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Avant de voir la paille dans l'oeil de ton voisin...

Derrière le dérapage de Bartolone sur Pécresse, la violence et le sectarisme habituels de la gauche morale

Ce jeudi 11 décembre, Claude Bartolone s'est violemment attaqué à Valérie Pecresse, dans le cadre de la campagne des régionales 2015. Ce dimanche 13 décembre, les Parisiens sont invités à choisir entre la candidate LR et le candidat socialiste.

Dérapage est un euphémisme, Claude Bartolone a fait une sortie de route, il perd le contrôle de sa vie politique, lui l’homme des basses œuvres en Seine-Saint-Denis, l’homme aux arrangements avec sa permanence parlementaire, l’homme du despotisme préférant embaucher sa femme pour mieux gérer sa belle enveloppe parlementaire. S’il n’est pas l’homme de la "race blanche", il est celui de l’argent comme l’était l’empereur Vespasien, "pecunia non olet". 

Du haut de son perchoir, dominant la fosse des députés s’étripant à longueur de séances, il incarnait, jusqu'à ce 10 décembre, l’impartialité des parlementaires ; 3ème personnage de la République, il est garant de la devise de cette dernière et pourtant il vient de s’asseoir dessus. 

Comment cet homme peut-il insulter Valérie Pécresse mais surtout tous les électeurs d'Île-de-France dont le seul souhait est de vivre ensemble dans la région la plus peuplée de France, la plus multiculturelle et la plus internationale ? Comment Claude Bartolone peut-il résumer le vote en faveur de Valérie Pécresse comme celui qui défend "Versailles, Neuilly et la race blanche" ? Dois-je comprendre que pour Claude Bartolone il y a plusieurs races alors que les droitsdelhommistes et humanistes expliquent qu’il n’y a qu’une seule race, la race humaine !

La pression est certes énorme pour les socialistes qui sont responsables en grande partie de la montée du Front National mais perdre à ce point les nerfs et ses repères relève davantage de l’incapacité à gérer la situation explosive de la France que d’un dérapage comme il en existe tant en politique.

Claude Bartolone signe là le sectarisme de la gauche bien-pensante, cette gauche qui depuis le début des années 80 nous explique ce qu’il convient de dire, de penser ou de faire sous couvert de respect, de tolérance, d’humanisme, de liberté, d’égalité et de fraternité. Cette dictature de la pensée a conduit à la crise politique que nous connaissons et à la montée du Front National car, avouons-le, il fallait bien entraîner la droite dans ce politiquement correct et en même temps laisser la petite entreprise familiale Le Pen & Fille prospérer pour justifier la dictature de la pensée unique.

Seulement Claude Bartolone et ses amis avaient oublié que la nature a horreur du vide et qu’à force d’alterner entre rose bonnet et bonnet bleu, on en arriverait à une réaction épidermique fustigeant la théorie des genres. 

L’étau se resserre, il n’y a plus d’espace entre le PS et les Républicains alors qu’il reste de la marge entre les Républicains et les Socialistes. Comment Bartolone, cadre du parti, peut-il se démarquer en cette fin de campagne des Régionales alors que le Premier ministre, le Premier secrétaire et les ténors de la gauche moralisatrice appellent à voter pour Xavier Bertrand ou Christian Estrosi ?

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Le Président de l’Assemblée Nationale est pris au piège, il sait très bien qu'aujourd'hui l’adversaire idéologique de la gauche et de la droite est le Front National et que pour exister il faut amalgamer les droites. Stéphane Le Foll lors des débats le soir du premier tour expliquait que le 1er parti de France est la Gauche, oubliant de préciser que cette gauche va du centre à l’extrême représentant à peine 36 % des voix. Il reste donc près de 64% des voix pour la Droite allant du centre à l’extrême !

Il n’y a donc plus d’autre solution que de rebattre les cartes de l’échiquier politique et de vivre avec son temps. Le politiquement correct est un oxymore, le socialisme est un échec économique et le Gaullisme est une auberge espagnole (ce qui expliquerait pourquoi l’UMP ait choisi de s’appeler Les Républicains en référence aux combattants du franquisme !). Quant au FN, il n’est que l’expression d’un peuple dont les représentants n’osent plus appeler un chat, un chat. Le parti de la flamme tricolore surfe sur une vague de non-dits et brasse l’écume de la colère.

Ce parti en tant que tel ne devrait pas exister, il trouve ses électeurs dans chaque camp, il est l’intersection de la vacuité du corpus idéologique de nos élites politiques.

Lorsque la droite assumera ses positions et définira une ligne politique claire et lorsque la gauche cessera de croire qu’elle incarne à elle seule les valeurs d’humanisme et qu’elle cessera de croire que dans une économie capitaliste on peut encore faire référence au socialisme, alors le FN disparaîtra laissant la place à un véritable bipartisme avec d’un côté, une sociale démocratie et d’un autre côté, une démocratie libérale.

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