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Conversation entre Emmanuel Macron et Jupiter
©DR / Jean-Paul Betbeze

Président Jupitérien

Conversation entre Emmanuel Macron et Jupiter

Dans le cadre de cet article, Jean-Paul Betbeze a imaginé un dialogue entre Emmanuel Macron et Jupiter.

UE Bruxelles AFP

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

Voir la bio »

Emmanuel Macron: Grand Dieu, mes commentateurs me trouvent « jupitérien » et ce n’est pas un compliment, dans leur bouche !

Jupiter: Président, depuis le temps que je vois tes compatriotes agir et que j’entends ceux qui n’agissent pas critiquer ceux qui agissent, je ne suis surpris de rien !

EM: Avant, quand j’étais le conseiller d’Hollande, je trouvais cela énervant, mais pas forcément injuste !

J: Je comprends ce que tu veux dire. Mais aujourd’hui, tu ne fais pas de sacrifices d’animaux pour apaiser les Dieux. Ça calmait alors les hommes, en attendant un signe. Maintenant, quoi que tu fasses, tu ne peux empêcher cette pandémie de faire monter la pression chez Trump et de s’étendre chez tous. Vous ne savez plus vous calmer, par Dieux interposés. Vous regardez monter puis baisser le nombre de malades et de morts, comme de mon temps les vols d’oiseaux. Mais maintenant, vous voulez qu’ils se posent tout de suite et craignez, juste après, de nouveaux envols ! Jamais contents.

EM: Mais je préside une République laïque : je ne puis ni accuser, ni invoquer les Dieux ! J’interroge les économistes, je ne les éventre pas ! Même Trump, ne peut pas foudroyer Xi !

J: Je sais, Xi surtout en profite. Il voit bien que les États-Unis souffrent plus du virus que lui. Il avance, à Hong Kong d’abord, à Taïwan peut-être après, pendant qu’eux s’affolent. Il ne craint pas l’Olympe : il a le Parti. Pendant ce temps, Trump et toi regardez les sondages et la bourse : à chacun ses oracles !

EM: Vrai, mais ne pourrais-tu faire quelque chose pour m’aider ? Un raz de marée de Neptune ici, un sanglier d’Erymanthe – avec Hercule - là?

J: Un raz de marée, c’est une idée. Mais les bateaux de guerre de Xi risquent moins que ceux de Trump en mer de Chine, qui font leur âge. Quant au sanglier, même géant, il va mourir de la fièvre porcine chinoise !

EM: Une pluie de grenouilles, des poux, le fleuve jaune qui deviendrait rouge sang…

J: Ça, ce n’est pas de moi ! 

EM: Oui, pardon. Mais qu’est-ce que je fais, moi ? Avant, on me critiquait parce que je sautais les échelons intermédiaires – les maires, les régions… et que je foudroyais du regard ceux que je trouvais trop bêtes. Maintenant, tous me critiquent parce qu’on manque de masque ou qu’ils sont trop chers !

J: T’énerver ne sert à rien. Les échelons intermédiaires vivent de leur situation « d’entre-deux », les représentants de représenter, les responsables syndicaux de répéter qu’ils le sont. Les désordres de l’Olympe sont maintenant chez vous ! Vous avez voulu le Crépuscule des Dieux : vous l’avez.

EM: Mais tu les connais nos Dieux : Xi se prend pour César, Trump devient Néron, Merkel se rêve en Cléopâtre, Poutine est très bon en Caligula.

J: Quand je te disais que nous sommes descendus dans tes Champs Elysées !

EM: Et regarde mes dépenses : avec le COVID-19, mon budget devient un tonneau des Danaïdes !

J: Je n’y puis rien. Quand on te traite de « jupitérien », ne le prends pas mal. Ils rêvent tous d’une solution miracle, de nettoyer les écuries d’Augias pour repartir à zéro et n’être plus responsables du passé. Avant, pour de bonnes récoltes, il fallait voir Cérès ; pour avoir du vent, parler à Eole ; contre la crise financière, prier Mercure. Mais aujourd’hui c’est aux « chefs » qu’on s’en prend, à toi d’abord !

EM: Mais qu’ai-je fait pour en arriver là ?

J: Tu n’as pas utilisé les solutions miracles, de tous ceux qui rêvent de ton trône. Faire payer les riches ? Moi j’ai Vulcain à la forge, toi Mélenchon. Quitter la zone euro ! Voici Marine Le Pen et nous Pluton, qui restera donc dans mes enfers. Guérir la pandémie ? Prenez Raoult, je garde Esculape, mon Dieu de la médecine. Vous avez tout ce qu’il vous faut pour jouer !

EM: Mais quand même, pourquoi s’en prendre tant à moi ? Tu sais bien que je ne viens pas de la cuisse de Jup…

J: Je sais !

EM: Et Minerve, la Sagesse, tu ne peux pas nous la prêter ?

J: La fille que j’ai eue avec l’inoubliable Métis, la Ruse et qui est née de ma tête ? Mon « Immaculée Conception » à moi ?

EM: Exactement !

J: Mais qu’est-ce que tu et vous en feriez ? Profite plutôt du tumulte de tes « dieux » qui se battent sur tout : les masques, le déconfinement... fais comme moi, prends de la hauteur, tranche, éclaire et balise l’avenir, pour que ton peuple te suive.

EM: Mais ils vont tous me traiter de fou, dire que je me prends vraiment pour toi !

J: Au point où tu en es, juste avant d’immoler Edouard Philippe et de choisir Sarkozy, qu’as-tu donc à perdre ?

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