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Catherine Belton publie « Les hommes de Poutine : Comment le KGB s'est emparé de la Russie avant de s'attaquer à l'Ouest » chez Talent Editions.
Catherine Belton publie « Les hommes de Poutine : Comment le KGB s'est emparé de la Russie avant de s'attaquer à l'Ouest » chez Talent Editions.
©ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP

Bonnes feuilles

Comment les Panama Papers ont permis de révéler les dérives financières et l’argent noir du Kremlin, des alliés de Vladimir Poutine et du KGB

Catherine Belton publie « Les hommes de Poutine : Comment le KGB s'est emparé de la Russie avant de s'attaquer à l'Ouest » chez Talent Editions. Catherine Belton, ancienne correspondante à Moscou et journaliste d’investigation, révèle l’histoire inédite de la manière dont Vladimir Poutine et son entourage d’anciens du KGB ont pris le pouvoir en Russie. Extrait 2/2.

Catherine Belton

Catherine Belton

Catherine Belton est une journaliste d’investigation britannique, longtemps correspondante du Financial Times à Moscou.

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Lorsqu’un mystérieux dénonciateur se faisant appeler « John Doe » a divulgué une quantité sans précédent de données d’un cabinet d’avocat panaméen, le monde a eu un aperçu du fonctionnement d’une caisse noire du régime de Poutine. Cette masse de données est entrée dans l’Histoire sous le nom de « Panama Papers » et elle a ouvert une fenêtre sur un monde secret. Celui-ci abritait des administrateurs désignés offshore, des couches de sociétés fictives qui s’étendaient aux Seychelles, aux îles Vierges britanniques et au Panama, un système secret de noms de code inventé pour que les clients cachent leurs richesses. La fuite du quatrième fournisseur mondial de services offshore, Mossack Fonseca, a dévoilé les rouages d’un système financier opérant au-dessus des lois qui régissent la majorité.

Parmi les giga-octets de données étudiées par le Consortium International des Journalistes d’Investigation (CIJI) se trouvaient des documents liés à un Russe, Sergueï Roldugin. Depuis 2005, il avait été actionnaire de Rossia, la banque de Saint-Pétersbourg détenue par les alliés de Poutine liés au KGB que le Trésor américain avait appelé « la banque personnelle des hauts fonctionnaires de la Fédération de Russie, dont Poutine ». Les documents montraient que Roldugin jouait un rôle central dans un réseau d’entreprises liées à Rossia qui s’étendait des îles Vierges britanniques jusqu’à Panama. Plus de 2 milliards de dollars y ont été acheminés entre 2009 et 2012.

Roldugin était loin d’être l’un des opérateurs offshore gris et anonymes sur lesquels la plus grande partie des documents a donné un coup de projecteur. Il était un violoncelliste réputé, le soliste principal du théâtre Marinsky de Saint-Pétersbourg, en plus d’être le recteur du conservatoire de la ville. Il était l’un des plus proches amis de Poutine. Les deux hommes s’étaient rencontrés pour la première fois à la fin des années 1970 lorsqu’Evgueni, le frère de Roldugin, avait servi au KGB avec Poutine. Ils s’étaient promenés ensemble autour de Leningrad dans une toute petite voiture soviétique, une Zaporozhets, à l’époque où même posséder une voiture était considéré comme un luxe. Ils avaient chanté des chansons ensemble et étaient allés au théâtre. Il leur est même arrivé d’être impliqué dans des bagarres. Et puis, lorsque Roldugin a commencé à sortir avec une hôtesse de l’air d’Aeroflot de Kaliningrad, il a présenté l’une de ses collègues à Poutine, une blonde aux yeux de biche qui s’appelait Lioudmila. Après une longue cour, Lioudmila est devenue la femme de Poutine. Lorsque Maria, leur premier enfant, est née, Roldugin a été choisi comme parrain.

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Cette caisse noire en particulier a semblé être l’une des plus personnelles exposées dans les Panama Papers. De tous les proches alliés de Poutine qui détenaient des parts de Rossia, Roldugin était celui qui était resté le plus discret. Il était passé inaperçu encore longtemps après que les autres – Shamalov, Gorelov, Timtchenko et Kovaltchouk – avaient été révélés comme étant étroitement lié à Poutine. Il était aussi celui qui avait le profil le plus incongru, un musicien professionnel qui, contrairement aux autres, n’avait pas d’entreprise à lui. Il avait servi, selon un magnat proche de Poutine, de façade de dernier recours pour le Président. Il faisait partie du « parachute doré de Poutine ».

