoins semblé judicieux – voire humanitaire – de les répertorier ici à toutes fins préventives.

L’ivresse des hauteurs

Elle affecte régulièrement les entrepreneurs qui sous-dimensionnent leurs objectifs et qui se contentent d’une boîboîte qui tourne bien. Évidemment, arrivés sur leur petite colline, ils se mettent à déprimer et à faire n’importe quoi. Mao Tsé-toung a été touché de plein fouet par ce fléau. Il a entrepris la révolution chinoise avec pour seul objectif la victoire sur les nationalistes. Mal lui en a pris ! Une fois son objectif atteint, il s’est enfermé dans sa tour d’ivoire et, mort d’ennui, s’est mis à jouer les apprentis sorciers, entraînant le malheur de son peuple. Pour ma part, j’ai éradiqué tout risque d’attraper cette maladie-là en m’offrant un niveau d’ambition tellement élevé qu’il n’y a aucune chance que j’atteigne mes objectifs de mon vivant.

Le syndrome du Vietnam

Je recommande de s’en méfier comme de la peste. On a observé chez les vétérans de la guerre du Vietnam une forme d’inconscience face au danger, notamment chez certains G.I. dont toute la section s’était fait dézinguer sous leurs yeux. En constatant qu’il a résisté à un milieu hostile, l’entrepreneur, même sain d’esprit, peut être tenté de prendre des risques inconsidérés, voire mortels, en se croyant indestructible.

La carence narcissique

Elle frappe de plein fouet le créateur qui, passé un certain degré de réussite, est fatalement en manque de reconnaissance et cherche autour de lui des gens qui vont pouvoir l’admirer. Très souvent, ces admirateurs potentiels sont morts, car le temps a passé. J’ai trouvé la thérapie à opposer à cette pathologie dans une interview de Robert Badinter, sage parmi les sages, père de l’abolition de la peine de mort en France. Il dit en substance : « Le juge de votre vie c’est l’adolescent que vous étiez. » Bingo : à ce jour, pas une feuille de papier à cigarette ne pourrait se glisser entre mon délire d’adolescent et ma vie actuelle. Je ne suis pas sûr que je pourrais en dire autant si j’avais « fait un coup », même réussi, en surfant sur la tendance du moment.

La réseautite

C’est l’excès de réseautage, ou networking. Cela consiste à passer une partie de son temps à « cultiver son réseau » : clubs divers, associations et confédérations en tout genre. Entre vivre comme un ermite et cramer ses journées à faire des ronds de jambe, je vous recommande de trouver un juste milieu. Je dois en outre rappeler que tous ces réseaux, qui se font d’ailleurs souvent la guerre, sont en contradiction avec l’économie de marché qui réclame transparence et anonymat. Ces paradis de l’accolade vieillissent vite. Et pour cause, l’économie de marché est là pour mettre fin à leurs jours. Et elle a toujours raison. Ceci est particulièrement visible ces derniers temps : les patrons français réseautent comme des malades, jusqu’à ce qu’une poignée de Chinois, qui comme par hasard n’appartiennent pas à leur réseau, rachètent leurs affaires. CQFD.

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Extraits de Ma retraite à 29 ans (im)précis de création d'entreprise à l'usage du salarié, MICHALON (septembre 2011)

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