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La crise économique pour les nuls (et les pinces sans rire)
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Dictionnaire révolté de l'économie

La crise économique pour les nuls (et les pinces sans rire)

Dans son "Dictionnaire révolté d'économie", Raphaël Didier livre une analyse décapante du système économique international actuel. Deuxième épisode avec deux mots commençant par la lettre B.

Raphaël Didier

Raphaël Didier

Raphaël Didier, ingénieur de l’INT d’Evry spécialisé en économie internationale, il est également conférencier à l’Université du Temps Libre (Metz, Saint-Avold, Sarreguemines, et Thionville) et à l’Université Populaire de Forbach.

Il est l'auteur du Dictionnaire révolté d'économie (Editions Bréal, mai 2011).

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Bisounours

Ministre de l’Économie qui croit que chaque chiffre qu’on lui fournit est porteur d’un message d’espoir pour les 65 millions de Français. Ainsi, il n’y a pas un ministre de l’Économie qui n’ait annoncé des prévisions de croissance très supérieures à ce que les meilleurs experts pouvaient anticiper. Cela, dans le but de créer une prophétie autoréalisatrice : en cherchant à faire croire que la croissance augmentera de 2 % – alors que les économistes estiment qu’elle ne dépassera pas 1 % –, le ministre espère qu’une majorité d’agents y croira et réglera sa consommation en fonction de cette hypothèse, créant ce faisant les conditions pour que la croissance soit effectivement de 2 %. Est-il nécessaire d’indiquer que ce genre de prophéties ne se réalise que très rarement ?

Historiquement, les Bisounours sont une ligne de peluches populaire pendant les années 1980, chaque ours ayant un nom, un symbole et une fonction qui lui sont attachés. Ainsi, Grosdodo aide les gens à dormir. Pour les différents ministres de l’Économie, on hésite encore entre Grosfarceur, Grostaquin et Grosveinard.

Bulle

Enrichissement éhonté pour une minorité, une bulle financière (ou bulle spéculative) correspond à une situation où le cours des titres augmente fortement et atteint des niveaux excessifs sans comparaison avec la valeur réelle de ces actifs. Il y a alors une déconnexion entre le prix des titres et les fondamentaux de l’économie réelle (niveau de production, rentabilité…). Cela s’achève généralement par un éclatement de la bulle et une baisse rapide des cours qui peut déboucher sur une grave crise économique.

L’histoire financière a connu de nombreuses bulles spéculatives. La dernière est celle de l’immobilier, qui a vu ses prix augmenter de 140 % en 10 ans. Lors de la bulle Internet, qui a éclaté peu de temps après le passage à l’an 2000, on a vu alors des sociétés comme Vivendi ou France Télécom perdre 80 % de leur valeur ! Mais les bulles peuvent se créer sur toutes sortes d’actifs (financiers ou non, d’ailleurs). Ainsi, la première bulle mémorable eut lieu en Hollande avec la spéculation sur les bulbes de tulipes de 1634 à 1637 ! Les historiens nous apprennent ainsi qu’au plus haut de la bulle, un bulbe de tulipe valait l’équivalent d’un carrosse neuf et de son attelage… Les bulles spéculatives se créent par mimétisme – ou comportement moutonnier – et anticipations autoréalisatrices (ce qui signifie qu’une anticipation qui n’avait que peu de chance de se réaliser a priori finira par arriver car l’ensemble des acteurs y croient et agissent en conséquence).

Extraits du Dictionnaire révolté d'économie (éditions Bréal, 2011) de Raphaël Didier.
Pour en savoir plus, un groupe Facebook est consacré à l'ouvrage.

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