Avant d’être exposé, Roldugin avait rarement été interrogé sur la façon dont il était devenu actionnaire de Rossia. Lorsqu’il avait été interrogé pour la première fois à ce sujet par le New York Times en 2014, il avait répondu vaguement qu’il avait acquis la participation parce qu’il « avait besoin d’argent ». « Il n’y avait pas d’argent pour l’art, où que ce soit, » disait-il, ajoutant qu’il était parvenu à trouver des fonds pour les actions en levant des emprunts et grâce à « beaucoup de manipulations ». Mais il n’a jamais révélé la date exacte de l’acquisition de sa participation ni son coût. Plus tard, des documents de Rossia ont été publiés, montrant qu’il l’avait prise en 2005 seulement, dans une émission d’actions pour 13,5 millions de dollars. Il n’a jamais été précisé comment un violoncelliste aurait pu avoir accès à une somme pareille. En 2014, la participation de Roldugin était valorisée à près de 350 millions de dollars. Pourtant, il a toujours insisté sur le fait qu’il vivait modestement. « Regardez, même mon violoncelle est d’occasion », a-t-il dit à un journaliste après les révélations des Panama Papers. Le réseau révélé dans les Panama Papers a montré que des sociétés offshore liées à Roldugin avaient reçu des centaines de millions de dollars en paiements indirects de la part des magnats proches de Poutine. Les offshores liées à Roldugin ont également bénéficié d’une série de transactions d’actions antidatées qui ont semblé avoir généré des dizaines de millions de roubles par jour. Sandalwood Continental, l’une de ces sociétés enregistrée à Chypre, s’est vu attribuer une ligne de crédit de 650 millions de dollars, sans aucune garantie, de la filiale chypriote de VTB, la banque d’État pour les « projets spéciaux » dirigée par un ancien diplomate soviétique. La filiale chypriote de VTB était connue des banquiers et des magnats pour être un canal de versement de pots-de-vin, tandis que VTB, depuis son introduction en bourse à Londres en 2007, était devenu le lieu de travail des fils des plus hauts responsables des services de sécurité russes.

Une autre des entreprises de Roldugin – International Media Overseas S.A, ou IMO – détenait secrètement une participation de 20 % dans la plus grande agence de publicité télévisée de Russie, Video International, qui générait des revenus annuels de plus de 800 millions de dollars. Dans les documents de cette prise qui ont été divulgués, Roldugin était déclaré comme étant le bénéficiaire d’IMO, une position qui lui donnait accès à des actifs d’une valeur de 19 millions de livres (soit 26,6 millions de dollars) en espèces.

Les révélations des Panama Papers ont fait sauter la couverture de Roldugin et dévoilé un stratagème offshore de 2 milliards de dollars. Plus tard, Poutine a fait part de tout son mécontentement à l’égard des fuites, affirmant qu’il s’agissait d’un complot orchestré par des « opposants » visant à déstabiliser la Russie par le biais d’allégations de corruption fabriquées de toutes pièces. « Ils essaient de nous faire basculer de l’intérieur, pour nous rendre plus dociles », a-t-il dit. D’autres responsables russes ont été plus directs, affirmant que le CIJI était composé d’anciens membres du département d’État américain et de la CIA. Le stratagème mis au jour par le CIJI semblait à première vue donner un aperçu d’une des caisses noires qui sont devenues endémiques sous le régime de Poutine, une machine à sous par laquelle les magnats versaient des « dons » ou des offrandes à l’obschak de Poutine, parfois en échange d’accords.

Les documents ont également montré comment une partie de l’argent du réseau était affectée vers des projets pour le bien-être de Poutine et de ses hommes. Les journalistes du CIJI ont découvert comment des millions de dollars avaient été transférés à une société russe qui possédait la station de ski préférée de Poutine, Igora, non loin du complexe de la datcha d’Ozero où lui et les actionnaires de Rossia avaient commencé. Sandalwood Continental, connecté à Roldugin, avait accordé 3 millions de dollars de prêts pratiquement sans intérêt à la société russe Ozon en 2011, juste avant d’acquérir la station. Peu après, Ozon s’est lancé dans le développement d’un complexe hôtelier de luxe à Igora, avec un complexe thermal ultramoderne et un palais des glaces. En 2013, la station autrefois délabrée avait été transformée en lieu de rendez-vous pour une occasion très spéciale, un mariage somptueux où tous les invités ont juré de garder le secret. La mariée qui s’était envolée dans un traîneau tiré par des chevaux ce jour-là, c’était Katerina, la fille cadette de Poutine. Elle avait épousé Kirill, le fils de Nikolai Shamalov, l’actionnaire de Rossia qui avait été le plus proche de Poutine. Un an après le mariage, Kirill recevait une participation de 17 % dans la plus grande entreprise pétrochimique de Russie, Sibur, de l’allié le plus proche de Poutine, Guennadi Timtchenko. Il a été aidé dans cette acquisition par un prêt d’un milliard de dollars de Gazprombank, proche du Kremlin.

