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Le grand écart de l’immobilier
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Editorial

Le grand écart de l’immobilier

Les professionnels de l’immobilier attendent avec angoisse l’arrivée du printemps. La clientèle, qui s’est évaporée depuis quelques semaines, va-t-elle retrouver le chemin des agences ou des banques ?

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Y aura-t-il un phénomène comparable à celui de la fin de la prime à la casse pour l’automobile, qui avait précipité les acheteurs à la fin de l’an dernier pour tirer profit au maximum d’avantages fiscaux avant leur disparition ? En 2010, deux cent mille logements ont changé de mains, soit 40% de plus que l’année précédente. Le marché était devenu fou, avec une hausse moyenne de 5 à 8% des prix de vente sur l’ensemble du territoire, masquant des différences considérables et une flambée de 17,5% à Paris intra-muros avec un mètre carré bondissant à 7330 euros, avec des pointes à plus de 15000 euros dans le quartier des Champs Elysées.  Un marché qui est surévalué de 15 à 20% selon la plupart des experts avec des anomalies retentissantes, où l’on trouve des studettes  proposées à plus de dix mille euros le mètre carré.

Le petit coup de blues du marché il y a deux ans s’est trouvé rapidement effacé, mais il pourrait bien récidiver. Les excès actuels annoncent - et justifient - un correctif, d’autant que les principaux facteurs à l’origine de la flambée des prix s’évanouissent : les avantages fiscaux sont en berne ; les taux d’intérêt qui étaient tombés en deux ans de 5 à 3% et avaient accru artificiellement la solvabilité des candidats à la propriété sont en train de remonter  à 3,5% et  pourraient atteindre  4% avant la fin de l’année,  ce qui écartera mathématiquement du marché quelques dizaines de milliers d’emprunteurs potentiels. Autre signe prémonitoire d’un éventuel retournement : tout ne se vend plus aussi facilement du jour au lendemain. Les délais de négociation recommencent timidement à s’allonger et l’écart se creuse progressivement entre la valeur des biens. Si les logements les plus hauts de gamme continuent de défier les échelles de prix, les acquéreurs éventuels font la différence avec les biens de moins bonne qualité, au moment  où les nouveaux critères d’évaluation obligatoires vont tirer vers le bas le prix de certains logements. Dans cette période où le doute s’instaure sur l’évolution du marché,  la reprise de la Bourse depuis plusieurs mois, si elle se confirme,  peut freiner l’ardeur irraisonnée en faveur de l’immobilier et ramener une partie de la clientèle potentielle vers les marchés financiers. La sagesse conduit donc à temporiser, en tous cas dans Paris intramuros et la banlieue proche sauf à s’intéresser à certaines parties de la France profonde, où, en dehors des grandes métropoles régionales, on peut découvrir de véritables pépites  dans la région Nord, en Champagne Ardenne, Franche-Comté ou le centre, voire en Bretagne, où l’on peut acquérir de belles maisons anciennes pour le prix d’un modeste pied à terre parisien.

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