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Coronavirus : ces doutes qui pèsent sur nos circuits d’approvisionnement
©MIGUEL MEDINA / AFP

Petits stocks entre amis

Coronavirus : ces doutes qui pèsent sur nos circuits d’approvisionnement

L'épidémie de coronavirus fait craindre des difficultés d'approvisionnement si le personnel des grandes enseignes de distribution exerçait son droit de retrait, comme récemment au musée du Louvre.

Pascale  Hébel

Pascale Hébel

Pascale Hébel est directrice du département « Consommation » du CRÉDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) et est spécialisée dans l’anticipation du comportement des
consommateurs. Elle vient de publier récemment un livre baptisé « La révolte des moutons » aux éditions
Ailleurs.

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Atlantico.fr : Face à l'ampleur de l'épidémie de coronavirus, certains salariés décident d'exercer leur droit de retrait en refusant de se rendre sur leur lieu de travail et obligeant de fait les établissements à fermer, comme au Louvre.

Que se passerait-il si des grandes enseignes de distribution devaient fermer ? Quelles seraient les conséquences sur les marchés de la consommation ?

Pascale Hébel : Dans un mouvement de panique, la fermeture de magasins, pourrait créer des comportements de stockage de produits de première nécessité. En janvier 1991, à la suite de la guerre du Golfe, la panique avait multiplié par 10 sur une journée, les achats de sucre, de lait, de farine, de lessive. Par peur d’être obligés de rester confinés chez soi, des mouvements analogues sont observés à Hong Kong, au Japon ou en Chine où papier de toilette, pâtes  sont en rupture de stock. Les conséquences pour les marchés sont une hausse temporaire des volumes achetés, puis une baisse par la suite quand les acheteurs se rendront compte qu’ils ont trop de produits chez eux. Comme le rappellent les distributeurs, aucun produit ne sera appelé à manquer dans les rayons sauf si un mouvement de panique se diffuse.

Une telle réaction de stockage est fortement exagérée, puisque les circuits d’approvisionnement de denrées alimentaires ou de biens alimentaires du quotidien ne sont pas mis à mal par l’épidémie de Coranavirus. Une grande partie des médicaments (80%) sont fabriqués en Chine, comme de nombreux additifs alimentaire mais ce n’est pas le cas de la grande majorité de produits alimentaires excepté certains produits en conserves tels que les tomates. Les achats de produits alimentaires en grand distribution, ne représentent que 64% des ventes de produits alimentaires. Pour les consommateurs, acheter dans des grandes surfaces comporte moins de risques de contamination que dans des petits commerces puisque les échanges avec les vendeurs sont rares. Les achats sur Internet via le drive sont actuellement en forte hausse parce qu’ils limitent encore plus les contacts humains.

Seules les personnes qui sont confinées et ne doivent pas sortir peuvent avoir besoin d’aliments pour quelques jours. Les possibilités de livraisons à domicile, que ce soit des repas tout prêts ou des aliments venant de la distribution sont de plus présentes dans les grandes villes. Après un début d’année marqué par un niveau faible de consommation, on peut tabler sur une hausse très conjoncturelle de biens de première nécessité : savons, papier toilette, pâtes, riz.

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