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De la virilité de nos présidents 
et présidentiables...
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Le séisme DSK

De la virilité de nos présidents et présidentiables...

Dominique Strauss-Kahn n'est pas un cas isolé. Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing ou François Bayrou : l'appétit des hommes politiques français pour les femmes semble constituer la norme.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Donc, Dominique Strauss-Kahn ne sera pas le prochain président de la République française. C’est une chance. Une chance surtout pour lui ! Car on frémit à l’idée qu’il aurait pu faire dans l’une des chambres à coucher de l’Elysée ce qui lui est reproché d’avoir fait dans un hôtel new yorkais de Times Square. Le scandale en eut été encore plus grand et la honte bien plus indélébile. Encore qu’il se serait peut être trouvé un avocat retors - genre Roland Dumas - pour plaider qu’il aurait agi ainsi dans l’exercice de sa fonction présidentielle, ce qui lui aurait assuré l’immunité.

Reste que, bien sûr, ce qui arrive à DSK (ou plutôt ce qui lui est reproché) fait aujourd’hui office de séisme, de coup de tonnerre, de tsunami. Les réactions sont évidemment convenues. Stupéfactions, rappels de la présomption d’innocence, indignations hypocrites et solidarités faussement apitoyées. Avec (ce genre de perle ne doit pas passer inaperçu) la médaille du jésuitisme décernée au député maire PS de Sarcelles qui a déclaré : “Ce n’est pas le DSK que nous connaissons”. Mais si. Il est connu pour ça ! Très connu, même. Tout autant, ou presque, que pour ses talents d’économiste.

Le pouvoir, on le sait, rend (pas toujours certes) fou. Mais on sait moins que le sentiment de puissance qui l’accompagne augmente dans des proportions non négligeables la puissance masculine des détenteurs de l’autorité. En France, pays où la gaudriole a bonne presse contrairement aux Etats-Unis, ça ne déplaît pas. Bien au contraire. Il faut noter d’ailleurs que dans ce domaine d’excellence, où le mâle français se doit de briller, l’actuel locataire de l’Elysée est tout à fait hors course. Une femme, Cécilia, une autre femme, Carla... et puis c’est tout. C’est à dire rien. Alors que ses prédécesseurs ou challengers...

Commençons par le plus fougueux (à l’exception de DSK) d’entre eux. Chirac, un gaillard, un homme, un vrai, un hussard. On l’imagine culbutant des paysannes sur une meule de foin. Il sait, lui, que les femmes ont besoin d’être un peu bousculées ! De lui, il s’est écrit ceci. “Chirac a eu jusqu’à l’écoeurement les militantes du parti, les secrétaires de l’organisation, toutes celles avec lesquelles il passait 5 minutes affairées au 6ème étage du 123, rue de Lille. [...] Une plaisanterie courait parmi le personnel féminin de la rue de Lille. “Chirac ? Trois minutes douche comprise !”” (1).

Valéry Giscard d’Estaing, c’est un tout autre genre, genre châtelain caricatural. Rien n’a été écrit sur les étreintes de VGE. C’est lui, lui tout seul, qui écrit : “Nathalie, la belle et superbe Nathalie, y mettait la même ardeur et y ajoutait à certains moments, un mystérieux besoin de soumission. [...] Sa peau est tiède, sous la laine, et extraordinairement douce, presque fragile. Nathalie réagit par un frémissement défensif à l’envahissement de mes lèvres” (2). On notera pour compléter que VGE a, dans un autre livre, fait comprendre à la France et à la Grande-Bretagne, que la princesse Diana n’avait rien pu lui refuser...

Dans ce même registre, impossible de ne pas faire un détour par François Bayrou. François Bayrou, candidat à la présidence de la République en 2007, avec un score très flatteur, de presque 19 % au premier tour de l’élection. Un peu avant le scrutin, il avait accordé un entretien à une jeune et jolie journaliste du nom d’Estelle Denis (3). Il s’y montrait sous un jour inattendu : celui du mâle triomphant. Issu de la démocratie chrétienne, toujours représentée sous l’aspect flasque de grenouilles de bénitier, Bayrou avait compris qu’il ne devait pas se laisser enfermer dans cette lamentable coquille susceptible de lui aliéner l'électorat féminin. Et il la fit voler en éclat. Et avec quoi effectua-t-il ce travail libérateur ? Avec une partie de son corps que ma mère m’a rigoureusement interdit de nommer ici. A la journaliste qui lui demandait ce que sa femme préférait en lui, il répondit : “Ma virilité” ! “Ma virilité” : autant dire “je suis un bon coup”...

On voit bien que Nicolas Sarkozy n’a jamais pu jouer dans la cour de ces grands fauves dopés à la testostérone. Et à bien y réfléchir, en 2007, ce n’est pas une Ségolène Royal qu’il fallait présenter contre lui. Mais un DSK. La France aimant les hommes, les vrais, c’est à coup sûr ce dernier qui aurait été élu.



(1) 25 ans avec lui de Jean Claude Laumond (Ramsay, 2001)
(2)Le passage (Robert Laffont, 1999)
(3) Cité par Le Monde du 21 mars 2007

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