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Enfant syrien : Mme Taubira, comment osez-vous faire de la "poésie" ?
©Capture d'écran

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Enfant syrien : Mme Taubira, comment osez-vous faire de la "poésie" ?

La garde des Sceaux a été, semble-t-il, très émue par la photo du petit Aylan. Alors, elle a écrit quelques lignes sirupeuses…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner (…) - Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus, Je veux de la poudre et des balles. C'est de Victor Hugo. Ecrit en 1829, quand les Grecs soulevés contre l'oppresseur turc se faisaient massacrer.

Madame la ministre (ce "la" est la seule concession que je vous ferai), vous n'êtes pas Victor Hugo. Et d'ailleurs, personne ne vous demande de l'être. On attend de vous que vous occupiez de la justice, non pas en protégeant les coupables mais en montrant de la sollicitude pour leurs victimes. Vous n'êtes donc pas Victor Hugo et, répétons-le, personne ne peut vous en vouloir. Mais pourquoi alors essayez-vous de l'être ?

La mort du petit Aylan vous a inspirée. Alors vous avez pris votre luth et voilà ce que ça donne : "Son prénom avait des ailes, son petit cœur a dû battre si fort que les étoiles de mer l'ont emporté sur les rivages de nos consciences". C'est assez lamentable.

Là où certains font des vers, des vrais, vous nous infligez des vers de mirliton. De la poésie, ça ? Juste une poisseuse dégoulinante de pathos ! Là où il faudrait de la dignité et de la colère, vous nous la jouez Assurancetourix, façon barde tropical. Vous versificotez, comme d'autres boursicotent. Vous faites plaisir à votre égo que chacun sait surdimensionné. Il n'y a pas chez vous d'émotion. Mais seulement une infinie complaisance pour vos prouesses histrioniques.

Un autre poète maintenant : Lord Byron. Il s'est rendu en Grèce pour participer au combat contre les Turcs et c'est là-bas qu'il est mort. Vous n'êtes pas Lord Byron, pas plus que vous n'êtes, madame la ministre, Victor Hugo. Vous n'êtes pas non plus poète : vos quelques lignes loukoumesques en administrent la preuve éclatante.

Mais vous êtes membre d'un gouvernement, avec un poste important. A ce titre, vous êtes mieux renseignée, on suppose, que le commun des mortels. Vous n'ignoriez donc pas, avant de nous infliger votre "poésie", que l'enfant syrien était en réalité un enfant kurde. De Kobané, la ville martyre que les forces kurdes ont réussi à reprendre aux assassins de Daech.

Rassurez-vous, nous ne vous demandons pas de suivre l'exemple de Lord Byron et d'aller mourir pour Kobané. Mais ne croyez-vous pas que la décence eu voulu que vous réclamiez d'Hollande et de Valls des chars et des lance-roquettes pour les Kurdes, les seuls qui se battent là-bas ? Ne pensez-vous pas que vous auriez pu suggérer à votre amie Hidalgo de demander au Qatar, où elle a ses entrées, quelques milliards pour les Syriens qui souffrent ?

Vous êtes, madame la ministre, une icône de la gauche. On vous acclame à l'université d'été du PS. Et les jeunes socialistes, qui veulent la peau de Valls, entrent en transe à l'énoncé de votre nom. Contentez-vous de ça et du Code pénal, madame la ministre. Comme poète, vous êtes pitoyable. Comme ministre…

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