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Coronavirus : les politiques parlent, la crise économique s’intensifie
©François WALSCHAERTS / AFP

Contamination... économique

Coronavirus : les politiques parlent, la crise économique s’intensifie

Jean-Yves Archer revient sur l'impact économique de l'épidémie de Covid-19 et sur les réactions des dirigeants européens et des institutions, comme la BCE.

Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.
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Pour un baptême du feu, c'est pile dans le mille ! La BCE désormais présidée par Christine Lagarde a été à rebours de la lucidité et a ainsi semé une panique boursière.

-12,28% pour le CAC soit un record absolu de baisse. Par ricochet des baisses européennes, Wall Street a dévissé de près de 10%. Pour certains, tout ceci n'est que du boursicotage après une période haussière des marchés. C'est un peu vrai mais tout est question de proportions. Il faut en effet garder à l'esprit que le CAC a perdu un peu plus de 30% en un peu plus d'un mois. Autant dire que les conséquences sur l'économie réelle vont être sévères. Une telle correction boursière fait se fiancer le taux exponentiel de faillites suite au choc d'offre que notre pays a enregistré du fait, notamment, de notre sino-dépendance.

La BCE a fait fausse route : ce n'est pas que mon opinion, c'est l'analyse de milliers d'opérateurs qui attendaient un vrai assouplissement des règles du crédit bancaire afin que les établissements puissent tenter de contrecarrer les sévères crises de trésorerie que rencontrent déjà des milliers de TPE et de PME.

Lors de son allocution du jeudi 12 mars, le président Macron – pendant 28 minutes – aura appelé les citoyens à " faire bloc ". C'est oublier un peu vite que la crise sociale et l'abracadabrantesque réforme des retraites sont encore dans nos mémoires. Il a voulu être le Père de la nation et n'a fini qu'avec l'équivalent d'un discours d'attaché de préfecture un peu las suite à une visite de foire agricole.

Car enfin, les chiffres parlent déjà. Plus de 3600 entreprises visant plus de 60000 salariés ont fait des demandes de chômage partiel. E. Macron a répondu oui sur le principe mais, égal à lui-même, il a concédé que le dispositif allemand était plus simple donc plus efficace. Dans la mesure où tout ceci va finir en dette nationale, il se devait d'arrêter de rêver d'un plan européen et soumettre au pays une vraie vision : celle d'une relance budgétaire consistante, crédible et proportionnée. Autrement dit, un plan de relance budgétaire de 30 milliards d'euros, soit un tiers de notre déficit budgétaire pour 2020, canalisé par la BPI voire par une filiale dédiée de la Caisse des Dépôts en lien avec les TPG départementaux. ( Trésorier-Payeur-Général ).

Dès la chute du mur de Berlin, la France avait compris que la réunification de l'Allemagne était à l'ordre du jour.

Quand un pays voit sa principale capitalisation boursière s'évaporer d'un tiers et que des milliers d'entreprises sont en panne de carnets de commandes, il ne faut pas attendre un quelconque feu vert d'une Angela ou d'une Ursula.

Je rappelle qu'au terme de leur visioconférence, les dirigeants de cette Europe engluée dans la technocratie la plus accomplie ont décidé d'engager un plan de soutien de 25 Mds pour les 27 pays. Cela fait combien pour la France ? Deux ou Trois milliards. En 1992, je n'ai pas voté pour une telle Europe ! Que la situation soit complexe, nul n'en disconvient mais à quoi rime de prendre 7 Mds sur les 25 parmi les fonds structurels existants.

On attend des dirigeants, on aboutit à des boutiquiers éloignés du violent moment que l'Histoire nous jette au visage.

Nous sommes face à une crise plus profonde que celle de 2008 et l'ampleur des destructions de valeurs va nous prendre à la gorge. Alors, de grâce, convenons que l'Europe est un niveau parfaitement inadéquat et agissons sur notre sol, avec nos deniers publics, pour le bien de nos salariés et de leurs valeureux employeurs qui doivent franchir le Cap Horn.

Pour retrouver l'analyse et le décryptage de Jean-Paul Betbeze, Mathieu Mucherie et Michel Ruimy sur l'impact économique du Coronavirus, retrouvez cet article publié sur Atlantico : ICI 

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