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Les Romains buvaient, avant de commencer les hors-d’oeuvre, un gobelet de vin miellé ou de l’ambroisie.
Les Romains buvaient, avant de commencer les hors-d’oeuvre, un gobelet de vin miellé ou de l’ambroisie.
©Reuters

Bonnes feuilles

Égyptiens, Romains, Gaulois... Qui a inventé l’apéritif ?

S’appuyant sur ses découvertes archéologiques, Violaine Vanoyeke raconte les origines des mets et la manière dont les Gaulois, les Grecs, les Égyptiens, les Romains, les Hébreux, les rois et les empereurs mangeaient. Extrait de "Pourquoi Cléopâtre mangeait-elle couchée ?", publié aux Editions du Moment (1/2).

Violaine Vanoyeke

Violaine Vanoyeke

Eminente spécialiste de l'Antiquité, Violaine Vanoyeke est l'auteur de plus de quatre-vingts ouvrages traduits dans cinquante pays. Latiniste, helléniste, linguiste, égyptologue, professeur de civilisations et de littérature ancienne, elle se consacre aujourd'hui à son oeuvre. Productrice et consultante à la télévision et à la radio, elle a raconté plus de cinq mille biographies.

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Les Égyptiens aimaient grignoter des fruits secs ou déguster de petits oignons craquants avec un peu de bière tiède pour se mettre en appétit. Les Romains buvaient, avant de commencer les hors-d’oeuvre, un gobelet de vin miellé ou de l’ambroisie, boisson des dieux, capable de rendre immortel. L’ambroisie était un simple mélange d’eau et de sucre auquel on ajouta ensuite de l’eau-de-vie, de la coriandre, des clous de girofle, de l’anis vert et du vin blanc.

Les Gaulois attendaient le repas avec de la cervoise dans laquelle on jetait une bonne quantité d’épices. Au XVe siècle, la tradition voulait aussi qu’on prît l’apéritif avec un vin miellé au romarin, au girofle, à l’aneth ou à la cannelle. Ce vin annonce le vermouth, le muscat, le madère, le malaga, fait sous Napoléon, avec du vin blanc, du cognac, du houblon, des fleurs de sureau, du miel, du cassis et du caramel, et tous les apéritifs italiens, vins sucrés ou peu alcoolisés. Il est également précurseur du « bitter », fait à base de cognac, d’écorces d’orange, de caramel, d’aloès et de décoctions de… cochenilles d’où vient sa couleur, et du « quinquina » qui apparaît au début du XXe siècle. La mal- voisie, liquoreux, était très demandée au Moyen Âge bien qu’elle fût chère et peu facile à trouver ; de la ville grecque de Malvasia, elle était devenue célèbre grâce au duc de Clarence, condamné à mort sous Édouard IV, dont la dernière volonté avait été d’être noyé dans de la malvoisie.

Le Ricard, très prisé dans le sud de la France, à base d’anis, ou, au XIXe siècle, l’absinthe, la « muse verte », bue parfois pure ou avec de la gomme, qui signifie en grec « non buvable » mais que consommaient en grande quantité les artistes – peintres, écrivains, musiciens… – et interdite en France en 1915, étaient appréciés à tout moment de la journée même s’ils étaient considérés comme des apéritifs. Les nutritionnistes conseillaient plutôt un peu de bouillon léger et tiède pour s’ouvrir l’appétit.

Les cocktails alcoolisés ou non étaient recherchés dès les plus anciens temps même s’ils ont la réputation d’appa- raître au XXe siècle en Europe et de venir des États-Unis. Les mélanges de curaçao, de gin, de vermouth, de citron, de grenadine, d’anis et de bitter étaient très appréciés dans les années 1920 avant d’être supplantés par le whisky, voire par le mélange de champagne et de grenadine ou de cassis. Depuis des siècles, les Italiens étaient habitués à manger avant le repas du pain trempé dans du vinaigre ou une boisson balsamique afin de faciliter la digestion.

Extrait de "Pourquoi Cléopâtre mangeait-elle couchée ?", de Violaine Vanoyeke, publié aux Editions du Moment, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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