Des enfants trisomiques heureux ? Pour le CSA, c’est forcément suspect | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Style de vie
Des enfants trisomiques heureux ? Pour le CSA, c’est forcément suspect
©Reuters

Dictature du bien-penser

Des enfants trisomiques heureux ? Pour le CSA, c’est forcément suspect

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a récemment publié un avis négatif sur une campagne intitulée "Chère Future Maman" qui a été diffusée à la télévision à l’occasion de la journée mondiale de la trisomie 21. La finalité serait "ambigüe" et ne pourrait "susciter une adhésion spontanée et consensuelle".

Bertrand Vergely

Bertrand Vergely

Bertrand Vergely est philosophe et théologien.

Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).

 

 

Voir la bio »

Atlantico : Le CSA vient d’émettre un avis négatif au sujet d’une vidéo montrant des parents qui ont décidé de laisser naître un enfant trisomique, en justifiant sa décision par le fait de trouver cette vidéo "ambigüe" et "ne suscitant pas l’adhésion spontanée". Des voix se sont élevées contre cette décision au motif qu'elle serait "idéologique". Que doit-on vraiment voir derrière une telle décision ?

Bertrand Vergely :  Je crois qu’il s’agit effectivement d’une décision idéologique. En général, ce sont plutôt des parents catholiques ou chrétiens qui gardent un enfant quand ils découvrent sa trisomie. D’un autre côté, c’est le gouvernement qui nomme ceux et celles qui siègent au CSA. Comme la Gauche est pour l’avortement, et contre le catholicisme, on a là une réaction qui n’a rien d’étonnant. C’est le contraire qui l’eût été.

Est-ce le rôle du CSA que de se positionner sur de tels sujets ?

Le rôle du CSA est de surveiller l’audiovisuel afin que celui-ci ne dérape pas. Ce qui invite à s’interroger. En quoi une telle vidéo dérape-t-elle ? Des parents qui décident de ne pas faire passer leur enfant trisomique de vie à trépas, c’est plutôt admirable. Face à Hitler qui décidait de liquider les handicapés, à l’époque, parmi les démocrates, personne ne se plaignait que l’on prenne le parti des handicapés contre Hitler. Aujourd’hui, des parents prennent la défense des handicapés et on en fait des pestiférés !  Il y a quelque chose qui ne va pas. Bien sûr, parfois, certains militants anti-avortement en font trop. Mais, tout de même. Vouloir interdire cette vidéo comme s’il s’agissait d’une vidéo obscène ou ignominieuse. Où est-on ? Où va-t-on ?

Qu’est-ce que cela révèle de notre société ?

Une prise en main idéologique. On veut nous faire bien penser malgré nous. Hier, on interdisait les films érotiques par puritanisme. Aujourd’hui on interdit les films contre l’avortement. Je suppose que s'il y avait eu une vidéo contre la théorie du genre, elle aurait été interdite. Cette interdiction ne reflète pas tant un état de notre société qu’une stratégie de la part du pouvoir en place qui entend marquer son passage idéologiquement à défaut de pouvoir le faire économiquement et socialement. La société ? Elle est comme vous et moi. Bouleversée par le drame des petits trisomiques. Admirative face au courage des parents qui assument un tel drame. Gênée face aux avortements de confort.

Implicitement, les personnes qui ont décidé d'aller au terme de leur grossesse sont montrés du doigt comme étant des fanatiques chrétiens ayant soif de sacrifice, de souffrance et de martyr. Je peux Vous dire une chose. Aucun des parents d’enfants trisomiques que je connais ne regrette que leur enfant soit né.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !