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Dans les coulisses du Vatican : conclave J-3, qui sont les cardinaux les mieux placés ?
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Tendances

Le conclave qui élira le successeur de Benoît XVI s'ouvrira le mardi 12 mars, a annoncé vendredi le Vatican. Que nous indique cette date sur l'état actuel du rapport de force ? Quels sont les clivages qui distinguent les favoris ?

Nicolas Diat

Nicolas Diat

Nicolas Diat est considéré comme un des meilleurs spécialistes du Vatican. 
 
"Un temps pour mourir" de Nicolas Diat
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Atlantico : Qu'est-ce que la date du conclave nous apprend sur le rapport de force au Vatican ? Qui sont les gagnants et les perdants de de ce choix ? 

Nicolas Diat : Les cardinaux "résidentiels" (ceux qui occupent un poste local) ont réussi à imposer des débats et des interventions qui n'étaient pas forcément prévues par les cardinaux curialistes italiens qui souhaitaient, eux, des échanges très courts. En ce sens, il s'agit d'une vraie victoire pour tous les cardinaux qui dès le début ont refusé cette chape de silence que certains voulaient imposer, en particulier les cardinaux Re et Sodano.

Des débats, libres et directs, notamment sur Vatileaks et sur les problèmes de gouvernance de la Curie ont eu lieu. Considérant que les choses ont été dites, les cardinaux ont majoritairement décidé de ne pas prolonger les discussions. Pour eux, l'important est donc maintenant de voir l'état exact des forces, et combien de cardinaux sont derrière tel ou tel "candidat".

Le conclave va donc s'ouvrir : quelles sont les grosses tendances que l'on peut observer ?  

Le rapport de force reste inchangé. On sait qu'un certain nombre de cardinaux vont se ranger immédiatement derrière la candidature du Brésilien Odilo Scherer. D'autre vont se retrouver derrière l'Italien Angelo Scola, l'actuel cardinal de Milan. Enfin, un nombre assez important de cardinaux va certainement faire le choix d'un ou de plusieurs "troisième homme". Cette troisième voix reste un peu le mystère de ce conclave à venir. Mais il est certain que la question tourne maintenant définitivement autour du rapport de force entre ces trois groupes.
Les échanges très forts qui ont eu lieu pendant cette semaine, cela a forcément provoqué une réflexion importante parmi les cardinaux, consolider des réflexions, insinuer des doutes, ouvert de nouvelles perspectives. Dans ces moments très particuliers, il ne faut pas non plus sous-estimer la sociologie de groupe qui se met en place.

Parmi les trois grandes tendances qui émergent maintenant, quels sont les grands clivages idéologiques qui les distinguent clairement ?

Il est important de se défier de lectures trop politiques. Un conclave n'est en rien une campagne électorale où s'affrontent des programmes. La meilleure façon de ne pas comprendre la nature d'un conclave c'est de tout analyser comme s'il s'agissait d'une élection d'ou déboucherait un gagnant et un perdant. Cependant, il est incontestable que le cardinal Scola est un Italien qui était très proche du pape Benoît XVI, là où le cardinal Odilo Scherer présente une ligne beaucoup plus réformiste et libéral, assez éloignée en définitive du pontificat qui vient de s'achever. Le troisième homme dont je parlais à l'instant sera dans une ligne conservatrice et classique. La clé de ce conclave réside d'ailleurs dans l'alliance entre ce troisième homme et le cardinal Scola.
Ce troisième homme, bien que proche de la ligne Scola, pourrait avoir une personnalité moins marquée que celle de ce dernier. Par exemple, parmi les candidats potentiels, on parle beaucoup du cardinal Erdö qui est archevêque de Budapest. Il n'est pas italien, ce qui est déjà une distinction importante. Il a 61 ans, soit onze ans de moins que Scola. Vous avez là aussi une différence forte. Et surtout, c'est une personnalité plus discrète. C'est un grand intellectuel, comme Scola, avec une authentique dimension internationale. Un autre profil de "troisième homme" est le cardinal Rangith, archevêque de Columbo au Sri-Lanka. Il a, pour les choses liturgiques, une sensibilité beaucoup plus enracinée que le cardinal Scola, ce qui pourrait rassurer tous les cardinaux qui souhaitent que l'héritage de Benoît XVI en la matière soit préservé et développé.

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