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Emmanuel Macron a, lui, intérêt à ce que la présidentielle se joue entre Hollande et Sarkozy. Dans ce cas là il récupère les déçus de Hollande et les déçus de Sarkozy.
Emmanuel Macron a, lui, intérêt à ce que la présidentielle se joue entre Hollande et Sarkozy. Dans ce cas là il récupère les déçus de Hollande et les déçus de Sarkozy.
©REUTERS/Benoit Tessier

Atlantico Business

Emmanuel Macron devrait annoncer sa candidature dès cette semaine pour gêner Alain Juppé dans la primaire de droite

Emmanuel Macron n'a pas baissé les bras, au contraire. Il accélère avec, en ligne de mire, cannibaliser une partie des électeurs de Alain Juppé.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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La semaine politique va être chaude, d'abord parce que la droite républicaine arrive dans la dernière ligne droite de la primaire de droite, ensuite parce qu'Emmanuel Macron va sans doute déclarer sa candidature cette semaine avant même le dernier débat en préalable du premier tour de la primaire de droite.

Faut dire que le paysage politique français a un peu changé depuis l'élection de Donald Trump. A gauche, Manuel Valls est reparti à la manœuvre pour se poser en alternative à François Hollande si le président était contraint d'abandonner la course. Compte tenu des forces qui ont porté Trump à la Maison Blanche, Manuel Valls commence à beaucoup se recentrer ou à se gauchir, pour récupérer une large frange du parti socialiste qui a explosé.  

La contrepartie de sa singularisation est qu'il laisse à Macron le boulevard de la social-démocratie qu'il avait commencé à investir. 

A droite, on sent bien que Nicolas Sarkozy peut reprendre un peu de terrain en offrant une réponse aux questions posées par Trump et surtout ne pas laisser Marine le Pen en profiter seule. Si l'électorat français a, en partie, les mêmes inquiétudes que l'électorat de Trump, le pari de Nicolas Sarkozy est de penser que cet électorat viendra plutôt chez lui que dans la maison Le Pen. 

Quoi qu'il en soit, François Fillon et Alain Juppé peuvent aussi profiter de ces changements. 

Emmanuel Macron a, lui, intérêt à ce que la présidentielle se joue entre Hollande et Sarkozy. Dans ce cas là il récupère les déçus de Hollande et les déçus de Sarkozy.

C'est la raison pour laquelle, expliquent ses conseillers, il a intérêt à participer à la bataille dès maintenant pour affaiblir Juppé. 

S'il affaiblit Juppé en cannibalisant une partie de son électorat, il rend service à Sarkozy, ce qui lui rend service à lui. 

Macron ne se prive pas de spéculer sur ces perspectives, ce qui prouve bien qu'il n'est pas aussi naïf et jeune qu'il ne paraît. Il connaît par cœur les mécanismes politiciens, les jeux de pouvoir et de partis politiques. 

Donc tactiquement Macron pense qu'en se déclarant très vite il repousse Manuel Valls à gauche, et il pense récupérer une partie des forces qui se fixaient sur Juppé. 

Reste son programme. Emmanuel Macron va le sortir d'ici dix jours au gré des interviews qu'il va donner comme celle de l'Obs., la semaine dernière, au gré des voyages qu'il a prévu de faire, en Allemagne, à Bruxelles et à New-York. Ceci dit son programme sera construit sur la nécessité de refaire partir la machine France, par la fiscalité, la baisse des dépenses publiques, la dérégulation et le soutien à l'investissement, seul moyen de regagner en compétitivité. 

En fait son objectif est de parler aux CSP plus, à tous ceux qui sont embarqués dans la mondialisation, et la révolution technologique. Mais son objectif est aussi de délivrer des résultats pour rattraper tous ceux qui, dans la classe moyenne, sont à la dérive et sont tentés par les thèses protectionnistes ?

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