Le schéma tracé dans les Panama Papers ressemblait au système offshore de « dons » d’abord décrit par Sergueï Kolesnikov. Les sociétés supervisées par Kolesnikov ont fourni la mise de fonds pour l’expansion de Rossia, permettant à ses actionnaires de devenir fabuleusement riches. Elle est devenue plus tard une source de fonds pour la construction du somptueux palais de Poutine sur la mer Noire. Les données panaméennes ont révélé l’étape suivante de l’évolution des caisses noires, les proches alliés de Poutine bénéficiant de flux financiers toujours plus importants. Un vaste réseau de sociétés offshore avait été créé à une échelle beaucoup plus sophistiquée et complexe.

Le système offshore exposé dans les Panama Papers n’était pas seulement un moyen d’accumuler de la richesse personnelle : il était également lié à un système plus large d’argent noir, une caisse occulte devenue si vaste qu’elle pouvait maintenant passer à l’étape suivante et être utilisée pour acheter de l’influence à l’étranger. Dans les tonnes d’informations contenues dans les centaines de milliers de documents, on trouvait les traces d’une stratégie plus large qui était en jeu. L’un des deux avocats suisses à la tête d’une grande partie des sociétés liées à Roldugin et Rossia s’est avéré avoir une activité secondaire liée à la politique tchèque. L’avocat Fabio Delco possédait en réalité une série d’entreprises en République tchèque dont les employés fournissaient plus de la moitié du total des dons au parti politique du Président tchèque Milos Zeman, longtemps considéré comme un proche allié de Poutine.

La caisse noire de Roldugin était révélatrice d’un processus plus large. À travers la Russie, l’ampleur de la fuite des capitaux vers les comptes bancaires occidentaux était devenue époustouflante. Une estimation du National Bureau of Economic Research des États-Unis, dont l’un des auteurs était l’économiste français Thomas Piketty, a révélé que 800 milliards de dollars avaient été dissimulés à l’étranger depuis l’effondrement soviétique, plus que la richesse détenue par l’ensemble de la population russe dans le pays lui-même. Parmi ceux qui utilisaient ce système on trouvait des criminels, mais aussi des hommes d’affaires ordinaires à la recherche de refuges pour leur patrimoine, ce qui représentait un signe de risques internes profonds dans l’économie. Le prix élevé du pétrole et la stabilité croissante sous Poutine auraient dû ralentir le rythme des sorties de capitaux du pays, mais au cours de la seconde moitié du mandat de Poutine, le flux d’argent quittant le pays a été multiplié plusieurs fois par rapport aux taux observés pendant les années Eltsine.

Ces sorties de fonds ont réduit les prélèvements fiscaux, affaibli la monnaie et nui à l’investissement dans l’ensemble de l’économie. Mais Poutine n’avait pas fait grand-chose pour arrêter quoi que ce soit. Il avait lancé une campagne puis entériné une loi, exhortant les hommes d’affaires à ramener leur patrimoine à la maison. Mais en réalité, ces mesures n’ont pas eu de réel impact. En fait, son cercle de dépositaires de confiance faisait partie intégrante du siphonnage. C’était un système par lequel les hommes du KGB qui dirigeaient la Russie exploitaient un éventail vertigineux d’entreprises offshore pour dissimuler leur fortune. Au cœur de ce système, le pillage systématique des entreprises d’État et les pots-de-vin leur permettaient non seulement de vivre comme la nouvelle noblesse de Russie, mais aussi de créer des réserves stratégiques d’argent noir pour déstabiliser les démocraties occidentales. Même la richesse offshore détenue par les magnats de l’ère Eltsine pouvait être orientée stratégiquement à la demande des hommes du KGB.

Au début, aux yeux des Occidentaux cela ressemblait à du copinage banal et à de la kleptocratie. Des palais ont été construits non seulement pour Poutine, mais aussi pour ses courtisans. L’un de ces bâtiments s’inspirait de la splendeur de l’époque tsariste de Peterhof ; agrémenté de jardins ornementaux et d’un canal majestueux, il aurait été construit pour le directeur général de Gazprom, Alexei Miller. Il y avait aussi le domaine de soixante-dix hectares à l’extérieur de Moscou. Celui-ci était composé d’un manoir orné de marbre, d’un bassin de cinquante mètres, d’un garage pour quinze voitures et d’une pièce de rangement dédiée à une collection de manteaux de fourrure. Son propriétaire présumé n’était autre que Vladimir Iakounine, l’ancien officier supérieur du KGB et actionnaire de Rossia qui était depuis 2005 président des chemins de fer russes, un monopole d’État dont les recettes annuelles s’élevaient à 42 milliards de dollars, soit près de 2 % du PIB.

L’accès à des milliards de dollars provenant de contrats publics surdimensionnés était devenu une nouvelle voie vers l’enrichissement et réservée presque exclusivement aux hommes de Poutine. Cela a été souligné lorsque la Russie s’est lancée dans une série de projets d’infrastructure de premier plan. Il y avait entre autres les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, dont les coûts ont presque quintuplé, passant des 12 milliards de dollars annoncés pour la première fois en 2007 à plus de 50 milliards de dollars au moment où ils se sont tenus au début de 2014, ce qui en a fait les Jeux olympiques les plus coûteux du monde, dépassant les 40 milliards de dollars que Pékin avait dépensés pour les Jeux d’été de 2008. La plupart des contrats avaient été confiés aux alliés les plus proches de Poutine. C’est la construction d’une route et d’une voie ferrée de quarante-huit kilomètres partant du parc olympique principal qui a été la plus coûteuse, près de la côte de la mer Noire de Sotchi, serpentant à travers des tunnels et des ponts dans les montagnes jusqu’au complexe de ski. Un chemin d’accès qui a coûté la somme astronomique de 9,4 milliards de dollars. Comme l’a souligné l’homme politique de l’opposition Boris Nemtsov, c’était un coût trois fois et demie plus élevé que le projet de la NASA d’envoyer un Rover sur Mars. L’une des principales entreprises qui a obtenu les droits de construire la voie ferrée et la route sans appel d’offres, SK-Most, est devenue en partie la propriété du proche allié de Poutine, Guennadi Timtchenko lorsqu’il s’est lancé dans le secteur de la construction en 2012. L’ancien partenaire de judo de Poutine, Arkadi Rotenberg, a reçu 235 milliards de roubles ou 7,2 milliards de dollars de projets de construction. En comparaison, plutôt que de remporter des contrats publics de plusieurs milliards de dollars, les magnats de l’ère Eltsine ont accumulé des pertes. Les personnes telles qu’Oleg Deripaska, Vladimir Potanin et Victor Vekselberg, qui ont été parmi les plus grands gagnants des privatisations des années 1990, ont reçu l’ordre du Kremlin d’investir des milliards de dollars de leur propre argent à la place.

Les plus proches alliés de Poutine au niveau des affaires ont été élevés au-dessus de tout. « Les gens du cercle intérieur vivent sur une autre planète, a déclaré un banquier russe de haut niveau. Ils ont leurs propres banques. Ils voyagent même sur des routes différentes des nôtres. Il y a des routes pour tout le monde et quand ils enfreignent les règles, ils se font prendre. Mais les gens comme les Rotenberg ont leurs propres routes et ils ne peuvent pas enfreindre les règles là-bas. » Les anciens hommes du KGB qui avaient atteint cette richesse considéraient que ce n’était pas plus que ce qu’ils méritaient. Ils se disaient qu’ils avaient sauvé la Russie de l’effondrement et de l’emprise des magnats de l’ère Eltsine : ils faisaient renaître le pays en tant que puissance contre l’Ouest. Ils se sont attribué des médailles en reconnaissance de ce qu’ils avaient accompli. Rotenberg, qui avait déjà eu du mal à s’en sortir dans les années 1990, s’est même commandé un blason familial.

Mais la prise de contrôle des flux de trésorerie par les hommes de Poutine a atteint une telle ampleur qu’elle ne pouvait pas être motivée uniquement par l’enrichissement personnel. L’économie de la contrebande sur laquelle les opérations du KGB avaient toujours été construites était en train de ressusciter. L’accès aux liquidités gonflées des contrats de l’État était un moyen de constituer des budgets parallèles, loin de tout contrôle démocratique, qui pourraient être utilisés pour influencer les élections, acheter des fonctionnaires dans le pays ou à l’étranger, déclaraient les participants à ce processus. C’était un mécanisme de contrôle autoritaire à l’intérieur du pays et de sape des institutions en Occident.

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Extraits du livre de Catherine Belton, « Les hommes de Poutine: Comment le KGB s'est emparé de la Russie avant de s'attaquer à l'Ouest », chez Talent Editions.

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